‹ L'art de peindre les fleurs a l'aquarelleChapitre 6 sur 76 · PL · texte numérisé non relu

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transporter séance tenante sur le vélin, et ébaucher les fleurs sans désemparer : bien entendu qu’on aura indiqué au trait, les anthères, les dents du calice, les bractées, les boutons de feuilles, et les principales nervures des folioles.

La gomme-gutte fait la base de la teinte locale des fleurs : on ajoute un peu de sépia et du vert des pédoncules pour les parties ombrées. On ébauche le limbe des corolles épanouies dans le sens de chaque division, et toujours à plein pinceau; on évite ainsi ces taches qu’on appelle coups de pinceau, et qu'il est si difficile de faire disparaître au fini : pour les tubes et les boutons, on couche les ombres avant les demi-teintes, et l’on fait en sorte de les bien fondre ensemble. Cela fait, on devrait passer à la préparation des feuilles; cependant si, peignant d’après nature, on avait sous les yeux des fleurs parfaitement semblables à celles qui ont servi de premier modèle, il serait convenable d’intervertir l’ordre que l’on suit ordinairement, et de finir les fleurs avant d’ébaucher les autres parties.

On reprendrait donc les corolles par des touches extrèmement légères, dirigées encore dans le sens des divisions des limbes, dont on figurerait les plicatures avec un peu de vert et de gomme-gutte; pour le dessous des limbes, les tubes et

les boutons, on mêlerait un peu de safran ‘ à la teinte de l’ébauche.

* On obtient cette couleur en faisant bouillir, pendant vingt minutes environ, un demi-gros de safran dans un demi-verre d’eau;.on passe avec expression à travers-un linge fin, on fait évaporer jusqu’à consistance de sirop, et l’on coule dans un godet.

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+ C'est par la combinaison de la gomme-gutte, du jaune indien, et de la sépia avec le bleu de Prusse, que l’on fait la teinte destinée à ébaucher et à finir toutes les parties vertes du jasmin triomphant. On couche chaque moitié de foliole séparément; on commence par les endroits les plus éclairés : la couleur en descendant sur le plan incliné du vélin s’amasse là où sont les ombres qui, par ce procédé, se trouvent faites sans peine. On finit avec les mêmes couleurs, et toujours dans le sens des nervures ; on emploie un peu d’indigo dans les parties les plus sombres: Les tiges (rameaux, pétioles , pédoncules, etc.) se préparent de haut en bas, et se finissent dans le sens inverse. Les bractées, les calices et les boutons de feuilles ne demandent point un travail particulier. ,

On termine en donnant un peu de brillant aux clairs des feuilles, par des rehauts très faibles de blanc léger placés avec ménagement.

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