DU VERRE N
Ces notices biographiques donnent une idée exacte de Part de la verrerie en Allemagne depuis la Renaissance; avant cette époque, les verres se présentent sous des aspects généraux et simples, car ils résultent
du travail du verrier proprement dit; ce sont des verres soufflés ou moulés avec des appendices, boutons, cercles, torsades appliqués à chaud. La matière est commune, verdâtre, la forme résulte de la préoccupation essentielle de rendre l'objet solide et commode à l'usage; on ne trouve nul souci de charmer l'œil par une décoration inutile. Dès le xive siècle, on rencontre un verre à boire qui peut être présenté comme type (fig. 120); c'est un gobelet évasé, garni vers la base d'une suite de boutons en relief. En le rapprochant des verres trouvés en Angleterre, en Allemagne et en France, et qui sont des temps mérovingiens (fig. 55), on constate entre ces pièces certaines analogies qui prouvent que le gobelet du xive siècle est le résultat d'une lente et successive transformation des verres primitifs; malgré les perfectionnements, le type restera longtemps encore le verre préféré en Allemagne et dans les Pays-Bas1. Nous le retrouvons, en effet, avec quelques variantes entre les mains des corporations et des compagnies d'arquebusiers dont les banquets ont fourni tant de sujets de tableaux aux peintres hollandais. Sous l'influence d'Albert Durer (1471-1528), les arts décoratifs prennent un remarquable essor et, grâce au système d'éducation professionnelle adopté par les artistes, tous les arts de la décoration participent au mouvement et en profitent. La verrerie se transforme à vue d'œil, non que l'ancienne et simple fabrication ne se poursuive toujours, mais la verrerie de luxe vient en honneur, grâce aux peintres verriers qui ne dédaignent pas de décorer les verres à boire d'é-