‹ L'art de dire, dans la lecture et la r©citation, dans la causerie et le descoursChapitre 40 sur 175 · SUPPRESSION · texte numérisé non relu

SUPPRESSION

Défaut provenant de la mollesse, de la négligence. On escamote des e sans accent, mais qui n'en sont pas muets pour cela : iptit homme^ au lieu de pe-tit homme; encr noire, au lieu (ïen-cre noire; dé-jner, au

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lieu de dé-jeu-ner. On dit : avévous, pour avec vous; co-mi faut, i m'ennuie, yni-eu, si vous plaît, pour comyne il faut, il 7n'ennuie, milieu, s'il vous plaît. Comme les créoles, comme les « incoyables » du Directoire imitant le chanteur Garât, on supprime IV.

En tant qu'exercice , exagérer Tarliculation des voyelles et des consonnes ordinairement omises.

SUBSTITUTION OU BLÉSITÉ

On peut définir la blésité : toute substitution d'un élément syllabique à un autre. Le nombre des blésités est donc immense. Avec le docteur Chervin, nous les classerons ainsi :

i" Les plus fréquentes, celles qui concernent les consonnes soufflées. Le zézaiement (:; pour j ou g) : zuze pour juge; le sessaiement (s dure pour ch) : sapeau pour chapeau; le jotacisme {j pour s) : mauvaije pour mauvaise; le chuintement {ch pour c, pour j) : chinq chous pour cinq sous, chargon pour jargon.

2" Les blésités se rapportant aux autres consonnes. Le lamdacisme : / pour r, colèle pour colère, comme chez certains Provençaux, ou, comme chez beaucoup de Parisiens, // pour joûur l,jeul lai,jeul le veux, pour je Vai, je le veux. L pour n ou réciproquement. Dites la colline nest ni lointaine ni longue, et sentez si vous ne vous trompez pas. B pour i^, d pour t, g dur pour c dur ou vice versa, comme chez les Allemands parlant français : teux jJ07is carçons pour deux bons garçons. Etc.

Dans l'ouest, on adoucit au moyen d'un i l'articulation forte du c, du (jr et du g; pour cœur, gué, quelqu'un, on prononce, ou peu s'en faut : kieur, guié,

quielquiun. Par contre, vous pouvez entendre en toutes régions : magnëre pour mamère.

3° Les blésités concernant les voyelles. A fermé pour a ouvert, village pour village. Et, défauts bien plus répandus, a, o ouverts pour a, o fermés : âge pour âge^ rôle pour rôle; e ou ai fermés pour e ou ai ouverts : il fé dé progrés. La substitution des voyelles nasales : minger ou ynonger pour manger., chakin pour chacun. Etc.

Tous ces défauts proviennent souvent de ce qu'on ignore la prononciation correcte ou d'une simple négligence. Souvent aussi, les personnes qui blèsent ne peuvent matériellement pas articuler comme on doit le faire. Eh bien, il faut d'abord qu'elles sachent nettement comment se forme la consonne ou la voyelle qu'elles articulent mal. Le cadre de ce traité ne nous permet pas de nous étendre sur l'orthophonie; mais des livres spéciaux peuvent leur enseigner le mécanisme exact de l'articulation qui leur manque '. Elles auront ensuite à passer de la théorie à la pratique. Pour cela, qu'elles commencent à émettre la consonne ou la voyelle en une seule syllabe ^ Qu'elles abordent ensuite des polysyllabes isolés, des phrases détachées, pour arriver enfin au discours suivi.

i. Les organea de la parole, par G. -H. de Meyer (Alcan, édit.), abondent en détails on ne peut plus précis.

2. « 11 n'y a pas de consonnes dont l'articulation vicieuse soit plus commune que s, z, ch,j; il n'y en a pas non plus qui cause plus de souci aux étrangers de langue germani(iue que notre gn. Pour corriger les unes et enseigner l'autre, M. Burguet met dans la bouche de petits appareils dont la langue doit garder le contact tout en opérant un mouvement commandé. » Rousselot, Applications pratiques de la phonétique expérimentale (revue la Parole).

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