‹ L'art dans la parure et dans le vetementChapitre 10 sur 13 · ORDRE · texte numérisé non relu

ORDRE

De tout ce qui précède, il résulte, en résumé, qu'il n'est pas de décoration, dans les ouvrages de la nature, comme dans les inventions de l'homme, qui ne doive sa naissance à l'un des principes générateurs que nous avons énoncés, savoir : la répétition, ralternance, la symétrie, la progression,

la confusion équilibrée, ou bien àl'unedeces causes secondes : la consonnance, le contraste, le rayonnement, la gradation, la complication, ou bien, enfin, à une combinaison d'e ces divers éléments, qui tous vont se confondre dans une cause primordiale, génératrice des mouvements de l'univers, Tordre.

DIYISION DE L'OUVRAGE

Dans un temps où l'on s'intéresse plus que jamais aux arts décoratifs, dans un temps où tout le monde paraît jaloux de s'en occuper, il est assez étrange que l'on oublie l'objet le plus digne d'être orné, la figure humaine, et que l'on ne songe point à parer les personnes avant de décorer les choses.

Lisez une nomenclature des arts décoratifs : vous y verrez figurer en première ligne l'orfèvrerie, la céramique, la sculpture en bois et en ivoire, la ciselure, les armes, les tapis; on comptera, parmi les professions que l'art ennoblit, le bijoutier, le verrier, l'émailleur, le mosaïste, et le bronzier^ et le ferronnier, et le relieur mais on n'y comptera ni celui qui invente des coiffures, ni celle qui invente des costumes et des modes, comme s'il ne fallait pas autant et plus de goût pour construire l'élégance d'une chevelure, pour choisir une étoffe et en adapter les formes et les couleurs à la beauté vivante, pour ajuster des dentelles, nouer des rubans, poser des fleurs et des plumes, manier des blondes, des tulles et des gazes, que pour parer le maroquin,

dessiner un pavement, tourner le fer d'une grille ou imaginer une jolie entrée de serrure.

Quelle différence pourtant de la grâce d'un être vivant à la beauté d'un objet inerte! Un vase, un lustre, un plateau de laque, un flambeau, si l'art s'en est mêlé, sont faits pour nous réjouir la vue, et rien de plus ; mais quand nous voyons une femme que la nature et l'art ont élégamment parée, si nous avouons qu'elle nous plaîf, il n'y a pas loin de cet aveu à l'émulation de lui plaire, et une telle réciprocité suffit pour que l'embellissement delà figure humaine soit, de toutes les décorations, la plus intéressante, la plus aimable, la plus noble, parce qu'elle touche à la sympathie des esprits, à l'échange des âmes.

Il nous est donc commandé, dans le présent ouvrage, de commencer par les créatures animées, et si nous voulons suivre la marche qu'a suivie la formation du monde oii nous sommes, de passer du simple au composé. L'individu, lafamille, la société, tels sont les trois aspects sous lesquels se présente le genre humain. Il nous paraît donc naturel de diviser ce livre en trois parties, dont la première sera consacrée à la parure des personnes, la seconde aux ornements de la maison, la troisième à la décoration des villes et des monuments.

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