‹ L'art de dire, dans la lecture et la r©citation, dans la causerie et le descoursChapitre 29 sur 175 · Voltaire · texte numérisé non relu

Voltaire

La prononcialion lillérale d'anléchrist a prévalu. Christ ne perd plus ses deux lettres finales que précédé de Jésus.

S enfin est muette en des séries de noms propres français, ceux où elle est suivie d'une consonne : Aisne, Nesle, Praslin, Vosges] ceux formés de noms communs qui prennent aujourd'hui l'accent circonflexe : Sainl-Genest (encore dit-on avec Vs Joseph et Xavier de Maistre); ceux avec des initial (qu'on prononce dé) : Descaries, Despréaux, Destouches.

Ss n'a que la valeur d'une s. Essence, essentiel font exception.

On connaît la boutade de Charles Nodier adressée à un académicien qui proclamait que le t entre deux voyelles doit se prononcer comme un c (ainsi que dans patience) : « Mon cher collègue, prenez picié de mon ignorance, et faites-moi Yamicié de me répéter la moicié des belles choses que vous venez de dire ».

T s'articule comme ç :

1° Dans tia final ou modifié par une lettre suivante (à moins qu'une s ne le précède, comme dans Baslia, vestiaire) : abbatial, gentiane, insatiable, Miltiade, plénipotentiaire, propitiatoire, rétiaire. En fait d'exceptions : éliage, tiare, centiare, éléphantiasis.

2° Dans les substantifs en tie précédé d'une voyelle (et aussi inertie et ineptie) : Dalmaiie et tout autre en atie (excepté Sarmatie), goélie (du grec goes, sorcier), impéritie, Béotie, argutie. Ne font exception que épizootie, rôtie, solie et très peu d'autres mots, très peu usités.

3'^ Dans tié médial [satiété j ; mais non dans tié final

(inimitié), excepté dans les participes passés de balhulier, initier, transsubslanlicr.

A° Dans tie suivi de / : pestilentiel; suivi de n dans les noms propres et ceux formés d'un nom de famille ou de lieu : Dioclétien, capétien, vénitien ; suivi de nne, dans les féminins de cette catégorie, mais non dans les autres mots, comme antienne; suivi de nt, soit que Ve se prononce a : quotient, soit que l'e ne se prononce pas : ils balbutient, initient (excepté châtient); suivi de ux : captieux, séditieux.

5° Dans tio suivi de / : gratiole, pétiole (mais non bestiole, à cause de Vs, et non plus étioler); dans les innombrables substantifs en lion (et aussi amphictyon '), excepté ceux où Vs ou Yx [ks] précède, comme digestion, mixtion, qu'il faut absolument prononcer avec le t dur. Comparez suggestion (sug-jess-tion) et sujétion (su-jé-sion).

G° Dans les terminaisons tium et tius : Actium (mais non lithium, où entre Vh), Grolius.

Dans tous les autres cas où il s'articule, le t est réellement un t.

Il s'articule généralement dans le corps des mots, excepté dans asthme, isthme. Post-scriptum (qu'on a prononcé poss-scriptum) entre dans la règle. Mais non Montréal et les noms semblables où le t est suivi d'une consonne, excepté Montreuil et très peu d'autres.

Il ne s'articule ordinairement pas à la fin des mots, dans ceux en ault, par exemple, où /'/ disparaît avec lui : Quinault. Dans vingt, il se fait entendre devant une voyelle (excepté (\siï\s, quatre-vingt-un) et dansymyfdeux et vingt-neuf. Il s'annule dans sept et huit unis à un nombre suivant : sept mille, ou, non suivis d'une

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