LES CONDITIONS DE STABILITE
En ce qui concerne la stabilité, la structure de Sakara soulève deux questions :
Pourquoi l'inclinaison des tranches ?
Pourquoi leur superposition sans découpe ?
a. — Inclinaison des tranches. — Des tranches déversées s'épaulent l'une l'autre, mais risquent de gUsser du pied.
Sur le sol argileux de la vallée, le glissement serait inévitable.
Mais tel n'est pas le cas des Pyramides. Toutes occupent des sites assez élevés au-dessus des crues pour mettre à l'abri des eaux le dépôt qui leur est confié : la plupart reposent sur le roc; toutes, sur un fond excellent.
h. — Déliaisonnement de l'appareil. — A première vue, des tranches accolées sans liaison semblent inquiétantes; on se demande s'il n'eût pas été mieux de ménager entre elles un chevauchement tel que l'indique (flg. 85) le croquis c?
Nous ne le croyons pas :
Dans le système liaisonné c, la tranche en cours d'exécution reposerait moitié sur des maçonneries encore fraîches et compressibles, moitié sur des maçonneries ayant déjà pris charge; elle risquerait de porter à faux.
108 CHANTIEnS DES PYRAMIDES.
Mieux vaut sacrifier la découpe, sauf à donner aux tranches assez d "épaisseur pour les empêcher de flamber.
Ajoutons que la variante c complique le montage.
La l;irf,'eur de plate-forme se réduit à 1 fois i l'épaisseur dune tranche: et il faut opter entre deux partis :
Donnei- aux marches une hiiutcur excédant la limite de 5 pieds (pag. 85));
Ou bien renoncer à la disposition simple de l'escalier droit, et reconrir à des volées parallèles au parement.
Les constructeurs de Meïdoum accepteront cette dernière solution: ceux de Sakara s'attachent à l'éviter.
DliTAIf.S DE LA PVHAMIDE ET DKS TOMBES Qt'ELLE ENGLOBE.
Un(; particularité bien des fois remarquée consiste (pi. XXII) dans un très léger relèvement des assises vers les angles.
Nous avons dit (jue les lits sont déversés :
CÀ'la nous repoi'le à un cas déjà étudié (,P'*r^- '■^'^.'- ^^ raccord de deux assises en retour d'équerre conduit à un retroussis d'angle : C^est ce retroussis qui s'observe.
Kt il n'existe pas seulement à la pyramide : il se dessine, mieux accentué, à la principale des tombes (lu'elle enclave (tombe a, pag. lOi flg. s:3).
(Icltc lomlic était — ('(nniiic le l'ut i)lus lai'd l;i pyramide — exécutées par tranches ;i tort lalns et assises très déversées; ses lits se relèvent d'nne façon bien iiclle vers les extrémités.
MF.ÏnniM.
.\ Meïdoum nous trouvons le prolil par retraites appliqué avec ce
MEÏDOUM. lOît
genre d'économie qui consiste a remplacer, au moins partiellement, les maçonneries pleines par des remblais.
STRUCTURE
Les photographies pi. XXIII donnent l'état de la ruine ; la lig. 8(5 montre la coupe, et marque par un liséré la limite des parties conservées.
Dans la pyramide de Sakara nous comptions a chacjue retraite deux tranches jumelles;
Ici, à chaque retraite répond une tranche unique.
A Sakara toutes les tranches étaient de structure uniforme;
Ici nous rencontrons h tour de rôle :
Une tranche de maçonnerie pleine a ;
Deux tranches de remblai simplement parementé c, c.
Et cette alternance d'une tranche pleine et de deux tranches de remblai parementé se renouvelle dans toute la masse.