‹ L'art de peindre les fleurs a l'aquarelleChapitre 3 sur 76 · D ON AE · texte numérisé non relu

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Les plantes sont formées en général de Races, de Tices, de Fruuxes, de Freurs, et de Frurrs.

Nous ne dirons rien ici des Racines ni des Tiges; les modifications qu’elles présentent se distinguent facilement au premier aspect, et les mots par lesquels on les désigne ne sont ignorés de personne .

Les Fruuxes, dont plusieurs caractères sont exprimés en des termes moins connus, vont pour cette raison nous occuper un moment. Quelquefois elles sont fixées à la tige immédiatement, sans aucune espèce d’intermédiaire; elles sont sessiles, comme disent les botanistes : la tulipe odorante a les feuilles sessiles, c’est-à-dire attachées immédiatement à la tige. ( Planche I, figure 1°.) D’autrefois, au contraire, les feuilles sont unies à la tige au moyen d’un support partuculier appelé péliole; les feuilles qui en sont pourvues sont

‘ Les racines bulbeuses pourraient seules offrix quelques difficultés : fous en traiterons en décrivant la Jacinthe d'Orient.

dites pétiolées : la pervenchenous offre un exemple de feuilles pétiolées , ou supportées par un pétiole. ( Planche If, fig. 1°.) Tantôt les feuilles sont alternes, ou, si l’on aime mieux, disposées seule à seule sur la tige; tantôt elles sont opposées, ou situées deux à deux vis-à-vis l’une de l’autre: la tulipe odorante a les feuilles alternes; la pervenche, les feuilles opposées. Une feuille est simple quand elle n’est formée que d'une seule pièce; composée, quand elle paraît résulter de l’assemblage de plusieurs petites feuilles ( folioles) qui peuvent, comme les feuilles proprement dites, être pétiolées ou sessiles, alternes ou opposées : les feuilles de la plupart des rosiers sont composées de folioles opposées et presque sessiles. { PI. T, fig. 5.) Enfin les feuilles d’un grand nombre de végétaux sont accompagnées d’autres petites feuilles auxquelles on a donné le nom de stipules: elles sont assez apparentes dans les feuilles du rosier. ( PI. I,

ne fig. 5, a a.)

Les Freurs demandent beaucoup plus d'attention que les feuilles : leur construction toute particulière présente des variétés infinies; mais elle est assujettie à des lois constantes et peu nombreuses, dont la connaissance vient au secours de la gmémoire et aplanit d’une manière merveilleuse des difficultés qui sans cela seraient presque insurmontables.

Parmi les organes qui composent les fleurs, les uns, essenüels, sont placés dans leur intérieur ; les autres, accessoires, situés autour des premiers, leur servent pour ainsi dire d’enveloppe. Cette partie enveloppante est parfois unique, comme dans la tulipe, la jonquille (pl. I, fig. 6); on la nomme alors le

calice‘: parfois aussi il y a deux enveloppes florales placées l'une au dedans de l’autre, comme dans la primevère (pl. IF, fig. 2) et la giroflée (pl. IT, fig.6); dans ce cas, la plus extérieure a conserve le nom de calice, l’autre b prend celui de corolle. Le plus ordinairement le calice ressemble aux feuilles par sa couleur; quelquefois aussi il offre une nuance tout-àfait différente, il est blanc ou diversement coloré; c’est là ce qu’on entend par calice corolliforme ou pétaloide. Quoi qu'il en soit, il peut être d’üne seule pièce (calice monophylle), comme celui de la jonquille (p. I, fig. 6) ou de la primevère (pl. IT, fig. 2, a); il peut être formé de plusieurs folioles (calice poly phylle), comme celui dela tulipe ou de la giroflée (pl. IE, fig. 6, a). Il existe un certain nombre de plantes dont le calice ne se rencontre que sur les boutons, et jamais sur les fleurs épanouies; il se détache et tombe dès que la fleur commence à s'ouvrir : le pavot, dont nous ferons plus tard la description, nous fournira un exemple de calice caduc, c’est-à-dire offrant cette particularité.

La corolle, cette autre enveloppe des organes floraux, est appelée corolle monopétale quand elle est d’une seule pièce (pl IT, fig. 3); on y remarque alors trois parties distinctes : 1° le tube (pl. IT, fig. 3, a), dont le nom indique de reste la configuration; 2° le lmbe b, plus évasé que le tube, et fréquemment partagé en plusieurs divisions; 3° la gorge c, qui n'est autre chose que l'entrée du tube, souvent un peu élargie. Lorsque la corolle est de plusieurs pièces, elle est

‘ Telle est la dénomination adoptée par la plupart des botanistes modernes, qui, en cela, ont suivi l'illustre auteur des Familles naturelles.

dite polypétale; elle offre cette disposition dans la giroflée jaune (pl. Il, fig. 6 et 7 ) : chacune des pièces d’une corolle polypétale se nomme pétale, et se compose d’une lame ( pl. IT, fig. 8, a ) fixée au reste de la fleur par un rétrécissement b désigné par le terme d’onglet.”

