‹ L'art de la soie: Les soiesChapitre 19 sur 77 · EXPORTATION · texte numérisé non relu

EXPORTATION

DBS COOOIIS.

DBS COCORB.

( Commerce sp^al.)

( Commerce ipëdal.)

kilogr.

kUogr.

i,o3d,ooo

i,45i,ooo

Notre estimation du produit de la filature italienne est différente de celle qu'ont faite les jurés pour l'industrie de la soie à l'Exposition nationale de 1881. M. Giuseppe Bonacossa a présenté les chiffres de 3,3oo,ooo à 3,/too,ooo kilogrammes. Ces chiffres ne s'appliquent qu'aux années 1880 et 1881, et, pour ces deux seules années, nous avons admis une production de près de 3 millions de kilogrammes. Le directeur de la Banque des soies de Milan, M. Foumier, a fait un compte du produit des filatures italiennes qui donne, pour l'année 1876, un total de 3,030,000 kilogrammes de soie grège ^^K

(*) Rapport de M. Gaétan Pertiol, consul de France i Milan (BuUelin eotuulairt françaiM, année 1877, p. /i36).

En résumé, dans la condition présente de la sériciculture » la filature donne, suivant les années, de 9,/ioo,ooo à 3, 900,000 kilogrammes de soie, 2,800,000 kilogrammes en moyenne, 3 millions de kilogrammes dans les bonnes années, et ces chiflPres sont peut- être un peu au-dessous de la réalité.

L'art de tordre la soie est presque aussi ancien que l'art de la filer ou, pour mieux dire, de la dévider. Ce sont des Lucquois qu'on trouve occupés les premiers à l'ouvraison de la soie; mais d'autres, en Italie, ont tiré la soie avant eux.

Le premier moulin à tordre la soie [filaUno) paraît avoir été établi à Bologne, en 1973, par un Lucquois, fabricant d'étoffes de soie, du nom de Borghesano ^^^ ; il est probable que Borghesano avait apporté ou fait venir les métiers de Lucques, où l'industrie du tissage de la soie parait avoir pris ses premiers développements en Italie. Bolognino, fils de Borghesano, exerça la même industrie ^^\ et demanda, en i3/ii, aux magistrats de Bologne, qu'il habitait aussi, la permission de construire, dans cette ville, un moulin pour l'ouvraison des soies : « . . . Intendat facere et constituere in civitate Bononie unum moUendinum sive fiUatorium et fuxolum pro mollendino et filntorio a seta^^^. . .;?' ce sont les

(^) Geflare Ganta , Storia univerMh , 1 " édition , yoI. VII , p. 68. — Le rapporteur da Jury de Tindustrie de ia soie à TExposition nationale ilalienne de 1861 , le D' L Fabronî, attribue i Borghesano Tintroduction à Bologne de la filature, et non pas du moulinage de la soie {Rekaioni deigiuraiiy vol. III, p. 6). Au xiv* siècle, le moi JUatorium était synonyme de mokndinum; il désignait Fatelier d^ouvraison, non pas Tatelier de tirage de la soie : peut-être le D' Fabroni n'a-t-il pas tenu compte de ce fait?

<*) «Bolognino eredito dal padre (Borghesano) non solo il mestiero del setaiulo, ma ben anche il segreto del filatoio» (G. Livi, / mercatUi di teta Luccheti m BoUfgna nei iecoli xiii e xi?, 1881, p. 9). — Le mémoire dont nous venons de donner le titre présente une élude approfondie faite par M. Giovanni Uvi, diaprés des documents originaux, des origines de Tindostrie de la soie (ouvraison et tissage) à Bologne, et de la part importante qui revient aux Lucquois dans Tintroduction et Texerdce de cette industrie. — Borghesano, qui devrait occuper une plus grande place dans rhistoire du travail en Italie, avait épousé trGiacoma di Golucdo de^ Migliorati» de Lucques. Les »etmuoH étaient, à Bologne, au commencement du xiv* siècle, des fabricants d^étoffesde soie (G. Livi, p. ao).

