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XII. — Des compresses

La compresse est une pièce de linge de dimension variable. Tous les tissus peuvent être employés à titre de compresses. Ceux que l’on préfère sont les toiles de chanvre ou de lin à demi usées ; on peut également se servir de compresses de coton, et nous avons encore plus de raisons de repousser le préjugé qui les frappe que lorsque nous n’avions à parler que de la charpie, qui est toujours en contact immédiat avec les plaies. Souvent même les tissus de colon sont préférables à ceux du chanvre ou du lin, à cause de leur plus grande souplesse et de leur ténuité qui les rend plus facilement applicables.

Compresse carrée.

Une compresse, n’étant qu’un lambeau de linge, peut affecter toutes les formes, même celles qui n’ont rien de géométrique. Cependant, pour la régularité des pansements, on les distingue par leur forme.

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Il y a des compresses carrées, grandes ou petites, des compresses longues ou longuettes.

Ces différentes dénominations me dispensent, je crois, de donner des explications longues et minutieuses; elles seront comprises de tout le monde; mais il existe des compresses graduées. Ce terme-là a besoin de commentaires.

Lorsque l’on emploie plusieurs compresses superposées, c’est-à-dire placées au-dessus l’une de l’autre dans le but d’obtenir ce que leur nom indique, h compression, on les dit graduées, ou, si l’on aime mieux, échelonnées comme les degrés d’un escalier.

11 y a deux espèces de graduation :

1° Lorsque les compresses de diamètre égal sont simplement superposées;

2° Lorsque la superposition s’opère de telle sorte que le diamètre des compresses diminue graduellement.

C’est la compresse graduée proprement dite; pour la bien établir, on prend une compresse longuette que l’on saisit par son bord le plus rétréci, on forme avec ce bord

un pli d’une largeur (l’un ou deux travers de doigt; on plie en devant d’abord, puis on replie en arrière, mais d’une largeur double de la première : — c’est par la même manœuvre que l'on plie un morceau de papier quand on veut en faire un éventail ; seulement, comme à chaque pli on augmente de largeur, il en résulte une espèce de pyramide de linge, excellente pour un tamponnement.

Les compresses graduées, en effet, sont employées pour obtenir par compression le recollement de la peau sur une plaie, l’oblitération d’un trajet fistulcux, etc. Bien appliquées, elles sont un excellent moyen de pansement; dans le cas contraire, elles sont plus nuisibles qu’utiles. Leur première application doit être faite par le chirurgien, et ce que nous venons de dire suffira aux personnes bien intentionnées pour qu’elles se prémunissent contre toute négligence qui compromettrait l’indication de ce pansement. Il va sans dire que les compresses graduées peuvent, dans les cas d’hémorragie, remplacer les pelotes ou tampons de charpie.

Les compresses guaduées sont toujours pliées en deux, en quatre, ou en huit. On doit éviter une plus grande plicature, parce que l’élasticité de la toile l’entraîne à des déplacements qui feraient manquer le but de l’opération.

La même observation est applicable aux compresses simples.

Enfin, il existe des compresses fenêtrées , vulgairement appelée linges troués. Ce sont des morceaux de linge criblés de petits trous comme celui que nous avons fait représenter ici par le graveur.

Dans les hospices et dans le commerce, pour plus de régularité et de rapidité, on la fabrique au moyen d’un emporte-pièce. Dans la vie usuelle, on ne peut l’obtenir qu’au moyen de ciseaux, et voici la meilleure manière de procéder. On établit sur la compresse un certain nombre

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de plis, également distancés, qui doivent servir de jalons dans le sens de la longueur; au moyen de plis analogues, dans le sens delà longueur, on obtient une série de pe-

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