‹ L'art de passer son temps au bord de la merChapitre 15 sur 37 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

LES PLANTES MARINES. — FAÇON DE LES PRÉPARER POUR EN FORMER DES ALBUMS.

C'est à marée basse qu'il faudra aller chercher les algues et les herbes fines et de couleurs si variées; elles sont souvent restées en petits tas avec les varechs, des pierres et des débris de bois. Quand la mer à été forte, on a la chance de faire une meilleure

Delesseria sanguinea.

récolte, et surtout de trouver des espèces rares arrachées à de grandes profondeurs ; un bon moyen encore, cest de s'adresser aux pêcheurs et de leur

demander la permission de visiter attentivement leurs

filets, ce qu'ils ne refuseront certainement pas. Il est inutile de donner les noms de toutes ces plantes marines, car ils sont absolument scientifiques et fort dif-

ficiles à retenir, pourtant les plus jolies espèces sont sans con tredit : le delesseria alala et sanguinea, le polysiphonia brodie, le lomentaria, le phocamium coccineum (assez commun), le gratulopia felecinia et le glorisiphonia capillaris.

Pour préparer ces plantes sur des feuilles de pa-

Polysiphonia brodie.

pier, il ne faut qu'un peu de patience et d'adresse : nous voulons donner un moyen expéditif et très simple pour accomplir cette préparation, de plus le procédé que nous indiquerons ne nécessitera aucun frais. “A Quand la provision de plantes est faite, il est urgent en rentrant à la maison de déposer le tout le plus vite possible dans un vase rempli d'eau douce

pour empêcher les plantes de se dessécher; l’eau douce les débarrassera des parties salines dont elles sont imprégnées. Pour que ce lavage soit complet et efficace, il est utile d’agiter pendant un certain temps le liquide, mais avec de grandes précautions, afin de ne rien casser. Vous disposez sur la table un

Glorisiphonia capillaris.

large plat ou plutôt un grand plateau en fer ou en laque, peu importe, pourvu qu'il soit très propre; sur ce plateau vous placez une feuille de papier de la grandeur voulue, ce papier doit être épais et bien collé ; vous versez sur votre papier une couche . d’eau douce, puis prenant une plante à la fois, au moyen d’une pince brucelle, vous la déposez à la surface de la feuille de papier, en ayant le soin de la poser bien au milieu; ensuite avec une pointe

0 “ : LA x eh RL LUS PAM AU t ; É CAR PEL à V4 PARTY L Ms à.

WTA CAN" à ARE AVE 28 7 0 k M PNR l Y PO ‘ \ ! 2 4 vi PE n RS F ÿ n ds \ "10 , + ..

quelconque, aiguille à tricoter, crochet en fer, ete,

vous étendez les rameaux de la plante dans toutes les directions, en leur donnant une forme gracieuse, et en ayant le soin d’en étaler les moindres brindilles ; quand cette première opération a réussi, vous aspirez l’eau au moyen d'un tube de verre ou d'une petite seringue jusqu'à ce que la plante soit com- plètement à sec, et vous replacez de nouveau, à l'aide de votre pointe, les parties qui auraient pu se déranger; enfin, avec de grandes précautions vous enlevez la feuille de papier et vous la déposez sur un carton et plusieurs feuilles de papier non collé ou de papier buvard ; il faut avoir le soin de recouvrir la plante d’une feuille de toile gommée ou de papier suiflé (pour obtenir ce papier suiffé, il suffit de prendre une feuille de papier collé et de l’enduire de suif; vous la placez entre deux feuilles de papier non collé et vous passez un fer chaud sur le tout); mais, revenons à notre plante : quand elle est couverte de ce papier suiffé, on pose encore dessus quelques feuilles non collées, ensuite un carton, et enfin un poids assez lourd afin de former

presse jusqu'à ce que la plante soit entièrement

sèche. Il est bon d'y jeter un coup d'œil de temps en temps afin de s'assurer si rien n’est dérangé. L'on procédera ainsi pour toutes les plantes de la collection ; il sera facile ensuite de faire relier ces feuilles qui formeront un superbe album. | Nous avons parlé de plantes marines, disons encore quelques mots du varech; on peut le récolter pour en faire des matelas, qui, s'ils n’ont pas la

douceur de la laine, sont fort sains et très agréables l'été. Il suffit de ramasser cette plante à marée basse : et de la faire sécher au soleil.

Il existe dans les rochers du bord de la mer une herbe qu'il ne nous est pas permis de passer sous silence ; c’est la perce-pierre: cette ombellifère a une forte odeur de carotte, on la récolte avant qu'elle soit en fleurs et on la confit dans le vinaigre à la

manière des cornichons. La perce-pierre ne pousse,

pas dans les rochers submergés par la mer, mais dans ceux qui sont toujours à sec, sur les falaises de lerre ou de granit.

Dans les dunes de sable c’est le chardon marin qui s’y trouve; comme on le pense il n’est pas queslion de le manger, mais il se fait sécher et forme de très jolis bouquets en hiver; ses fleurs qui ont l'aspect de boules violettes sont d'un joli effet. On en trouve des quantités considérables sur les plages hollandaises, belges et sur celles du nord de la France.

Page 1