Aux enveloppes florales est annexée quelquefois une partie variable à l'infini par sa forme, sa couleur, sa situation, et dont il est impossible, pour cette raison, de donner une définition précise ; on l'appelle nectaire, parce qu’elle renferme souvent un liquide comparé au nectar par les poètes anciens : dans la jonquille, il y a un nectaire corolliforme, surajouté au calice, ayant la figure d’un godet, mais ne contenant point de nectar (pl. I, fig. 6, a). Nous aurons plus d’une fois occasion de revenir sur cette partie, qui, par la singularité de sa structure, mérite également l'attention du botaniste et du dessinateur.

Nous arrivons aux organes intérieurs, au pistil et aux étamines. Le pistil est ce corps placé au centre même de la fleur dans la tulipe (pl. I, fig. 2, a), les étamines b b sont rangées autour de lui; elles sont composées chacune d’un Jilet( pl. I, fig. 5, a) supportant une anthère b, espèce de petite vésicule ordinairement double, et renfermant une poussière appelée pollen. Souvent il n’y a point de filet, et les anthères seules existent: c’est ce qu’on observe dans la primevère dont les anthères sessiles, ou sans filet, sont attachées à la corolle ( pl. IF, fig. 5, a); cette dernière disposition lui est commune avec la plupart des plantes à corolle monopétale; il n’y a que fort peu d’exceptions. Par la culture, les

étamines peuvent se transformer en pétales; de là les fleurs doubles.

Dans le pistil, on distingue, 1° l'ovaire, qui le termine inférieurement (pl. I, fig. 4, a); 2° le stigmate b, qui en forme la partie la plus élevée; 3° le style c, placé entre les deux : un grand nombre de pistils sont dépourvus de styles, et le stigmate repose immédiatement sur l'ovaire, il est sessile, comme dans la tulipe (pl. I, fig. 2, a). L'ovaire existe toujours, mais souvent on ne le trouve point dans la fleur, il paraît placé audessous; on dit alors qu'il est infère, ou inférieur au point d’où semble naître le calice, dont le tube, dans ce cas, lui est toujours uni d’une manière intime (pl.T, fig. 6, b); panopposition, on appelle ovaire supère celui qui est libre d’adhérence, parce qu'il s'élève ordinairement au-dessus du point d'attache des autres organes ( pl. I, fig. 2). Quelle que soit, au reste, sa situation, c’est lui qui en se développant forme le fruit; il renferme dans une ou plusieurs cavités ( loges), un certain nombre de petits corps (ovules), qui ne sont autre chose que le rudiment des graines (pl. L, fig. 4 ).

Rarement les fleurs tiennent immédiatement à la tige; le plus ordinairement c’est à l’aide d’une ramification ou d’un prolongement qu'on nomme pédoncule, et dont l'extrémité supérieure évasée, supportant les différentes parties constitutives de la fleur, a reçu le nom de réceptacle (pl. I, fig. 2, c).

Une feuille d’une nature particulière accompagne souvent le pédoncule; on l'appelle bractée : dans les narcisses et les genres voisins, on la désigne encore par le mot spathe,

lorsqu'elle enveloppe les fleurs avant leur épanouissement.

(PI Lg oc)

Tels sont les objets que nous présentent les végétaux étudiés dans leur structure intime ‘: voyons sommairement ce qu'ils peuvent nous offrir d’intéressant, considérés dans les rapports qu’ils ont les uns avec les autres.

La réunion de tous les individus que l’on peut supposer produits par les graines d’une seule et même plante forme ce qu'on appelle une espèce * ; lorsque plusieurs espèces distinctes présentent un certain nombre de caractères communs; on rassemble ces espèces par la pensée, et l’on donne à cette collection artificielle la dénomination de genre : c’est là-dessus qu'est basée la nomenclature de toutes les plantes connues. En effet, elles ont chacune deux noms * : un nom de genre, appartenant en commun à toutes les espèces du même genre; un nom d'espèce, ajouté au premier pour désigner chaque espèce en particulier : ainsi, dans narcisse jonquille, narcisse est le nom de genre, il s'applique également à toutes les espèces du genre narcisse; jonquille est le nom d’espèce, il ne convient qu'à une seule espèce, à la jonquille : dans tulipe odorante, le genre est exprimé par le mot tulipe; l’espèce, par le mot odorante.

