IX. Employées et combinées avec art, les formes comme les
COULEURS PEUVENT EXPRIMER DES IDÉES, PARLER UN LANGAGE ET SE CONFORMER A UNE DISPOSITION SPÉCIALE DE NOTRE ESPRIT. Voilà
ce que les femmes savent infiniment mieux que le plus érudit d'entre nous. Bien qu'elles analysent rarement l'effet de leur parure, et en tout cas, ne nous livrent jamais le sujet de leurs méditations, elles ne cessent cependant de méditer sur l'effet des couleurs et sur l'éloquence des formes.
Aucune d'elles n'ignore l'émotion que peut provoquer une boucle de cheveux oubliée avec art, le ragoût d'un nœud de rubans rouges détachant ses rutilances sur un corsage noir, ou d'une touffe de roses-thé s'épanouissant sur un velours grenat. Beaucoup spéculent même sur l'indiscrétion lascive de certains plis, sur l'influence suggestive d'un contour nettement accusé. Elles ont infiniment raison.
Depuis longtemps, les plus illustres penseurs, n'ont-ils pas reconnu la puissance indiscutable des couleurs et des lignes? « Si le nez de Cléopâtre eût été plus court, écrit Pascal ', toute la face de la terre aurait changé ».
Ce qui est vrai, pour les traits du visage et pour la parure, ne saurait manquer de l'être également pour l'ornementation du logis. Bien combinées, les inflexions de lignes qui s'associent agissent sur nos sens, comme une série de sons produisant une mélodie; et l'on peut ajouter, que l'association de ces lignes avec des couleurs, est comparable à la résonnancc simultanée de plusieurs sons formant des accords.