‹ L'art dans la maison (grammaire de l'ameublement)Chapitre 18 sur 155 · lbid., tome III, pajje · texte numérisé non relu

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former sans effort en architecte de génie, un professeur de mathématiques, comme Blondel, se charger de tous les ouvrages d'architecture de Paris et improviser des monuments aussi considérables que la Porte-Saint-Denis, ou un géomètre, comme Clévault, exceller dans la peinture de paysage '. Dans un ordre moins actif, n'est-il pas intéressant de voir un surintendant de la Maison de Monsieur, Bechameil, doué d\m goût exquis, «en tableaux, en pierreries, en meubles, en bâtiments, en jardin», présider à l'édification d'un palais aussi vaste que celui de Saint- Cloud, être consulté avec attention par le roi, et cela au point de donner de l'ombrage à Mansart 2 ? N'est-il pas un peu humiliant pour nous de rencontrer, installé chez M. de Larochefoucauld, un duc Fornaro qui construit à Liancourt « un escalier charmant dont personne n'avait pu venir à bout ». 3, et à la Cour, un Lenglée réputé de tant de goût qu'il « ne se bâtissait ou ne s'achetait point de maisons qu'il ne présidât à la manière de la monter, de l'orner, de la meubler »4.

Je passe rapidement sur les simples gentilhommes artistes qui, à l'exemple du dLic de Bourgogne et du Régent, manièrent le crayon, le pinceau et même le burin. Cependant M. de Caylus, tout le monde le sait, inventa la peinture à la cire et grava, avec un réel talent, les dessins du cabinet du Roi et ceux du cabinet Crozat 5 ; le marquis de Bizemont « dessinait et maniait le burin avec un goût infini » 6, le comte de Choiseul Goufïier dessinait d'une façon charmante7, Grimod de la Reynière « peignait au pastel», et, au dire du peintre Cassas, le chevalier de Lorimier « peignait comme un ange » 8. Bien mieux « M. de Bouflers (sic),

1. Histoire des progrès de l'Esprit humain dans les sciences exactes, page 500.

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