CE QU'ON ENTEND PAR ENLUMINURE
Beaucoup de personnes pensent que le mot eniuminiire n'est applicable que pour les couleurs apposées sur des dessins, estampes, etc. « L'enluminure n'est qu'œuvrc de métier, une espèce de peinture sans empâtement, qui n'exige, chez celui qui la pratique, ni génie, ni talent, ni science, mais seulement une certaine habitude, une certaine dextérité. » L'auteur de cette définition, un bibliophile, paraît-il, a, par cette fausse qualification de l'enluminure, induit en erreur nombre d'amateurs et d'artistes qui n'ont plus vu, en cet art, avant de l'étudier, qu'un travail de coloriste, très secondaire et peu susceptible de leur procurer ia jouissance qu'ils cherchaient en s'y adonnant. Nous déplorons les effets d'une définition autant erronée que dangereuse qui a, certainement, porté un grand préjudice à un art tout à fait primordial, une des gloires de notre chère France.
Le mot enluminure vient ^illuminare^ allumé.
Lorsqu'au début des livres manuscrits, les pages du blanc vélin se trouvaient noircies par l'écriture qui les recouvrait, on les éclaira, les alluma, les illumina par de belles peintures aux couleurs vives, aux ors «'datants. C'est là le vrai sens <lu mot enluminure. Une lois que le scribe avait terminé sa tâche, ïenlumineur dessinait son sujet, souvent d'après les indications données, et le recouvrait de gouaches et de métaux. 11 faisait œuvre d'inventeur et non de copiste. Il en est de mômo du mot mm/«/wrt% qui vient de minium