‹ L'art de bâtir chez les ÉgyptiensChapitre 73 sur 94 · LES OUVRIERS · texte numérisé non relu

LES OUVRIERS

Aux temps pharaoniques, on ne connaît point le travail par entreprise ; aucun intermédiaire ne s'interpose entre l'État et l'ouvrier :

Les constructions d'appareil ont en effet le caractère d'ouvrages exécutés en régie. De la part d'un entrepreneur, tant de négligences (pag. 62) n'auraient point été tolérées : l'État se les permet à luimême.

Les premiers indices de travaux faits à la tâche datent des Ptolémées : Ce sont des marques d'ouvriers, telles qu'on en distingue a Edfou sur les parements d'ébauche du temple.

MANŒUVRE DES MONOLITHES

Ce que nous avons étudié jusqu'ici, c'est pour ainsi dire la pratique courante : Il convient d'examiner comment la méthode s'applique à la manœuvre de blocs tels que des obélisques dont le poids dépasse 200 tonnes, ou des colosses plus lourds encore.

COLOSSKS.

Partons de la carrière.

Apparemment la pierre en sort à l'état d'ébauche plus ou moins sommaire : Si les pieds des colosses de Memnon avaient été dégagés avant le transport, ils se seraient brisés sur le traîneau.

L'idée de faire cheminer les blocs à l'état d'épannelage concorde d'ailleurs avec ce que les documents assyriens nous apprennent.

Elle s'accorde aussi avec la pratique générale du ravalement suiplace (pag. 54).

TRANSPORT SUR TRAINEAU.

Nous avons reproduit (pag. 78) un traîneau où le même câble sert à la fois à l'amarrage du bloc et à l'attelage de quelques bœufs.

Pour le déplacement de grandes masses, l'effort des bêtes de trait serait trop peu réguher : on emploie des hommes; et les câbles de traction doivent se disposer en conséquence.

En outre, l'amarrage de la pierre doit être mieux assuré.

MANOEUVRE DES MONOLITHES

Une peinture d'El Bersé, que nous essayons d'interpréter fig. 90, montre comment ces conditions se réalisent.

TRAINEAU d'eL BERSÉ.

Le bloc est relié au traîneau par des attaches de cordages :

Une ceinture verticale le serre sur les longerons; Deux ceintures horizontales, sans doute combinées avec des arrêts c fichés à l'arrière, rendent les déplacements impossibles.

Les câbles moteurs sont au nombre de quatre ; chacun d'eux est actionné par 21 couples do haleurs, qui tirent en cadence au coinmandoinent d'un chef; et le traîneau glisse sur un sol arrosé (pag. 78).

A la remonte d'une rampe, si l'effort de traction vient h s'interrompre — et cela nnrn lion h chaque rolni — le traîneau ris(]ue de redescendre :

L'enrayage s'obtient à l'aide d'un frein a, en forme de coin dentelé, ((ue l'on cale h l'arriére et qui grippe au sol.

Pendant la marche, ce frein a est porté a proximité du traîneau.

CAS]|n'lMPOSSIBILITÉ DU TRANSPORT PAU IIALAGE

Le procédé suppose que l'on ait devant soi un espace suffisant pour développer les longues files de haleurs :

Si la place manque, ou si la charge est trop lourde pour un traîneau, on a (pag. 76) la ressource du cheminement par échelons, sans traîneau s'il le faut.

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