^^) G*esl évidemment le même moulin qu'on appelait à Lucques, en i33o et en 1 335 , filacterium adjilandum ierieum.

termes de la pélition présentée par Boiognino le a 3 juin iS&i. Lautorisation fut accordée moyennant le payement d'une taie de 5 livres de Bologne par an ^^K

Le procédé du moulinage fut tenu secret, et le secret fut gardé pendant deux siècles et demi. Il fut divulgué au commencement du xYi' siècle an profit des Modénais^*^). C'est, dit-on, le moulin de Borghesano, dont, en 1719^ un marchand de Londres, John Lombc, prit secrètement le dessin dans une usine du Piémont et qu'il introduisit en Angleterre.

Nous ne pouvons pas entrer dans les détails, quelque intéressants qu'ils soient; nous nous bornerons à dire qu'il existe un ancien traité italien de l'art de la soie fort curieux. Le nom de l'auteur est resté inconnu. Ce traité , que nous avons déjà mentionné plus haut, a été écrit au milieu du xiv* siècle ('); parmi les copies qu'on en connaît, celle qui est à la Bibliothèque Riccardiana, à Florence, a été faite vers iâ53» et celle qui est k la Bibliothèque nationale, à Paris, a été faite vers 1&81 ^^\ L'auteur du traité parle de l'ouvraison de la soie en plusieurs endroits. Le passage suivant est digne de remarque : («E sappi che l'adoppiare si è in due modi : l'uno alla diritta, e l'altro all'argoncina. Alla diritta si fa tutte sete a filare : e ail' argoncina a torcere, e mettesi il rocchetto al contrario l' uno dall' altro ^^K 7> Notre mot organsin est certainement venu d^argoncina. Enfin disons que la copie qui est h la Bibliothèque Riccardiana contient des comptes deJUage et d'ouvraison datés de 1/1 5 3 ^^\

(*) Archives de rÉtat â Bologne, lÀcenza aecordata a Boiognino di Borgkeêono di cottruirê tmJUaloio da $$ta in Bologna.

^*î G. Livi, p. 10.

(^) Ce traité a été publié à Florence, en 1868, par M. Girolamo Gargiolli, qui Ta fait suivre de commentaires: L'arU dêUa teta m Firenze. TrtMato del iecoloiv.,,

W Bibliothèque nationale, Mss., fonds italien, n* 916, Traitati êu VarU di/abbri" eare la $eta,

^^^ Édition de Gai^olli, p. 7.

^*) «Maria Gaterina di G. nostra maeslra (di seta cruda) in via Sangallo À da noi a di 18 di mano iscagne i5 di seta spagnuola per trarre e nettare (a un capo), peso (iibbre) So. Riauto a ûï detto sela filata; filo Jacobo di Matteo, peso libb. 38.9. Riauto a di detto capiloni, peso 1. Riauto a di detto stracci, peso o.3. — Matteo Gherucci nostro adoppiatore ha da noi adoppiare gli infrascritti lavorii ... E a dL 1 8

Ce traité fait mention du dévidage, du purgeage» dix JUage (pris avec le sens de tordage d'un bout), du doublage, du tordage (de deux bouts), tels qu'on les pratiquait alors h Florence; les comptes annexés au texte fournissent des explications suffisantes.

D'après des actes passés en 1 33o et en 1 335 , cités par T. Bini, en même temps que le Jilacterium ad fiUmdum serieum, moulin à tordre, il y avait, à cette époque , k Lucques, un moulin à tordre ou à retordre différent, iarcitorium novum.

Ce sont des Italiens qui ont introduit le mouiinage à Avignon : Girardi, en i&63; Matteo Orsenico, en 1/170.

