LES EX-DONO
Alphonse Daudet, Jean du Boys, Charles Bataille et moi (M.... ! ce papier boit^ je continue au crayon). Charles Bataille absent pour quelques jours ne pût en être. Delvau venant déjeuner et présent à l'éclosion du projet (il trouva même le titre) se chargea de Timpression et de la besogne matérielle. Ce fut lui qui nous apporta quelques pièces d'un monsieur que j'appris être depuis M. Renard, bibliothécaire de la marine.
« L'eau-forte représentant la £Muse au Chat, est du peintre Delor, élève de Gérôme ;
« V Avertissement, d'Alfred Delvau ;
« Une séance littéraire à Vhôtel du ^Dragon bleu^ de moi ;
« A vatar, de moi ;
a U Automate, de Jean du Boys ;
a Tristesses de Narapalisijou, de Jean du Boys;
« Le Martyr de saint Labre, de Daudet ;
« Mélancolie équatoriale, de Renard ;
« Panthéisme, de Jean du Boys ;
« Le Convoi de la Bien-aimée, de Renard ;
« Gae Vlmar au grand pied, de moi ;
« Madrigaux sur le mode thébain, d'A. Daudet ;
« Bellérophon, de moi. »
Janin avait Vex-^ono en vers facile, trop facile même. M. Piedagnel, son secrétaire, en a reproduit plusieurs dans un volume consacré à la mémoire de son maître.
M.UlricRichard-Desaix, un bibliophile aimable et érudit , a bien voulu me communiquer deux ex'dono qui ne figurent pas dans le livre de M. Piedagnel.
Le premier inscrit sur un exemplaire de
la traduction d'Horace est adressé (1860) au grand peintre de portraits Pérignon :
Le Pérignon disait à ses modèles:
a Les belles, je les peins pour rien; « Mais il faut que je vive. Eh bien !
« Les laides payeront pour les belles ! »
Que pensez-vous qu'il arriva ?
En fin de compte^ il se trouva Que la plus laide était jolie; Heureuse et contente et ravie ; En ces tableaux qu'elle approuva, Pas une d'elles ne paya Cet art qui l'avait embellie.
Trahi par son chef-d'œuvre, enfin, Le grand peintre mourut de faim.
Le second a été écrit sur un exemplaire des Amours du Chevalier de Fosseusey dont l'héroïne se nomme la comtesse de Bagneux. Le quatrain est adressé à M. Bagier, alors directeur du Théâtre Italien.
Quoi d'étonnant si la tendresse Se gagne au spectacle amoureux, Que Monsieur Bagier s'intéresse A la comtesse de Bagneux ?
Qiiel drôle de galimatias! J'aime encore mieux la demi-indécence du poète crotté Glatigny, et même cet envoi cavaUer adressé par M. Deyeux à Jules Janin avec ses tablettes de saint Thomas,
n'aime pas ion
habitude
; trancher comn
le tu le fais.
1 n'en as pas la ,
:ertiiude.
lU j'ai peur de toi; si tu vas,
ins l'hypothèGc
où tu les got
ton (our eiprin
1er des doute
Le diable emporte saint Thomas!
n y aurait un volume k faire avec les ex'dono et unvolame à la fois instructif et amusant.
Je livre cette idée à un homme patient.