XIII. — Les bandes
Enfin il faut des bandes. On en a besoin dans mille espèces de pansements. Ces bandes peuvent être en toile ou en coton, en laine même; elles ne doivent être ni trop larges ni trop étroites; trop étroites, elles feraient sur la peau l’effet de cordons, elles étrangleraient comme des ligatures; trop larges, elles se prêteraient mal aux cir-
convolutions auxquelles elles sont destinées. La largeur des bandes doit être de trois ou quatre travers de doigt environ.
Les bandes, relativement à leur longueur, ne sont susceptibles d’aucun classement, puisque souvent elles sont très-courtes, et d’autres fois tellement développées que l’on 11e peut les tailler dans une même pièce de linge, et que l’on est obligé d’en réunir par couture plusieurs ensemble.
Dans le dernier cas, la couture doit être solide et surtout ne pas présenter de saillie qui puisse blesser les régions sur lesquelles le bandage est appliqué.
Les gens du monde ne savent pas confectionner les bandes — Cric ! crac ! ils déchirent sans même regarder le sens du linge; la bande ainsi faite s’effile, se plisse, est inégale; avec un peu de patience, on peut la rendre meilleure, et une chose bien préparée sert beaucoup plus longtemps que si elle est défectueuse.
On doit choisir le fil du linge, et la meilleure manière de faire une bande droite et régulière, c’est de couper avec des ciseaux, doucement, patiemment, en suivant un seul et même fil.
Il Y a des personnes qui ont la patience d’ourler les bandes, afin qu’elles ne se défilent pas; je déclare la précaution mauvaise, l’ourlet forme relief, et ce relief peut blesser les parties sur lesquelles on l’applique. Je permets de surfiler, c’est-à-dire de passer un fil à cheval sur les bords latéraux de la bande; je le permets, mais je ne le recommande pas.
11 serait à désirer que l’industrie s’occupât plus de confectionner, avec un mélange de chanvre et de coton, des bandes numérotées quant à leur longueur et à leur largeur, et que leurs lisières rendraient plus sclidès que celles qui sont taillées dans les pièces de linge.
”00 'ENCYCLOPÉDIE DE LA SANTÉ
Bien rouler une bande est chose plus difficile que l’on ne pense. Pour le service du commerce et des hospices, on a des machines, espèces de bobines ou dévidoirs, qui
Bande roulée.
remplissent parfaitement le but qui leur est assigné. Dans ies dispensaires, cet instrument manque, et il est assez difficile de le remplacer, à moins d’avoir une bobine, à tige mince, sur laquelle on peut, successivement et en serrant, rouler la totalité de la bande.
Mais pour des malades soignés en famille il faut bien rouler les bandes à la main. Pour cela, il faut écraser un chef de la bande entre les doigts, puis, sur ce pli, opérer quelques circonvolutions, et lorsque cet axe que l’on a créé présente assez de solidité, le transformer en bobine que l’on maintient entre le pouce et l’indicateur de la main gauche, tandis que la main droite lui imprime le mouvement de rotation, assure la régularité des tours, et comprime la bande également dans toute son étendue.
Plus une bande est roulée serré, mieux elle s’applique, et le chirurgien a trop souvent à se plaindre de la façon dont cet élément important des pansements lui est préparé, pour qu’il ne soit pas nécessaire d’insister ici sur un détail qui ne demande que de la bonne volonté.