* Nous nous occuperons plus tard de l’organisation des fruits : les exemples que nous aurons alors sous les yeux nous en faciliteront l'étude.

* Si ces individus offrent entre eux quelques différences, cela constitue seulement des Variétés.

* Nous ne parlons pas ici des noms vulgaires; nous les joindrons cependant à ceux adoptés par les botanistes , toutes les fois que cela paraîtra nécessaire.

L'ensemble des genres qui ont entre eux quelque analogie forme une famille : le genre lis, le genre tulipe, le genre Jacinthe, etc., sont tous de la même famille, appelée famille des Luiacées (lilia, les lis); le genre rosier, le genre amandier, le genre fraisier, etc., de la famille des Rosacées.

Là se borne ce qu'il était indispensable de savoir sur l’organisation et la nomenclature des plantes. Nous allons terminer ces notions préliminaites par quelques considérations pénérales sur la manière de les peindre.

L'aquarelle, qui surpasse de beaucoup les autres genres en uansparence et en légèretég est maintenant presque seule en possession de représenter les fleurs. Elle a pour champ une espèce de peau préparée, appelée vélin, disposée à cet effet sur un carton épais. Le choix n’en est pas indifférent : on à bien de la peine à tirer parti d'un ouvrage entrepris Sur un vélin de mauvaise qualité; celui qui vient de Strasbourg est le plus estimé. À défaut de vélin, on se sert de papier vélin tendu sur un carton où sur le strator.

Les objets nécessaires pour l’aquarelle sont deux pinceaux de martre‘, trois ou quatre palettes d'ivoire, quelques godets de porcelaine, et les couleurs suivantes : le carmin, que l’on prépare.soi-mème en versant dans un flacon de la capacité d’une once et bouché à l’émeri, sur un gros de

‘ Les meilleurs se fabriquent chez M. Chérion, quai de Horloge, n° 61, à Paris.

carmin de cochenille*, deux gros d’alcali volatil (ammoniaque), et après quarante-huit heures d’infusion » assez d’eau pour remplir la bouteille; l’outremer de M Antheaume ? ; le bleu de Prusse’, l'indigo, le jaune indien, en tablettes; la 6ornme-gulle en morceaux naturels; le safran en godet‘, le bistre en tablettes ; le vert de vessie en morceaux; la sepia de Rome en tablettes; l'encre de Chine, et le blanc léger tel qu'on le débite pour la miniature.

Pour plus de facilité, on cherche son trait sur un papier à part, et ce n’est qu'après l’avoir bien arrêté dans tous ses détails qu’on le transporte sur le vélin : pour cela on frotte le revers du papier avec un crayon tendre de mine de plomb ( Gonté N° 1 ), on l’applique sur le vélin, et l’on repasse l’esquisse avec une pointe mousse ; un crayon plus dur ( Brookman H ou Conté N° 5 ) sért à retoucher le trait qui doit être léger et bien net. |

Il y a des personnes qui, au lieu de saucer le revers du dessin, interposent entre lui et le vélin un papier estompé de mine de plomb, et décalquent ensuite avec une pointe. Cette méthode est vicieuse : le vélin est toujours plus ou

© Nous le prenons chez M. Supersac, successeur de Gohin, rue Neuve-Saint-Jean, n° 3, faubourg Saint-Martin. Ce fabricant en fait un.très grand commerce avec les Anglais, qui, dit-on, le revendent ensuite comme un produit de leur industrie.

* Chez Me Ve Blesse, sa fille, rue Saint-Jacques , n° 5. * Chez Huber, quai de PHorloge, n° 7r. * Chez Giroux, rue du Coq-Saint-Honoré.

* M. Lazard, vieille rue du Temple, n° 11, à Paris, fabrique des crayous qui peuvent remplacer les Brookman; il faut choisir ceux qui portent la lettre D.

NOTIONS PRÉLIMINAIRES. 14 moins sali par le papier miné; et la gomme élastique, dont on est obligé de se servir alors, le fatigue et le rend moins apte à recevoir la couleur. On devra donc préférer le procédé que nous avons indiqué.

On passe à la préparation des teintes dont on a besoin/pour le travail de l’ébauche : on les compose avec les couleurs cidessus mentionnées, excepté le blanc usité seulement pour le rehaut des clairs; on les délaïe avec de l’eau pure; elles doivent être extrêmement détrempées; il est souvent utile de les broyersur la palette avec le doigt. Lorsque, par un mélange bien entendu, on a obtenu la teinte locale particulière à l'objet que l’on veut représenter, on en fait, par quelques additions que nous aurons soin d'indiquer, les trois tons principaux employés pour les ombres, les demi-teintes et les clairs.

