TAR M. ME PCE DE SAINT- VICTOR
Eau
Nitrate d'urane
i litre, 120 grammes.
paré au chlorure d'argent. Pour bien réussir, il faut se servir d'un cliché sur verre. Le papier est donc exposé au soleil derrière le cliché dans le châssis à reproduction. Au sortir du châssis l'image est à peine visible, mais on la fait paraître en plongeant l'épreuve dans une dissolution de bichlorure de mercure, ou mieux de nitrate d'argent.
Eau 1 litre,
Nitrate d'argent . , kO grammes.
Ce bain peut servir jusqu'à épuisement, et il produit même, après quelques jours d'emploi, un meilleur effet qu'au commencement.
Dès que le papier à l'azotate d'urane est plongé dans ce bain, l'image paraît instantanément, mais elle est terne et sans vigueur.
On la fait virer après lavage dans un bain de chlorure d'or à 1 pour 1.000.
DE LA DÉFORMATION DE l'iMAGE DANS LES CLICHÉS DESTINÉS A ÊTRE AGRANDIS
Avançons d'abord que la plupart des portraits accrochés sur les murs de notre capitale sont tout à fait déformés. La cause en est simple, et l'abus des courts foyers l'explique d'une façon parfaite. Si je voulais décrire les énormités qui résultent de l'abus précité, j'aurais un volume à écrire, et il est certes facile de vérifier le fait. Les artistes ne se trompent pas , mais bien des personnes se méprennent à ce sujet. Cependant, avec un peu d'at-
tenlion, on découvre la chose. Regardez un instant la plupart des portraits , examinez la figure , voyez le nez, le menton, avancés et grossis d'une façon surprenante. Regardez aussi ces grosses têtes de profil ou de trois quarts, et vous trouverez à l'instant des fluxions dans toutes les figures ainsi reproduites. Cette définition est un peu outrée, dira-t-on; certes non : le fait existe. Aussi n'entend-on pas dire souvent : Ceci est bien le portrait de tel ou tel; mais avec cette .restriction que ce n'est pas tout à fait cela? Or donc, ce que l'on ne s'explique pas tient tout simplement au mauvais objectif employé et à l'abus qui fait oublier qu'en s'écartant des lois de la perspective et de l'optique , on arrive à faire des charges au lieu de reproductions de la nature.
Maintenant qu'arrivera-t-il si l'on agrandit une petite épreuve représentant un portrait déjà déformé dans sa petite dimension? On aura sans nul doute un dessin d'une inexactitude révoltante , car tous les défauts seront agrandis proportionnellement, et dans de telles dimensions que la vue en sera immédiatement choquée.
Ce que je signale est arrivé tout d'abord, car les épreuves amplifiées ont été faites à l'aide d'épreuves produites avec des objectifs à court foyer. Aussi a-t-on vu de ces physionomies qui ne ressemblent en rien à la nature : toutes les parties saillantes, le nez, le menton, les lèvres, dont les déformations étaient peu appréciables dans la petite épreuve, se montrent alors avec toute leur laideur. On dirait vraiment que les parties saillantes du visage ont été soufflées, et cela fait un effet des plus fâcheux, qui fera abandonner les grandes épreuves si on persiste dans cette voie contraire au bon sens.
Les appareils à amplifier les images seront fort utiles pour l'essai des objectifs, et on pourrait savoir ainsi si l'instrument destiné à produife le petit cliché est dans des conditions capables de représenter la nature. On objectera que les appareils à agrandissements déforment euxmêmes; à quoi nous répondrons que cette déformation est infiniment minime si l'appareil est bien construit, comparée à celle fournie par les objectifs photographiques.
L'abus des courts foyers,, la nécessité de les supprimer viendront donc du succès des appareils amplifiants; alors on entrera dans la voie du progrès , et l'on pourra produire des dessins artistiques de toutes dimensions.
En signalant un défaut, il faut nécessairement indiquer les moyens de le détruire. Pour cela, rien n'est plus facile : employons des objectifs à foyers moyens, à foyers longs^ et la chose ira parfaitement. Peut-on faire des objectifs rapides et ne déformant pas? Nous répondrons oui, pour ce qui est de l'absence de déformation sensible; nous répondrons non, pour la question de rapidité; mais en ajoutant que le mot rapidité est bien vague, et que, s'il est nécessaire d'employer 30 à hO secondes pour obtenir une image de dimension ordinaire, pour l'avoir non déformée, cela vaut mieux que de la produire en 10 ou d5 avec des déformations. On objectera encore : Mais pour les portraits d'enfants? Mais l'hiver, par les jours trèssombres? Dans ces deux cas seulement, on pourra employer les courts foyers, bien résolus d'avance à ne produire que des portraits non ressemblants.
Tout est facile à vérifier en ceci : faites le portrait d'une personne sur plaque entière avec un objectif de 23 cent, de foyer, en donnant à la tête 2 cent, et demi.
Faites la même épreuve avec un objectif de 35 cent. Comparez la ressemblance des deux figures, et vous aurez la preuve certaine du fait. Donc, pour avoir une tête de 2 cent, et demi non déformée et capable d'être agrandie, il faudra la produire avec un objectif de 30 cent, au moins. En sortant de ces précautions, il ne faudra plus chercher la vérité !
{La Méthode des portraits grandeur naturelle, par M. Arthur Chevalier, 1862, page 20.)
FIN DE l'appendice.