CHAPITRE VI
Des signes des effets prochains des pets.
On en compte de trois sortes ; les apodictiques, les nécessaires, et les probables.
Les signes apodictiques sont ceux dont la cause étant présente, annonce que l'effet ne tardera pas à se manifester. Ainsi un homme qui aura mangé des pois et d'autres légumes, des raisins, des figues nouvelles, qui aura bu du vin doux, caressé sa femme ou sa maîtresse, peut s'attendre à un signe prochain d'explosion.
Les nécessaires sont ceux où il résulte un second effet du premier, comme le tintamarre, la mauvaise odeur, etc.
Enfin, les probables sont ceux qui ne se rencontrent pas toujours, et n'accompagnent point ordinairement toutes les espèces de pets, comme la contraction, le bruit ou l'aboyement du ventre, la toux, et les petites ruses de chaises, d'éternuement, ou de trépignement de pieds, pour n'être pas reconnu péteur.
Il est bon de prévenir les jeunes gens et les vieillards de s'accoutumer à ne point rougir lors-
qu'ils péteront, mais d'en rire les premiers, pour égayer la conversation.
On n'a point encore décidé si de péter en urinant est un effet malin ou bénin : pour moi, je le crois bénin, et me fonde sur l'axiome, qui me paroît assez vrai, qui dit que :
Mingere cum bombis res est gratissima lumbis.
En effet, pisser sans péter, c'est aller à Dieppe sans voir la mer.
Cependant il est ordinaire de pisser avant que de péter, parce que les vents aident à la première opération en comprimant la vessie, et ils se manifestent ensuite-