Une très grande célérité d'exécution étant indispensable pour peindre les fleurs, qui pour la plupart ne conservent leur éclat qu’un instant, on ébauche à l'effet, c’est-à-dire que l’on mène de front le modelé et la couleur: cette manière d'opérer est la plus expéditive. On commence par les parties les plus ombrées de chaque objet, et l’on continue en dégradant vers celles qui le sont moins ; on ménage pour les endroits éclairés le champ sur lequel on peint, et dont le blanc réservé avec habileté offre de grands avantages pour les lumières.

Avec un très petit pinceau, on enlève abondamment la superficie de la teinte préparée sur la palette ou dans le godet; on l’essaie sur le garde-main pour s'assurer si elle est bien du ton de l’objet qu’elle est destinée à imiter ; on la couche larges

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ment, et toutefois avec légèreté, én la faisant descendre devant soi, et; lorsque la dimension dé l’espace à couvrir le pérmet, par une éspèce de mouvemeñt de zig-zag; on retourne le vélin toutes les fois que, par la situation dé la partie qu'on lave, la couleur l’abandonne, entrainée par son propre poids : chaque teinte. est adoucie sur ses bords, avant d’être sèche, avée le pinceau trempé dans l’eau, dont un verre a été placé sur la table, à côté des palettes. ñ

Lorqü'on peint une fleur complèté, c’est-a-dire pourvue de deux enveloppes florales, on ébauche successivement les co: rolles, les calices, les rl les pédoncules, les pétioles, et les tiges. Si la calé est monopét tale, et présente des divi: sions ou des plis, on couche séparément les divisions ou les portions comprises entre les plis la corolle est-elle tubuleuse, on commence par le limbe, et l’on ne fait le tube que quand lé limbe est bien sec; lorsque la corollé est polypétale, on lave lun après l’autre les pétales qui se touchent ou qui se recoüvrent en parue, et l’on évite ainsi toute espèce de confusion : quelle que soit au reste la forme de la corollé, on la

prépare de la circonférence vers le centre, du bord libre vers

le point d'attache. Cette méthode est encore celle que l’on suit pour les calices: Les feuilles, ou les folioles des feuilles composées, peuvent être partagées longitudinalément par une côte saillante, parcourues en différents sens par des nervures simples ou di , pliées en deux, placées les unes sur les autres, etc. , toutes circonstances qui modifient le travail : on ébauche à plusieurs reprises les feuilles que divisent des côtes où des nervures ; on ménage le vélin pour celle-ci, lorsqu'elles sont plus pâles que le reste, comme dans toutés les feuilles

vues par le dos; on fait en deux fois, en commençant par le côté foncé, les feuilles ou les folioles pliées en deux; on suit un procédé analogue pour toutes celles qui se croisent, et en général pour tous les organes qui se détachent les uns sur les autres : on couche ordinairement de haut en bas, de leur sommet vers leur base, les feuilles dont la longueur excède de beaucoup la largeur ; mais lorsqu'elles sont à peu près aussi larges que longues, on les couvre en conduisant le pinceau de leur point d'attache vers leur bord libre , de leur pétiole vers leur périphérie. Pour les pédoncules et les pétioles, on opère de haut en bas, en allant des organes qu'ils portent à l’endroit d’où ils semblent naitre; pour les tiges enfin, on suit une marche inverse à celle de la végétation, c'est-à-dire que l’on commence par les derniers rameaux ; et que l’on finit par les parties qui avoisinent la racine.

Il faut tâcher d'obtenir dans ce premier travail une grande vérité de ton; quant à l'intensité du coloris, il vaut mieux qu’elle soit trop faible que trop vigoureuse : dans le premier cas, en effet, on peut encore ébaucher de nouveau lorsque tout est bien sec, ( car on ne doit jamais appliquer une teinte sur une teinte fraîche); au lieu que, dans le second cas, on n’a d’autre ressource que d'enlever son ébauche avec une éponge et de l’eau , ce qui ne réussit qu'imparfaitement sur le vélin , et point du tout sur le papier.

L'ouvrage étant préparé d’une manière convenable, on le reprend pour le finir. Les teintes usitées dans ce second travail, les mêmes au fond, sont modifiées à l'infini suivant une

multitude de circonstances que nous ferons connaitre plus

tard ; elles sont toujours moins détrempées que celles de lébauche. On les couche avec un pinceau un peu fort, ce qui, tout en rendant l’exécution plus rapide, point capital quand on peint d’après nature, produit un effet moelleux difficile à obtenir avec un petit pinceau.

