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VOIE HYPODERMIQUE

C’est à Wood (d’Edimbourg) qu’est attribuée l’invention de la voie hypodermique. Pravaz (de Lyon) avait imaginé la seringue qui porte son nom en vue *de pratiquer dans les poches anévrysmatiques des injections coagulantes. Wood, ainsi, put s’en servir. Mais n’y a-t-il pas lieu de penser que non seulement la seringue de Pravaz permit l’application de la méthode de Wood, mais qu’encore elle en suggéra l’idée?

Quoi qu’il en soit, étudions les avantages, puis les désavantages et les inconvénients de l’emploi de la voie hypodermique, ses indications, les formes pharmaceutiques sous lesquelles les médicaments peuvent être administrés par elle et enfin la façon de les prescrire.

AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS DE LA VOIE HYPODERMIQUE. — Les avantages de la voie hypodermique se ramènent à deux principaux : tout d’abord, et c’est là son avantage essentiel, les médicaments administrés par elle agissent vite et fort, je veux dire qu’ils agissent plus vite et plus fort que lorsqu’ils sont ingérés purement et simplement.

Et puis, l’emploi de la voie hypodermique réserve le tube digestif, et tout spécialement l’estomac.

Les désavantages et les inconvénients à l’emploi de cette voie se résument, d’autre part, en trois principaux.

En premier lieu, elle est moins pratique que la voie digestive ordinaire : elle réclame en effet l’emploi d’un instrument et aussi, ce qui est plus important, l’emploi ou la présence du médecin, ou d’un aide expérimenté.

En deuxième lieu, elle n’est pas praticable à tous les médicaments; elle n’est pas praticable même à la majorité d’entre eux. Certes, elle est beaucoup plus ouverte que la voie cutanée; mais il s’en faut qu’elle soit aussi largement ouverte

que la voie digestive ordinaire, et on peut bien dire que c’est là son défaut principal.

Enfin, en troisième lieu, l’emploi de la voie hypodermique n’est pas sans présenter quelques dangers, sur lesquels j’aurai l’occasion d’insister tout à l’heure.

Les indications à l’emploi de cette voie découlent et de ce que je viens de vous exposer et de ce que je vous ai exposé précédemment touchant les avantages et les inconvénients de la voie digestive (1).

Elle est, par excellence, indiquée, lorsque, parle fait du cas pathologique visé, il y a lieu d’agir vite et fort. C’est là l’indication essentielle de son emploi. Vous obtiendrez des résultats thérapeutiques plus prompts et plus énergiques en introduisant les médicaments sous la peau qu’en les administrant par la voie buccale.

La voie hypodermique est encore indiquée, lorsqu’il y a lieu de ménager le tube digestif, que le médicament à employer soit offensif pour lui, qu’il soit mal toléré, ou encore qu’existe une gastropathie antécédente.

Elle est indiquée en outre pour certaines substances injectables, lorsque celles-ci, dans le tube digestif, perdent complètement leurs propriétés (sérums thérapeutiques, par exemple) ou subissent des altérations qui en accroissent la toxicité (cacodylate de soude, arsénobenzols, etc.).

Enfin, indication d’un ordre tout spécial, cette voie peut aussi être utilisée, lorsque dans certains cas d’empoisonnement l'intéressé se refuse à prendre un vomitif. Injectée sous la peau, en effet, Yapomorphine fera vomir le malade malgré lui.

FORMES PHARMACEUTIQUES DES MÉDICA- MENTS. — Leur prescription. — Quelques médicaments en nature , liquides, comme l’ éther sulfurique, gazeux, comme Y oxygène, peuvent être introduits dans l’organisme par l’hypoderme. Par cette même voie s’administrent d’ordinaire les sérums thérapeutiques. Toutefois en règle générale, pour être injectés dans le tissu cellulaire sous-cutané, les médicaments ont besoin d’être au préalable dissous, c’est-à-dire amenés par le pharmacien à l’état de solutés.

(1) Voir p. 70.

PRESCRIPTION DES SOLUTÉS.

Envisageons la façon de prescrire cette dernière forme pharmaceutique.

Naguère une telle prescription ressortissait par excellence à la provenance magistrale. Mais, d’une part, le Codex s’est approprié certaines des formules magistrales les plus usitées en matière de thérapeutique hypodermique; d’autre part, la spécialité, dans son développement prodigieux, a fourni aux officines pharmaceutiques la plupart des solutés que réclament les praticiens dans l’exercice de leur profession, si bien qu’il y a là des conditions nouvelles desquelles il convient de tenir compte, eu égard au point qui nous occupe.

La prescription d’un soluté pour injections hypodermiques ne comporte généralement pas d’instruction à l’adresse du malade et relative à l’emploi du médicament, la pratique de ces injections réclamant la main même du médecin. Il s’ensuit qu’elle peut, sur l’ordonnance, se réduire à deux parties, l’inscription et la souscription, s’il s’agit de prescription magistrale, et qu'elle peut même se réduire à une inscription sommaire, s’il s’agit d’un soluté spécialisé ou adopté par le Codex .

Cependant, au cas où les injections seraient effectuées non par le médecin traitant, mais par un aide médical, une instruction pourrait avoir dans la prescription sa raison d’être.

Envisageons donc successivement les trois parties possibles de la prescription.

Inscription. — S’il s’agit d’une spécialité , l’inscription se réduira à la désignation sommaire du médicament.

Il en sera de même s’il s’agit d’un soluté figurant au Codex , officinal ou non. Aussi est-il nécessaire que vous sachiez à quelles formules de solutés pour injections hypodermiques le Codex donne l’hospitalité.

Laissez-moi vous rappeler ici les principales d’entre elles, c’est-à-dire celles que vous aurez le plus souvent l’occasion d’utiliser (1).

(1) Parmi ces formules, je n’ai pas fait figurer celle de T huile camphrée. C’est que, si l’huile camphrée officinale est à un dixième, c’est-à-dire titrée à 0ër,10 de camphre pour un centimètre cube d’huile, et par suite, parfaitement appropriée par sa composition aux injections hypodermiques, elle n’est pas destinée à celles-ci, et de ce fait non stérilisée.

Si on voulait l’employer, il subirait, en souscription, après une inscription sommaire, d’indiquer au pharmacien la nécessité de sa stérilisation.

SOLUTÉS DE CAFÉINE (C .)

pour injections hypodermiques.

Caféine. deux grammes cinquante. 2,50

Benzoate de sodium. trois grammes cinquante. 3,50

Eau distillée bouillie et refroidie. Q. S. pour obtenir

10 centimètres cubes de soluté.

Ce soluté est titré à 25 centigrammes de caféine pour 1 centimètre cube.

Caféine. quatre grammes. 4

Salicylate de sodium. trois grammes. 3

Eau distillée, bouillie et refroidie. Q. S. pour obtenir

10 centimètres cubes de soluté.

Ce soluté est titré à 40 centigrammes de caféine pour 1 centimètre cube, c’est-à-dire pour une seringue de Pravaz.

Comme vous le voyez, le Codex donne deux formules différentes de solutés de caféine, le n° 1 faible, le n° 2 fort. Lors donc que vous prescrirez une solution officinale de caféine, vous devrez spécifier s'il s'agit de l’un ou de l’autre numéro.

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