‹ L'art de dire, dans la lecture et la r©citation, dans la causerie et le descoursChapitre 23 sur 175 · ÉLÉMENTS DU MOT · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS DU MOT

La consonne est tout autre chose que le son, autre chose môme que le bruit de souffle à quoi se réduit presque le son dans le chuchotement : c'est le bruit d'une articulation. La consonne ne provient pas du larynx : sifflement, claquement, roulement, quelle que soit sa nature, elle se crée dans la bouche.

On apprend à l'école primaire le nombre des lettresvoyelles. Quant à celui des sons-voyelles de la langue française, il a été élevé jusqu'à la vingtaine. Réduisons-le à quinze. Onze voyelles pures : a ouvert, a fermé, e ouvert, e fermé, i, o ouvert, o fermé, ou, eu ouvert, eu fermé, u. Quatre voyelles nasales : an, on, in, un.

Si, comme les autres voyelles, i, ou et u peuvent être plus ou moins fermés, il y a vraiment là une différence de timbres peu sensible. Mais, pour a, e, o et eu, il faut constater au moins un intermédiaire entre le timbre ouvert et le fermé.

On dit des voyelles qu'elles sont ouvertes ou fermées selon que leur timbre donne ou ne donne relativement pas une impression d'ampleur. .4 est ouvert dans sage et fermé dans âge (où il se rapproche de o); ? est ouvert dans tête et fermé dans thé (oîi il se rapproche de i); o est ouvert dans molle et fermé dans môle (où il se rapproche de eu); eu est ouvert dans heur et fermé dans heureux{\e second eu, qui se rapproche de

On dit aussi des voyelles qu'elles sont graves ou aiguës selon qu'elles donnent l'impression que leur timbre a ou n'a relativement pas quelque chose de sourd. De sorte que le môme a (dans sage) porte tantôt le nom d'ouvert et tantôt celui d'aigu !

On dit enfin que les voyelles sont graves ou douces.

C'est alors qu'on trouve à la gravité du timbre une sorte de rudesse '.

Toutes ces appellations ont rapport à la qualité du son et non pas à sa quantité, à la longueur qu'on peut lui donner. On a tort de confondre deux choses si distinctes. A, dans mâle, doit se prononcer plus longuement que dans malle; mais que, dans les deux mots, on le prononce avec la même lenteur ou la même vitesse, on n'en doit pas moins faire entendre deux sons diiïerents sous le rapport du timbre.

Quant aux diphtongues, combinaisons de deux sonsvoyelles presque simultanés, donnons-en quelques exemples: la, ié, etc.;oua,oué,etc. ; ian, ien, etc. Mais disons, avec Hatzfeld et Darmesteter, que « la prononciation moderne, dans sa rapidité, a fondu les diphtongues en voyelles simples {ai = è, au = o), ou a transformé en consonne le premier élément vocalique, si bien qu'aujourd'hui notre langue ne connaît plus de diphtongues ». Oui pourrait s'écrire îvi [îv anglais).

Reste à énumérer les consonnes. Hatzfeld et Darmesteter en comptent vingt-deux : b, p, f, v; t, d, s forte, s douce ou z; k, g, ch (dans chose), j (dans je, ^em^V); 1, r, m, n; 1 mouillée^, n mouillée; h aspirée ^ et enfin i consonne [ij dans yachl), ou consonne (dans ouate) et u consonne (dans huile).

Et l'on trouve abondamment des consonnes diphtongues : gl, cl, vl, fl, br, pr, etc.

1. Au contraire, M. Gh. Delon, dans sa Grammaire française d'après Vhisloire, trouve de la douceur à la gravité.

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