DE L’EXPRESSION
avec la liberté, sa puissance et sa splendeur premières. Il appartient au diseur de chanter, par les inflexions et les mille ve ‘iations du ton et de l’accentuation, les idées et les sentiments couchés par écrit. Il lui appartient d’y ajouter ces nuances délicates de la pensée, que l'écrivain est forcé de sous-entendre, mais que la flexibilité de la voix peut exprimer.
L'expression fait vivre la parole ; elle est la vérité et la sincérité de la diction. Sans l’expression, toute parole est terne, incolore ; avec le secouts de l’expression, la parole atteint son plus haut degré de clarté, de précision, de chaleur, et de force.
C’est ici que notre art devient véritablement intéressant, et les études de diction vraiment une source de jouissances. Il n’est plus question de mécanisme vocal, ni de règies de grammaire. Le tact, l’intelligence et le goût du diseur sont plus précieux que toutes les théories. Aussi, il est impossible, en pareille matière, de formuler des règles précises ; encore est-il bon d’énoncer les principes généraux, que l’expérience et l’observation attentive de la nature ont consacrés, et d’en tenter l'application à des textes appropriés, en faisant la part de l'originalité et de l'inspiration, afin de guider dans leurs recherches les amateurs du bien dire. 8