‹ L'art dans la maison (grammaire de l'ameublement)Chapitre 110 sur 155 · Voir Lettres, tome VII, page · texte numérisé non relu

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Fig. 182. Cheminée du xve siècle, au Musée de Cluny.

cuisine, les glaçons tombaient dans nos verres»1. «Tous les spectacles ont cessé aussi bien que les procès, écrit encore en janvier de cette même année, la princesse palatine. Ni les présidents ni les conseillers ne peuvent siéger dans leur chambre à cause du froid... »2 Vingt ans plus tard, en 1729, le froid empêchait encore, pendant cinq jours, le Parlement de tenir ses séances et obligeait les spectacles publics à faire relâche3. Les théâtres, du reste, étaient si mal chauffés, qu'en hiver les dames n'y quittaient point leurs fourrures, et gardaient leurs manchons pendant toute la durée de la représentation1.

C'est également au compte du chauffage insuffisant, qu'il faut porter cette habitude, conservée si longtemps par les femmes de qualité, de recevoir leurs amis au lit, et de donner accès a leurs visites dans la ruelle, derrière les rideaux, les pantes et les courtines, à l'abri des courants d'air. Sous le règne de Louis XV, les maisons mieux chauffées permettaient aux femmes, moins frileuses ou plus héroïques, de recevoir, assiseet en grande toilette; mais la température de leurs salons était encore si peu avenante, que la Maréchale de Luxembourg passa tout un hiver enfermée dans sa chaise à porteurs qu'elle avait fait monter dans son appartement 5; Mme du Deffand, son amie, moins recherchée dans ses goûts, mais non moins éprouvée par le froid, abritait ses jambes rhumatisées dans une sorte de tonneau; et, avant elles, Mme de Maintenon passait l'hiver à Versailles dans une sorte de niche'1. Presque toutes les grandes dames du xvne et du xvme siècle étaient, d'ailleurs, percluses de rhumatismes. Mme de Montespan en souffrit violemment, Mme de Sévigné fut des mois entiers sans pouvoir se servir de

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