LE VOLUME
ARTICLE III
Le volume
Le volume de la voix est la masse de son qu’elle donne sur chaque degré de son étendue.
La voix, par rapport au volume, est ample ou comprimée. La voix frêle, maigre, peut, par l'exercice, acquérir du corps, de l’énergie, de la fermeté ; mais l’appareil phonateur est un instrument délicat, et l’ampleur de la voix se perd, comme le timbre, comme le médium.
L’intensité du son varie suivant l’idée et le local.
C’est au diseur de trouver, dans chaque cas, par une interprétation intelligente du texte, la force de son exigée par l’idée ou le sentiment. Pour certains effets, la voix doit éclater ; alors, si vous parlez dans un loval restreint, adoucissez le son, tout en lui donnant le degré d’intensité requis. Parfois, il faut éteindre la voix ; alors, si le local est grand, suppléez à l'insuffisance du volume par l'énergie de l'articulation et la lenteur du débit.
Chaque local demande un degré de puissance de la voix, qui dépend de l’espace et de la
résonance. Si la salle où vous parlez est grande, il vous faudra parler assez fort pour que les sons se propagent jusqu’à son extrémité. Si la salle est petite, au contraire, vous donnerez moins de son ; autrement les vibrations se confondraient. Pour donner au son le degré de force voulu par la grandeur du local, certains orateurs prennent un point d'audition vers les deux tiers de la salle, et parlent assez haut pour être entendus par une personne qui serait placée là. Il est pius difficile encore de calculer le volume de la voix qui convient aux propriétés acoustiques du local. Si l’on parle fort, là où la résonance est grande, les sons se confondent et ne produisent qu'un bourdonnement ; si l’on parle bas, là où la résonance est petite, on n’est pas compris davantage. En somme, chaque orateur doit étudier les qualités et les défauts de son local. Il est toujours dangereux de parler dans une salle qu’on ne conuaît pas.
Une voix forte est un don précieux ; mais s’en servir prive l’orateur d’avantages importants. Les organes tendus n’ont plus leur habituelle souplesse. Lorsqu'elle donne un son très fort, la voix se refuse à l’inflexion. Aussi, l'articulation énergique et la lenteur du débit doivent, dans une
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