Les progrès ont été plus grands, en Italie, dans Touvraison que dans la filature. Le fait qui doit être signalé en premier lieu, c'est la réunion du mouiinage à la filature : c'est un moyen de réaliser des économies; on ne l'a pas négligé. Les établissements sont grands, très bien organisés, outillés, ordonnés et surveillés dans le but de diminuer les frais généraux, d'épargner la matière et le temps. On compte maintenant en Italie un assez grand nombre d'usines dont les métiers ont reçu les derniers perfectionnements. L'ouvraison elle-même a été notablement améliorée. Le degré de torsion a été élevé, et l'on a surmonté les difficultés que présentaient des façons mieux réglées. Nous empruntons à notre collègue M. Fuzier cette remarque qu'on ne fait plus aujourd'hui d'ouvraisons andante, qu'on produit seulement des straJUatx et des êtrafila'iimmi.

On a observé dans l'industrie de l'ouvraison la même transformation que dans celle de la filature : diminution du nombre des établissements, augmentation de l'importance de chacun d'eux.

«(Dans la province de Bergame, par exemple, il y avait.

di mano canne 1 ao dl pelo crndo spagnuolo per adoppiare a 9 capi pelo per zetani vellulati al quadcrnuccio di maeslre. . . peso libb. 8. Riauto a di detlo pelo spagnuolo torto peso libb. 7. oncic 11. — Jacopo d^ Andréa e compagoo filatoiai ànno da noi a torcere le infrascriltc setc... E a di delto crudo spagnuolo per torciere pelo per velluli adoppio MaUco Gberucci a libro maeslro p. a. c. . . libbre 10.... Riaulo a di delto pelo torlo, peso... 9.8,n etc. (Edition GargioUi, p. 118, lâo et lai.)

en 187a, 58 moulins contre 106 en 18&8, mais les 58 usines de 1873 ont produit 870,000 kilogrammes d'organsins et de trames, quantité plus que double de celle obtenue en 18&8 ^^\ »

Il est difficile de savoir quelle est l'importance du moulinage. Il y aurait eu, en i865, 3,768,5^5 fuseaux ayant produit i,&85,697 kilogrammes d'organsins et i,s36,o6â kilogrammes de trames (^^ D'après la dernière statistique officielle, le nombre des fuseaux aurait été, en 1876, de q,o83,i68, dont 1,637,961 étaient dans la Lombardie et 357,o38 dans le Piémont. 7/1,9 5 s ouvriers étaient employés aux façons du moulinage ^^\

La production des soies ouvrées est d'environ 3 millions de kilogrammes, le tiers provenant de soies grèges asiatiques.

Les estimations faites par M. Fuzier et par M. Morand sont à peu près semblables.

M. Fuzier a présenté le compte suivant :

Soies filées en Italie 3,ooo,ooo kilogr.

Soies grèges d'Italie consommées en Italie ou

exportées 600,000

Reste a,âoo,ooo

Soies grèges asiatiques importées 800,000

Total 3,90o,ooo ^*^

C'est environ 2,980,000 kilogrammes de soie ouvrée.

(') Umduêtriê de la $oie, s* édition, p. ao. — Nous ne connaissons pas exactement rétat des choses dans la province de Bergaroe en 188 a, mais nous sommes fondé à penser que le nombre des établissements est à peu près le même quMl y a dix ans, et que ces établiwements contiennent environ 380,000 fuseaux.

(*) Le D' Fabroni a estimé la production des soies ouvrées, en 1863, à a,a35,94â kilogrammes.

^') V. Ellena, Notme $tatiitiche êopraalcuneindtutrie, p. 5a et 53.

(*) M. Fuzier est arrivé dans son rapport au même chiffre par un calcul différent (Rêkaione,p. 16).

M. Morand a mis en ligne dans ses calculs des chiffres établis d*après des données différentes.

PÉRIODES TRIENNALES

De 1872 à iSlà De 1875 à 1877 De 1878 à 1880

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