‹ L'art de la soie. Les soies (volume 2)Chapitre 115 sur 172 · LE BOMBYX MERIDIONALIS · texte numérisé non relu

LE BOMBYX MERIDIONALIS

On élève dans flnde une autre espèce de ver à soie, le Bombyx meridionalis de Wood Hason. Les cocons sont petits, mous, et en général très satinés; ils ont 35 millimètres sur i5 millimètres. Ils sont d'un blanc tirant sur le soufre, d'un jaune soufre pâle ou d'un vert très pâle. On en récolte dans les districts de Cuddapah et de Coimbatore de la présidence de Madras.

La bave du Bombyx meridionalis a ig.5 millièmes de millimètre de diamètre; la ténacité est de 4.5 grammes et l'élasticité de 6 p. 100 ^*\

LB BOMBYX ÀRRÀCÀHENSIS.

On ne connaissait pas en Europe le Bombyx arracanensis de Hutton. Le gouvernement de l'Inde nous a envoyé, en juin 1 885 , des œufs , des chenilles , des cocons, des papillons et de la soie des vers à soie qui sont l'objet des éducations dans la Birmanie anglaise. La collection de ces spécimens avait été formée par le commissaire en chef de la Birmanie.

M. Frédéric Moore, auquel nous avons communiqué ces exemplaires, les a reconnus comme appartenant au Bombyx arracanensis.

Cette espèce n'a été trouvée nulle part à l'état sauvage dans ta Birmanie. EDe n'est pas élevée à l'air libre.

Les exemplaires que nous avons reçus venaient de Nga Paw, dans le district de Promé. Ils représentent les deux variétés, l'une à cocons jaunes et

(') L^essai d^autres cocons reças de M. J. Wood Masoo a donné les résultats solvants : finesse, 18 millièmes de millimètre; ténacité, 3 grammes; élasticité, 8 p. 1 00. Ces cocons pesaient en moyenne i33 milligrammes, et Ton a dévidé 316 mètres de bote.

àSk SOIES.

Tautre i cocons blancs, qa*on noarrit avec les feuilles de la variété indiea du Morus alha ^^K

Les Birmans prétendent que celte espèce est d*origine chinoise et que les deux variétés ont été tirées en même temps de la Chine. La culture a eu lien d*abord dans les montagnes, <et ce sont les Yébehns, des montagnards, qui se livrèrent les premiers à cette industrie.

On s'est attaché à maintenir ces deux variétés séparées et distinctes; il y a en toutefois des croisemmits inévitables.

Les chenilles des deux variétés ont quatre roues. Elles sont vertes pendant les quatre premiers Ages; au cinquième âge, la robe des vers à cocons jaunes devient blanc de crème et la robe des vers à cocons blancs devient opale.

La durée de la vie du Bombyx arraeanensis , depuis Téclosion des œufs jusqu'à la mort du papillon, ^est de &3 ou /i& jours. Ce ver est polyvoltin. On fait en Birmanie «cinq éducations successives dans Tannée, mais on n*en fait pas depuis le 16 janvier jusqu'au sa juin.

Les cocons sont ovoïdes et allongés; ils ont en moyenne 87 millimètres et demi sur 1 6 millimètres. Ils sont mous , ayant une tissure assez lâche. Ils pèsent, pleins et secs, environ 890 milligrammes (on compte environ 3,35o cocons par kilogranune) , et ils peuvent fournir de âSo à 5oo mètres de bave. Les cocons dont on a fait l'essai à Lyon étaient en assez mauvaise condition : ils ne pesaient que de Sao à 3Ao milligrammes et Ton n'en a obtenu que de .910 à a8o mètres de b(we.

Le dévidage a été fait assez facilement.

La finesse de la bave est, en moyenne, de 99.9 millièmes de millimètret savoir :

A 1 mètre de la surface a 1.9 millièmes.

A 101 mètres % at.i

A 901 mètres 99.1

A la fin 99.9

Au milieu de la tdêtte 17.6

En moyenne, la ténacité est de 6 gr. 56 et Télasticité de 17 p. 100. Enfin le titre pour 5 00 mètres est de o gr. i35.

Les Birmans tirent de ces cocons des soies grèges jaunes ou blanches qui sont filées de la façon la plus grossière. Ils ne suivent aucune r^le dans ce travail , ne choisissant pas les cocons et filant avec un nombre de cocons sans cesse variable. Ainsi on a trouvé, dans un écheveau de soie gr^e jaune, des passages de fil représentant 46 cocons et d'autres 67 cocons; dans un écheveau de soie grège blanche, des passages filés à 5o cocons et d'autres à 71 cocons.

^') Schwë Yoé assure qn^on nourrit aussi ces vers avec les feuilles du BnmMumtlk papyrifira.

Les soies essayées i la Condition de Lyon ont donné les rësoltats saivants :

Titre moyen pour 5oo mètres : soie jaune, 1 17.58 deniers = 6a. && gr.; soie blanche, i&o.i5 deniers 3= y.A&a grammes.

On peut juger de rirr^ularitë du tirage par le dit que les épreuves ont varié, pour la soie jaune, de h gr. aoo à 9 gr. 35o , et pour la soie blanche, de à gr. a5o à 8 gr. 900 (pour 5oo mètres).

BR MOYINIIE.

rinkcni. iiamciri.

Soie jaune 3&o grammes. 1 8 p. 1 00.

Soie blanche 364

Des soies aussi mal filées ne trouveraient pas d'emploi dans la fabrique d^étoffes. Elles ne pourraient servir que dans les manufactures de passementerie et de franges; on en ferait aussi usage en trame dans la fabrication de tissus pour le Levant. Le prix serait de i5 à 30 francs le kilogramme ^^K

M. R.-A. Manuel, de Rangoun, a publié, dans le Journal de la Société d'à-grieulture de l'Inde (nouvelle série, t. VII, 1886, p. 991 à 397), une notice du Bombyx arracanensis de Hutton. Il a constaté que le papillon ne dépose pas ses œufs en cercles et que la couleur de la chenille ne passe pas du bleu pâle au blanc rosé, comme le capitaine Hutton Tavait afiirmé. M. Manuel a observé que les vers qui fileront de la soie blanche passent du bleu pâle au blanc perie, et que ceux qui fileront de la soie jaune passent du bleu pâle à f ambre. Il a observé aussi que des chenilles provenant de papillons sortis de cocons jaunes construisent, assez rarement d'ailleurs (dans la proportion de 3 p. 100), des cocons blancs, et réciproquement.

Enfin , il y a, d'après M. Manuel, une troisième variété du Bombyx orraeanentis en Birmanie. Les œu& des deux premières variétés sont d*abord jaune dair, ensuite jaune foncé, enfin gris ardoise violacé et noirs. Les œufs de la troisième variété sont roses et à la fin noirs. Les jeunes chenilles sorties des œufs roses ont un collier blanc en arrière de la tète qui est de couleur sombre. Les autres chenilles n*ont pas de collier, mais sont tachetées de brun»

Le Bombyx arracanensis est polyvoltin. La durée de son existence est de 3a à h3 jours.

Nous ne connaissons pas Tespèce birmane à laquelle on a donné le nom de Bombyx peguensis.

^} Nous avons mis à profit, pour faire connaître le Botnbyx arracanemis et sa soie, le rapport sur la sériciculture dans le district de Promé dc.M. J.-E. Bridges, secrétaire du commissaire en chef de la Birmanie anglaise ( 1 3 mars 1 885 ) , et les essais faits par M. Dusuzeau, directeur du Laboratoire d^étude de la soie, et par M. J. Testenoire, directeur de la Condition des soies de Lyon.

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