Que l’on emploie les hachures ou le pointillé, les touches doivent être larges et toujours liées par leurs bords voisins, de manière à représenter une surface bien égale. Le faire haché est beaucoup plus expéditif que le pointillé; on en fait usage dans presque toutes les parties ombrées, et dans celles qui, ainsi que les feuilles et les tiges, sont d’une certaine étendue : le pointillé est d’un grand secours pour les raccords et pour les petits organes. Le mouvement des hachures varie suivant ce qu'on imite ; on suit en général pour cela la direction des fibres végétales lorsqu'on peut l’apercevoir. On change la situation du vélin toutes les fois que cela procure quelque facilité de plus : pour les tiges, il est convenable de le retourner tout-à-fait, et de conduire les touches de la base au sommet, de la tige principale vers ses ramifications.

On revient nombre de fois sur les mêmes objets, en superposant successivement des teintes de plus en plus légères, jusqu'à ce qu'on ait obtenu l'effet desiré. On termine par les coups de force dans les ombres, et par les rehauts des clairs, qui donnent le brillant aux points les plus lumineux ; ces derniers exigent une très-grande précision, une extrême délicatesse de pinceau : le blane léger qu’on leur destine, sujet à noircir, doit pour cette raison être ménagé avec soin.

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Il y aurait encore ici bien des préceptes à ajouter; mais, comme ils ne sauraient convenir à tous les cas, nous avons cru devoir les bannir de ces généralités, et les renvoyer , avec tous les développements nécessaires , à chacun des objets auxquels ils sont spécialement applicables.

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PRIMEVÈRE DE CHINE. PRIMULA SINE NSIS.

FAMILLE DES PRIMULACÉES.

Les racines de cette plante sont fibreuses et vivaces: : ses feuilles radicales’, longuement pétiolées, découpées en neuf ou onze lobes dentés, offrent, à leur face inférieure, une côte saillante qui fait suite au pétiole, et d’où partent latéralement des nervures ramifiées; à leur face supérieure, des-lignes enfoncées correspondant à cette côte, aux nervures et à toutes leurs ramifications. Du milieu de ces feuilles s'élèvent des hampes* rougeâtres, cylindriques, élargies en haut, et couronnées chacune par un joli bouquet de fleurs étagées. Celles-ci légèrement penchées, portées sur de longs pédoncules munis de bractées à leur naissance , présentent un calice monophylle , renflé, conique, à cinq dents; une corolle monopétale dont le tube est plus long que le calice, et le limbe étalé, partagé en cinq divisions profondes, en

* On appelle racines vivaces celles qui durent plus de deux ans; bisannuelles, celles qui périssent la seconde année; annuelles, celles qui ne vivent qu’un an.

* Qui naissent ou semblent naître de la racine.

* Tiges non ramifiées et ne portant point de feuilles.

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cœur, et quelquefois dentelées; cinq étamines attachées au tube de la corolle; un pistil composé, 1° d’un ovaire cylindrique , court, à une seule loge renfermant plusieurs ovules (pl. I, fig. 4, a); 2° d’un style filiforme D, moins long que le tube de la corolle; 3° d’un stigmate globuleux c, déprimé supérieurement. Le fruit est enveloppé par le calice, qui persiste après que la corolle est tombée; il est sec, vésiculeux, arrondi, s’ouvre par son sommet, et contient des graines nombreuses attachées à un placenta: central. Presque toutes les parties de cette plante sont couvertes de poils : les pétioles, les hampes et les pédoncules en sont tout hérissés.

La primevère de Chine a les fleurs roses ou blanches avec une tache verdâtre à la base de chaque division de la corolle. M: Noisette, qui l’a introduite en France il y a quelques années, en a obtenu tout récemment une variété à fleurs violettes.

La famille des Primulacées pré$ente la réunion des caractères suivants : un calice monophylle, une corolle monopétale à plusieurs divisions, des étamines en nombre égal aux divisions de la corolle au bas desquelles elles sont attachées, un ovaire libre à une seule loge, plusieurs ovules portés sur un placenta central.

Il est nécessaire, quand on veut peindre la primevère de

Chine; d'indiquer par un trait de crayon lestaches des fleurs, et toutes les lignes dont nous ayons parlé à l’occasion desfeuilles.

© C'est le nom qu’on donne au support commun de plusieurs graines ou dé plusieurs ovules.

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