ARTS MINEURS PARTHES
Au point de vue de l'art ces derniers échantillons du génie parthe n'ont qu'une valeur assez mince, mais ils devaient nous retenir comme exemples typiques de cet art populaire enraciné aux traditions du Vieil -Orient et qui s'opposait consciemment à l'hellénisme officiel de la cour. Dans cette ligne nous trouvons encore un petit buste en bronze (Fig. 6), probablement une tête de sceptre, conservé à la section islamique de Berlin, où nous croyons reconnaître, d'après une effigie de monnaie, le portrait du roi Orodes II (9 à 6 avant J. C). Deux statuettes de femmes peuvent encore être attribuées à la période parthe: un petit nu en bronze conservé à Berlin (Fig. 7), et un en ivoire, qui se trouvait en 1913 sur le marché d'art parisien (Fig. 8). Tous deux figurent vraisemblablement la déesse Anahit, dont Artaxerxès II encouragea particulièrement le culte en lui faisant ériger maintes statues. La déesse nous est décrite dans l'Avesta avec sa gorge bien prise, sa tiare d'or et son long voile artistement ouvragé. Notre statuette d'ivoire nous montre précisément ces formes plastiques et ce vêtement richement orné coulant des épaules à la façon d'un voile en laissant à nu le devant du corps.
Les premières monnaies arsacides (PI. 66) portent l'empreinte de l'hellénisme et ne sont souvent que des imitations de monnaies syriennes. La figure du roi paraît sur les deux faces, en buste à l'avers, et en pied au revers, en costume parthe, l'arc à la main (1,2, 3). Les deux images correspondent à la double situation des princes parthes, comme "amis des Hellènes", ainsi qu'ils se plaisent à se nommer sur certaines monnaies,
Fig. 7. Statuette en bronze de V époque parthe
(h. 11,5 cm.)
Section islamique des Musées de Berlin.