I. A propos des aiïaires d'Italie
288 l'art ORATOIUE
blique, || et ne peut aller jusqu'à un laconisme voisin du silence.
Mais ne cherchez pas outre mesure l'expression verbale. Ce que nous avons dit de Fidée, nous le disons du style : ne soyez pas trop exigeant à son égard. C'est préalablement et non devant le public que vous devez vous efTorcer de l'épurer. Au reste, grâce au concours de l'expression vocale et de l'expression mimique, le style oratoire réclame bien moins de perfection que le style écrit. Écrites, les périodes de Gambetta que nous allons citer laissent voir plus d'un défaut; prononcées, elles furent certainement éloquentes. Ne craignez pas plus que leur auteur la répétition des mots, les parenthèses, les façons de dire qui en corrigent d'autres.
Oui, le parti républicain, aujoui"d'hui, — celui qui est composé surtout d'hommes souvent et durement éprouvés, celui qui compte dans ses rangs presque autant de victimes que de serviteurs, c'est celui-là dont je parle, parce cjue c'est celui que je connais le mieux et que c'est celui auquel j'appartiens, — le parti républicain qui l'a toujours été ou qui ne compte que des membres qui l'ont toujours été, ce parti-là est tenu à beaucoup de largeur de main, à un grand esprit de conciliation et de concorde; il est tenu à se recruter largement et sans mesquins calculs d'amourpropre dans tous les rangs du pays, afin de devenir la majorité de la nation elle-même. C'est son devoir immédiat, et il n'y manquera pas ^
Les grandes périodes (nous ne pouvons ici en choisir que de relativement courtes) sont très favorables à la liaison, à la coordination des idées, surtout celles où, régulièrement, tel mot se répète, où se suc-