DÉFAUTS
Examinons d'abord les principaux défauts dont on peut, avec quelque volonté, se corriger.
i** Tout ce qui masque l'expression. — Les mains, les bras voyageant devant le visage. La tête, les paupières plus ou moins baissées. Clore les yeux, — dans la passion, par exemple, — est un défaut assez fréquent chez les débutants, c'est-à-dire à l'âge surtout où la vie doit jaillir des prunelles.
2* Tout ce qui dépasse l'expression juste. — L'avantbras inutilement au-dessus de la tête; les bras inutilement grands ouverts ; etc.
Z"" Le sans-gêne, la vulgarité, l'incorrection. — En une causerie, devant un public ami, le pouce à l'entournure du gilet n'a rien de choquant. Cela peut
faire partie d'une attitude élégante, comme aussi la main sur la hanche, derrière le dos, dans la poche, le croisement des jambes. Ne jamais abuser toutefois des tenues plus ou moins libres. Ne pas s'y abandonner dans la lecture en public, dans la grande éloquence. Se défendre toute vulgarité : le frappement du pied (exceptionnellement utile dans la comédie) ; le claquement' des mains; le pouce en Pair, TaiTreux pouce indicateur; etc. A moins d'avoir à menacer, ne pas montrer le poing.
A^ La grimace. — Précieuse dans la bouffonnerie, utile dans l'imitation, il va sans dire qu'il faut, toute autre part, absolument l'éviter. « Je ne grimace pas », pensez-vous. Vérifiez cette opinion. Devant une glace, déclamez un morceau véhément, et jugez si quelque contorsion, quelque bizarrerie ne se produit pas en votre visage, si, par exemple, votre bouche ne se tire ni trop d'un côté ni trop de l'autre.
5° Tout ce qui est disgracieux. — Un bras passant devant la poitrine pour désigner quelque chose du côté de l'autre bras; la main renversée et agitée de haut en bas; les doigts longtemps écartés; le dos voûté; les épaules trop relevées; etc.
60 La mobilité excessive des yeux, de la tête, des doigts, des mains, des membres, du corps. Le clignotement résiste le plus souvent aux efforts de la volonté. Heureusement, comme tous les défauts lorsqu'ils ne sont pas trop accentués, ce tic peut avoir son charme. Il ne rendait ni moins beaux ni moins tragiques les yeux d'Agar.
7° La répétition excessive. — Les coups sur la tribune, sur un meuble quelconque, sur la poitrine; le bras, l'index constamment tendus vers l'horizon; etc.
S"" L^immobilité excessive. — La fixité des yeux, par exemple. Dans le rêve où Ton s'oublie, on regarde plus ou moins longtemps le môme point de Tespace.