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CHAPITRE XIV LA TRANSPOSITION

Vous lisez ou récitez devant une ou quelques personnes; à peine vous proposez-vous d'interpréter une œuvre; votre intention se borne presque à la faire connaître : vous n'avez nul besoin d'élever la voix, de donner n'importe quelle grande intensité, de prolonger les pauses; il vous suffit d'être clair et naturel. C'est la diction intime.

Appelons moyenne la diction qui, tout en gardant un certain caractère d'intimité, doit donner à l'œuvre la vie de l'interprétation. Elle convient à la récitation devant un public restreint, à la lecture, même devant un assez nombreux auditoire ; elle convient à la simple conférence. Elle doit tout exprimer nettement, bien qu'avec une modération relative.

Enfin, au théâtre, à la tribune, en chaire, on recourt à la grande diction. C'est l'expression à son maximum d'intensité.

Donc, trois dictions, ou plutôt trois degrés de Tunique diction, au premier desquels les sentiments doivent déjà être indiqués, mais avec un minimum d'expression. Les musiciens, les chanteurs disent qu'ils transposent quand ils jouent, quand ils chan-

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tent UD morceaa dans un autre ton que celui où il est écrit : ce qui distingue une diction d'une autre, c*est une transposition, non pas du ton, des inflexions, mais du volume vocal, de Tintensité expressive.

Et voici l'occasion de vous recommander trois études : Tétude simplement mentale, où Ton prend connaissance du texte, de la situation, du personnage; la première étude orale, où Ton parle à mivoix, où l'on esquisse l'expression ; la seconde étude orale, où l'on s'exerce à toute l'intensité de la grande diction en public. Par cette méthode, vous ferez un bon travail et vous économiserez vos forces.

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