‹ L'art de la verrerieChapitre 17 sur 112 · FIG. 28. AMPOULES DU TRESOR DE MONZA · texte numérisé non relu

FIG. 28. AMPOULES DU TRESOR DE MONZA

provenant de sainte Radegonde (519-587), reine de France ; ces objets sont d'une fabrication peu soignée et d'un médiocre dessin. Il est probable que ces verres ainsi que ceux de Monza sont d'origine antique; la forme appartient certainement à l'antiquité.

Le poisson était un des symboles les plus populaires de la religion nouvelle; les lettres du mot grec poisson 'i^ôuç forment les initiales de la phrase Ivicoûç XpiGTÔç 0soû Yto; StoTTjp, Jésus-Christ Fils de Dieu Sauveur ; de là, sans doute, l'origine du symbole dont l'image se

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rencontre partout, peinte, sculptée, gravée. On a conservé un poisson en verre percé de deux trous pour être porté en amulette. En 1718, un bénitier en verre de la forme d'une coquille fut trouvé fixé à une colonne dans les catacombes de Prétextât.

La découverte dans les catacombes d'un grand nombre de rondelles de verre à feuilles dror historiées a donné lieu à d'intéressantes études. D'ordinaire, ces disques retiennent une feuille d'or entre deux couches de verre ; ils formaient ou bien le fond d'une coupe, ou bien une décoration distincte qui s'appliquait sur les parois d'un vase ou enfin une patène.

Les fonds de coupe montrent, dessinés sur l'or et à la pointe, des sujets et des inscriptions nommées « acclamations »; quelquefois l'image est légèrement modelée par des hachures, colorée, rehaussée d'argent; le verre qui sert de base n'est pas toujours blanc, quelques pièces sont sur verre bleu. Les motifs sont tirés de l'Ancien et du Nouveau Testament, comme le sacrifice d'Abraham, Tobie, la résurrection de Lazare, le bon Pasteur, les apôtres Pierre et Paul, le monogramme du Christ, etc. ; plus rarement, le motif est l'effigie d'un saint ou la représentation soit d'un symbole, soit d'une scène de famille ; les « acclamations » sont l'expression delà douleur, de la joie, d'une espérance, d'un souhait.

Hilaris, vis avec les tiens, sois admis au rafraîchissement dans la paix de Dieu.

Bois, vis.

La mort nous tirant l'oreille : vivez, dit-elle, car j'arrive — vivons donc pendant qu'il nous est donné d'être bien — vivre demain, c'est trop tard, vivons dès aujourd'hui.

Coca, vis pour tes parents.

Cette dernière « acclamation » accompagne une mère qui présente le sein à un enfant.

De Tétude des inscriptions et des motifs on peut conclure que les chrétiens se servaient de coupes en verre dans les agapes funéraires, dans les repas de famille donnés à l'occasion d'un mariage, d'une naissance ou d'un baptême. On explique la présence de ces objets dans les catacombes par ce fait que les fonds, étant plus épais que le corps de la coupe, ont pu résister davantage, et que l'or, matière plus précieuse que le verre, était conservé avec plus de soin. En général, la main qui a tracé ces images a été guidée beaucoup plus par la conviction que par le talent. Cependant quelques dessins sont bien traités et témoignent par leurs dispositions d'un certain goût décoratif. La figure de sainte Agnès que nous reproduisons (fig. 29) est drapée avec ingéniosité et élégance ; l'artiste a voulu montrer sans doute la haute naissance de la vierge par l'ampleur des vêtements, le collier et la large fibule qui retient Y ovarium ; la sainte est placée dans la pose habituelle des orantes entre deux colombes portant la couronne de la chasteté et celle du martyre. Selon saint Ambroise, Agnès ayant refusé d'abjurer la foi chrétienne pour épouser le fils du préfet de Rome, fut conduite dans un lieu de prostitution, y resta pure et eut la tête tranchée. Les apôtres Pierre et Paul ont

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été souvent représentés sur les fonds de coupes, tantôt en pied, tantôt en buste; le médaillon que nous reproduisons les montre dans une attitude qui ne manquepas

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