PROCÉDÉS DE MONTAGE
rampe isolée s'élevant a plus de 30™ et pratiquement irréalisable, on aurait eu des rampes accolées s'épaulant l'une l'autre :
Au point de vue de la bonne construction, le système eût été irréprochable.
Mais, au point de vue de la facilité de montage, il en eût été tout autrement :
Des plans inclinés exigeraient un développement de base que l'étendue de la courue comportait point.
L'inclinaison d'un glacis atteignant au sommet du pylône eût été il 1 de hauteur pour 2 de base, et, pour remorquer un bloc de 15 tonnes, il eût fallu plus do 500 hommes.
Où les poster ?
Sur la rampe même, les pieds auraient glissé; sur la plate-forme étroite du sommet, la file des haleurs n'aurait pas trouvé place.
Et d'ailleurs, dans l'hypothèse d'un simple glacis, comment justiticr les murcttes transversales ?
L'entretoisement qu'elles procurent n'aurait rien ajouté à la stabilité :
N 'est-il pas naturel d'admettre (ju'elles étaient les contre-marches d'iiii escalier, sur lequel les matériaux eussent été hissés de degré en degré?
Au lieu de i-auqies couliiuics, on aumit donc une disposition paiéchelons, telle ([uc rindiqu(> la fig. T"?.
TRACÉ DE l'escalier.
L(^ giron des marches se détermine par des mesures directes ; il peul être évalué à 5 pieds.
Sachaiil «juc l'inclinaison de l'escalier est à 45°, on est autorisé à
ECHAFAUDAGES DE TERRE.
regarder ce chiffre de 5 pieds comme représentant la hauteur des marches.
Ces dimensions paraissent très convenablement réglées :
La profondeur est suffisante pour les manœuvres par ascenseur
(pag. 85); La hauteur est assez restreinte pour que la pile des madriers de
calage ne risque pas de flamber (pag. 83).
A gauche existent deux volées à large emmarchement, sur les-
quelles peuvent se mouvoir, à l'aide de leviers (pag. 79), les blocs volumineux destinés aux linteaux des baies.
Ainsi conçu l'échafaudage répond à tous les besoins du chan-
PROCEDES DE MONTA (lE.
lier; et, au lieu des efforts qu'eût exigés la traction sur rampe, il suffit (pag. 85) de trois hommes pour soulever un bloc.
ASPECT DE l'escalier AU COURS DU TRAVAIL.
La fig. 72 représente le massif au moment où il atteint le sommet du pylône ; la fig. 73 le montre en cours d'exécution.
Les volées latérales sont peu à peu débordées par le pylône (jui s'élève.
Elles cessent, l'une après l'autre, d'être utilisables pour le montage, elles ne servent plus qu'à épauler les volées centrales :
Les plus larges vont juste assez haut pour permettre la pose des gros linteaux;
Et, lorsqu'on arrive au sommet, il ne reste plus ((u'une volée libre, celle du miheu.
A chaque instant le massif s'arase suivant une plate-forme triangulaire.
Cette plate-forme doit être toujours au niveau des maçonneries du pylône :
On peut la surhausser travée par travée sans interrompre le travail des maçons.
KXrsTENCK ET AGENCEMENT OE SENTIERS DE SERVICE.
Indépendamment du montage des pierres, il faut assurer celui
KCHAFAUDAGES DE TERRE.
des briques et des remblais ; il faut pourvoir à la circulation des ouvriers.
Or (fig. 72 pag. 89) une murette verticale laisse entre le pylône et le massif un intervalle d\ où se logerait fort bien un sentier de service.
Ce sentier est accessible suivant a et a! :
En a les porteurs de briques ou de remblais gravissent à charge ; en af ils descendent à vide.
DÉTAILS u'eXÉCUTJON.
La fig. 74 indique les particularités de structure qui n'ont pu trouver place dans les figures d'ensemble.
On remarquera combien sont légers les murs de brique qui forment l'ossature du massif.
Pour empêcher les éperons de se renverser sous la poussée des remblais, on eut soin de les rendre deux à deux solidaires en les reliant par des traverses de palmier T
Les murs-éperons partent tous du sol ;
Les murettes transversales montent-elles aussi du fond? nous n'avons pu le vérifier.
Enfin on distingue dans la masse des couches de gravats G, recon-
92 l'ItOCÉDÉS DE MONTAflE.
naissables sur la photographie pi. XV 2 : Elles paraissent provenir (pag. 54) du dérasement sur tas des hts de l'appareil.
triLISATION DE l'kCIIAFALDACE DES PYLONES POL'R LA CONSTHUCTIO.N DES PORTIQLES.
Le massif que nous venons de décrire ne servit pas seulement à l'exécution du pylône ; il permit en même temps d'élever le portique (|ui borde la cour.
Ce porti(|uc était rempli de terres maintenues par un rideau de brique dont les vestiges se sont conservés (pi. XV 1. XVI 1 ).
Les gradins de montage du pylône (fig. 73. pag. 90) amenaient a hauteur les matériaux du portique ;
Ces matériaux cheminaient sur l'arasement du terre-plein, et arrivaient sans difficulté à leur place.
MO.NTACE PAR (IHADINS, MONTAGE PAR SUSPENSKIN.
Les pylônes et les portiques de la grande cour de Karnak datent peut-être des dynasties grecques : les procédés dont ils témoignent sont purement égyptiens.
Le système grec, qui est le nôtre, consiste à monter les matériaux il l'aide de machines à palans telles que chèvres, bigues ou écoperches.
Ce système, lorsiiuil fut appli(j[ué, a toujours laissé des traces : Les pierres gardent des trous de louve, ou des rainures en U ayant donné prise aux cordages.
Ces traces ne se i-enconlrcnl point ii Karnak.
Avec la chèvre on saisit les matériaux ii pied d"œuvre pour les lever d'un trait :
Des gradins, des repos seraient superflus et ne feraient que compliquer la manœuvre.