L* UNITÉ
que ce geste doit généralement se faire, ou p^lutôt se terminer, sur le mot de valeur, puisque ce mot résume en quelque sorte toute la pensée.
L*âme n'est d'ailleurs émue que par un sentiment, Tesprit possédé que par une pensée, à la fois ; aussi n'est-il point naturel de multiplier les gestes, puisque ce ne sont pas les mots, mais les pensées que la mimique est appelée à traduire.
De Vmiitéy naît la simplicité. Si un orateur observe la loi de l'unité, ses gestes seront toujours simples ; comme dans son esprit les idées se succéderont sans se brouiller, de même ses gestes pourront s'enchaîner et se suivre avec plus ou moins de rapidité, sans jamais se confondre.
OHAPITEE II
La sobriété
De ce qui précède, il ne faut pas conclure que Texpression de toute idée, de tout sentiment, doive être accompagnée de geste.
Que le geste soit sobre, qu'il ne se produise qu'à propos.
Le geste explique la parole et la précise. Son rôle est d'exprimer ce que la parole omet tout à fait, ou de compléter ce qu'elle ne dit pas entièrement.
" Pour harmonieux que soit un geste, s'il n'a pas sa raison d'être, s'il ne précise pas la pensée, s'il ne poétise pas le sentiment, il est mauvais." (1)
Le geste a donc sa place là où il y a une ellipse à dégager, et où la diction peut recevoir une plus grande puissance d'expression.
La règle de la sobriété ne s'applique pas dans une même mesure à tous les agents de la mimique. Les jeux de la physionomie sont continuels, tandis que les mouvements du torse, de la tête,
(1) Dupont- Vernon.