Britannicus. (RACINE
Néron a promis de se réconcilier avec son frère. Survient Narcisse, son mauvais génie, qui veut l'en dissuader :
Je ine garderai bien de vous en détourner,
Seigneur. Mais il s’est vu tantôt emprisonner ;
Cette offense en son cœur sera longtemps nouvelle.
Ce dernier vers est un avertissement, presque une menacc. Dites à haute voix : “ Vous l’avealoffensé ; prenez garde : ilne l’oubliera pas et voudra s’en venger. ” Vous aurez l’inflexion qui convient à l'insinuation perfide de Narcisse.
cours
eune fensé ;
On le voit, cette recherche de l’inflexion a pour base l'interprétation. Mais, quelque habile qu'il snit à découvrir dans une phrase l'intention de l'auteur, le déclamateur verra encore l’inflexion lui échapper, si son oreille n’est pas habituée à saisir les intonations les plus diverses, et sa voix à les reproduire avec fidélité.
Observez, écoutez parler les autres, écoutez-vous parler vous-mêmes. Ecoutez parler surtout les enfants, qui ignorent encore le vice de l’affectation, et les gens du peuple, qui n’ont point faussé le chant de icur rude parole par l'habitude de la dissimulation ou de la contrainte. Observez :
il y a des leçons utiles à prendre, là où il ne paraît y avoir rien que de vulgaire. La conversation d’un ouvrier pourra vous mettre sur la piste d’une intonation, qui ne sera pas déplacée dans une scène de Racine ; l’expression de la douleur la plus profonde vous sera peut-être suggérée par le cri de l’enfant dont le jouet est brisé.
Notez les inflexions que vous entendez ; étudiezles ; cherchez à les reproduire, à les varier, à les nuancer, suivant des situations différentes que vous imaginerez.
Une autre méthode,--et c’en est une excellente, pour se préparer à la recherche des inflexions,
c’est de s'exercer à donner sur un mot, une exclamation, une phrase, autant d’inflexions que le mot, l’exclamation, ou la phrase peut comporter d’intentions différentes. Il y a certains mots, comme oui, non, eh bien, ete, qui sont susceptibles des acceptions les plus variées ; sur chacun d’eux, on peut donner toute une série d’intonations. De ce genre, sont les “ ah ! ah!” de Monsieur de Pourceaugnac, en réponse aux compliments du fourbe Sbrigani.
Voici quelques petites phrases, sur chacune desquelles on pourra faire cet exercice.