EXORDE D'UN PLAIDOYER
L'homme que je viens défendre est le chef de la barricade Saint-Merry. Interrogé devant vous, il a reconnu tous les faits ; il x confessé sa foi politique sans peur comme sans forfanterie, en homme de courage et de conviction qui ne s’effraie pas des chances mauvaises, parce que, d'avance, il les a appréciées à leur juste valeur.
Si, en franchissant le seuil de cette enceinte, jurés, vous êtes restés hommes du monde, je le comprends, ma mission est finie au moment même où elle commence, et je n’ai plus qu'à wémir sur ces guerres désastreuses, dans lesquelles le vainqueur n’épargne ie vaineu que pour faire de sa mort un spectacle. Mais non, en présence de votre serment, je me rassure.
Monsieur l'avocat général a déroulé devant vous de sanglants tableaux ; vous en avez été émus : la défense elle-même à partagé vos émotions. Eh bien ! soit, versez quelques larmes encore sur les nobles victimes de ces journées, mais hâtez-vous !.... Il est un moment solennel où la voix des passions doit s’éteindre : c’est lorsqu'un homme, courké sous une accusation capitale, se trouve placé entre l’homme et Dieu. Ii semble alors que la justice divine doive jeter quelques-uns de ses reflets sur la justice de la terre. Elevez-vous donc, Messieurs, car si l'accusation est prophétique, l’accusé touche à ce moment.
J'ai compté sur vous, sur votre fermeté, et aussi sur les idées élevées et pures dont vous à doués une civilisation progressire. Vous m'écouterez ;. car la justice d’aujourd’hui, à l'exemple de la justice d'autrefois, ne se prostituera poli en esclave devant la volonté du
vainqueur, Vous m'écouterez ; car je ne viens point, plaçant la révalte sur un piédestal, la proclamer respectable et sainte.
Cet homme, cet accusé, dont l’ardeur guerrière et emportée s’est, vous l’a dit un témoin, arrêtée, compatissante et respectueuse, pour ne pas troubler le repos d'un mourant, il n’est pas, vous le comprenez, un misérable assassin........ Une pensée, une conviction a traversé son intelligence, dominé sa volonté, dirigé son bras. Eh bien ! cette pensée, cette conviction, vous la rechercherez avec moi ; elle plane sur la cause, elle vous dira sous l’influence de quelies idées cet homme a combattu. S'il n’a pas renié ses actes, il a droit aussi de demander compte aux autres des fautes qui l’ont entraîné.
Les sociétés sont formées d’intelligences qui marchent successivement à l'émancipation politique : c’est là le progrès, c’est là la civilisation.
Un siècle ne devine pas le siècle qui le suivra, et s’il apparaît alors un homme en avant de son époque, il pa”, on ne ie comprend pas ; il agit, on le persécute ; il agit encore, on le tue.... Cependant, le temps marche, et les générations étonnées élèvent des statues à ce précurseur séditieux.
Ab ! la justice humaine doit trembler, lorsque, jetant les yeux sur le passé, elle voit chaque progrès social appuyé à sa base sur le tombeau d’un martyr.
Serez-vous inflexibles ? je ne le crois pas. Dans le chemin ensanglanté des révolutions, où la force, toujours en présence, est aujourd’hui couronnée, et demain séditieuse, il faudrait, pour être inflexible, qu’une autorité
point, espec-
ère et ompa- > r'epO8 | misétion a yé son ous la e, elle ime a 1ssi de i l’ont
rchent là le
et s’il que, il écute ; arche,
a ce
jetant social
ans le pujours n sédiutorité
suprême et infaillible eût posé des boines qui disent au voyageur égaré : Par là tu vas à la gloire, par là tu
marches à l’échafaud. MARIE.