‹ L'art de la soie. Les soies (volume 2)Chapitre 140 sur 172 · Tome II, page · texte numérisé non relu

Tome II, page

Nous avons présenté sor la matière colorante de la soie Topinion de Dnseigneur, opinion qui est justifiée dans une certaine mesure par ce fait que la Jibrowe est plus fortement colorée sur les bords qu'au centre. Les observations faites par Duseigneur sont en opposition avec les résultats de recherches récentes de M. L. Blanc, préparateur du cours de physiologie à la Faculté des sciences de Lyon. M. L. Blanc a reconnu que, dans le Bombyx du mûrier à cocon /atifi^^ la matière colorante jaune est dans le sang, que celte matière pénètre par infiltration dans Torgane séricigène et que la matière soyeuse contenue dans cet organe est entièrement imbibée de la matière colorante jaune.

Nous donnons ci-après des extraits de la note de M. L. Blanc, datée du i& août 1886:

(t Beaucoup de races de vers h soie du mûrier donnent une soie colorée en jaune plus ou moins vif et même en vert. Ce principe colorant a été extrait de la soie par Roard; il a été isolé. . . Il est rouge, insoluble dans Teau, solubie dans Talcool , Téther et les huiles . . .

tr C'est dans le sang des vers que se trouve cette substance. Quand on ouvre les vers à cocon jaune, on en voit s'écouler un liquide très fortement citrin qui remplit la cavité générale de Tanimal ^^\ Ce liquide est le suc nourricier, le sang du ver . . .

«rLe sang, lajibrotne contenue dans Tappareil séricigène et la soie du cocon renferment tous les trois une matière colorante jaune soluble dans Talcool . . . Celte substance se conduit de la même façon , quelle que soit sa provenance . . .

(tLa matière colorante jaune passe du sang dans la fibrome sur toute retendue de la paroi du réservoir, et probablement par simple filtration . . • Elle ne forme pas une couche autour de \a fibrome, mais elle Fimbibe. I^s zones périsphériques de la fibrome sont plus vivement colorées que les parties centrales, n

Tome II, page Syi, note 4. Il y a beaucoup d'incertitude relativement à la construction du cocon des

^*) Le sang est incolore dans les vers à soie à cocon blanc.

it. Sa

iupRivrair HiTioxALr.

vers saavages. U parait dëmontrë que le grès est différent de la matière, qudie quelle soit, qui colore, à un moment donne, le cocon des vers sauvages. Nous dirons quelques mots de cette matière. On vient de voir comment est colorée la bave des Bombyx du mûrier à cocon coloré; la coloration du coccmi des vers sauvages n'a pas la même cause.

M. L. Blanc, étudiant YAntherœa Pernyi, a constaté que le sang de cette espèce est incolore, et que \aJibroMe, renfermée dans les glandes séricigènes, est également incolore. Il a observé de plus que le cocon de YAntherœa Pernyi est, pendant la première partie de la construction, blanc ou i peu près blanc. M. L. Blanc a supposé que la coloration du cocon est due à la présence dans la bave d*une oléo-résine qui , s'oxydant au contact de Tair, colore les fibres peu à peu en brun ^'^

Nous devons constater que la coloration du cocon, au cours de sa construction, se produit dans des conditions particulières. Le cocon reste blanc pendant quelque temps; à un certain moment, un jour ou deux jours après que la chenille a commencé k filer, le cocon est soudainement imbibé d'un liquide lancé par la chenille, il est tout mouillé et depuis lors est coloré. D s'agit du cocon de YAntherœa Pemyù

D'après le colonel 6. Coussmaker, dont les observations sur ce point remontent à 1870, les choses se passent de la même façon pour le cocon de YAntherœa mylitta. La chenille file une bave blanche; elle sécrète aussi en construisant son cocon un liquide, que le colonel Coussmaker a appelé cernent, qui contient de l'urate acide d'ammoniaque , qui colore le cocon et qui sert à en rendre les parois imperméables et dures ^'^K

Le colonel Coussmaker a obtenu des cocons tussah (de YAnÛierœa mytitta) tout à fait blancs ^^K M. F. Royet, bibliothécaire de la Chambre de commerce de Lyon , qui a fait à Lyon plusieurs éducations de YAntherœa Pemyt, a voulu conserver aussi avec leur couleur blanche primitive la plus grande partie des cocons qu'il avait récoltés et y a réussi lors de l'éducation au printemps; il n'a eu alors de cocons roux que ceux qu'il a laissés devenir colorés^*).

Une autre action est peut-être en jeu dans quelques cas. VAntherœa mylitta commence la tissure du cocon par une veste ou réseau à larges mailles adhérant au pédoncule. Cette veste et le pédoncule sont généralement d'un brun rougeÀtre foncé; ils sont plus chargés de grhs que les vestes suivantes; et celles-ci le sont plus que les vestes centrales ou dernières. Ce premier réseau ou veste fait corps, par Teffet de l'agglutination, avec les vestes suivantes qu'on voit à travers les mailles et qui sont de couleur beaucoup moins foncée et parfois différente.

(') Note du i&avnli886.

^') Report on Ttuser cuUurs, February ai $t,, 1880.

^^) Lettres du lieutenant-colonel G. Coussmaker des 9, i3 et 18 novembre 1886. (*^ Le liquide sécrété par la chenille, que M. Royet a recueilli, était limpide et incolore.

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