‹ L'art de dire, dans la lecture et la r©citation, dans la causerie et le descoursChapitre 32 sur 175 · LA. LIAISON · texte numérisé non relu

LA. LIAISON

C. — Se lie comme un k : tabac à pi-isei\ franc original. Mais ne se lie jamais dans franc (monnaie), marc (nom commun).

D. — Comme un t : le blond Aj^ollon., friand entremets, il se morfond à la porte. Parfois ne se lie pas dans les syllabes and, ond : Gand, gland, gond. Ne doit pas se lier dans nid, nœud, dans égard, hasard, bord, nord, lourd, sourd. Dans les syllabes où Vr précède une consonne finale, c'est très souvent l'r qui forme la liaison.

F. — Pourvu qu'elle se prononce dans le mot isolé, conserve sa propre articulation, excepté dans le nombre neuf, où elle devient un v.

G. — Comme un k : rang élevé. Se lie dans rang, sang, long, joug (comme un g dans ce dernier).

H. — Tout ce qui dislingue Vh aspirée de Vh muette, c'est qu'elle empêche la liaison avec la voyelle suivante (les I héros, tandis qu'on dit le zéroïnes, le zéroique zistoires), ou bien l'élision orthographique ou simplement phonétique de la voyelle finale du mot précédent [la haine, une \ halle, tandis qu'on dit lliijène, une haleine [u-naleine]).

Choisissons quelques exemples où elle est aspirée : Hainaut, hallebarde, hallier, hamjje, harangue, harde, Harfleur, harnais, hase, héraut, herse, hêtre, hie, hiérarchie, hobereau, houssine, houx, hoijau, hublot, huche.

Des dictionnaires l'aspirent bien à tort dans haltère. Tantôt on l'aspire dans Henri (plus rarement dans Henriette), tantôt on la tient pour muette. On l'aspire dans Hugo. H, qui, à travers elle, autorise la liaison dans dix-huit, ne la tolère pas dans huit et ses dérivés employés autrement : il a touché son | huitième mois.

L. — Dans gentil, prend, en se liant, l'articulation y : gentil enfant.

M. — Ne se lie que lorsqu'elle s'articule dans le mot isolé : ce requiem est de Mozart.

N. — Quand il s'agit de lier un son nasal {on, par exemple), il faut souvent ajouter en quelque sorte une autre n à celle qui orthographie le son nasal : on a [on na, et non pas : o na). On a se prononce à très peu près comme on na pas. Il vaudrait mieux que la nasalité disparût toujours dans la liaison, comme dans bon ami [bo nami) ; mais il faut se conformer à l'usage.

Principalement sur ce point, nous ne pouvons nous ranger à l'avis du vieux Dubroca, dont le traité nous sert ici de guide.

A' se lie dans le pronom en précédant le verbe : j'en ai assez, et dans en préposition, avec son régime : en hommage; dans ancien suivi de son substantif : ancien usage, et dans les adverbes bien et rien précédant les mots qu'ils modifient : bien agir, rien à faire.

Ne se lie pas dans les substantifs en ain : républicain I intransigeant; dans les adjectifs en ain non immédiatement suivis de leurs substantifs : lointain | et dangereux; dans les mots en an : courtisan \ odieux; dans ceux en ein : plein | à déborder (sauf dans les adjectifs suivis de leurs substantifs : plein azur) ; dans le pronom en placé après le verbe : donnez-m'en \ une douzaine; dans les mots en éen : Européen \ acclimaté; en ien : chirurgien \ audacieux, le bien \ et le beau (sauf dans l'adjectif suivi de son substantif et dans l'adverbe placé devant le mot qu'il modifie); dans les mots en in : enclin \ au mal (sauf dans divin : divin amour [divin namour ou divi namour] ); dans les mots en on : raison

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