L'ASPIRATION
Aussi souvent qu’on peut le fuire sans nuire aux autres parties de la diction, c’est-à-dire, à toutes les pauses que permet la phraséologie. Le lecteur a parfois à fournir une longne course sans s'arrêter ; il doit s’y préparer, et se pourvoir d’une bonne provision d’air. Lorsque au contraire les silences, comme dans l’émotion, se succèdent à de brefs intervalles, les aspirations peuvent être plus fréquentes et plus courtes.
temarquons encore qu’on jeut aspirer facilement et sans qu’il ÿ paraisse, devant les sons où, Un, &, 0, e, quand la bouche est déjà ouverte pour les prononcer. C’est le secret que Talma, à ses débuts, déroba à l'acteur Dorival.
Comment faut-il aspirer ?
[l faut aspirer de la base du poumon, attirer l'air dans la poitrine par l’abaissement du diaphragme. C’est la respiration profonde, la seule utile, la seule possible en déclamation. Pour aspirer ainsi, l’orateur doit se tenir droit sans raideur, la poitrine haute, sans élever les épaules ni les rejeter en arrière. Cette position facilite aussi l'émission de la voix de medium, si utile au diseur.
ARTICLE II
L’expiration
L’expiration se produit généralement pendant le discours ; c’est elle qui fait vibrer les cordes vocales et engendre les sons.
Une seule règle gouverne l’expiration : elle ne doit pas dépenser plus d’air que l'aspiration en fournit aux poumons.
Si vous manquez d’air, c’est signe que vous respirez mal ; ou bien votre aspiration est trop pauvre, ou bien votre expiration est trop considé- ‘able. Pour se produire, un son exige une certaine quantité d’air expirée avec une certaine force ; donnez-lui ce volume d’air et cette impulsion, rien de plus. Vous entretiendrez ainsi dans vos poumons une réserve d'air qui assouplira votre voix, lui donnera de l’ampleur, et sur laquelle vous pourrez compter pour les passages véhéments et les longues périodes, où vous devrez faire une dépense d’air plus considérable.
C’est encore de la base du poumon que doit se faire l'expiration. Le diaphragme, dont le mouvement descendant a provoqué l’introduction
de l’air dans la poitrine, l’y retient en demeurant stationnaire, puis, s’élevant par degrés, le laisse échapper sous la pression des muscles expirateurs, mais peu à peu, avec économie, suivant les besoins du discours.