‹ L'art de soigner les maladesChapitre 35 sur 124 · BAINS DE VAPEUR POUR LES PIEDS · texte numérisé non relu

BAINS DE VAPEUR POUR LES PIEDS

I* — Nécessité d’entretenir une activité spéciale aux extrémités inférieures.

Tête fraîche et pieds chauds : tel est l’aphorisme vulgaire que mettent bien des fois en avant les personnes qui parlent de santé. C’est qu’effectivement, quand la tête bouillonne, quand les extrémités sont refroidies, il survient dans toute l’organisation humaine une sorte de fièvre, un désordre manifeste; la pensée semble momen- ; tanément plus vive, mais le cerveau souffre et semble cer- : clé de fer; la digestion est lourde, lente, difficile; la res- | piration est plus ou moins embarrassée, et bien souvent il survient dans le reste du corps les spasmes et les secousses i convulsives déterminées par les refroidissements. On a | chaud à la tête ; mais on a si froid aux pieds, que les dents l claquent , les jambes tremblent et la poitrine serrée éprouve j toutes les petites tortures du grelottement.

Si je n’avais pour mission d’enseigner sans effrayer, j d’éclairer sans faire trembler, d’avertir sans décourager I et de prévenir par mes conseils les maladies graves et les affections désastreuses, je pourrais montrer que le froid aux pieds et la trop grande chaleur à la tête déterminent parfois des accidents bien autrement graves que tous ceux dont je viens de parler.

96 ENCYCLOPÉDIE DE LA SANTÉ

Parmi les maladies aiguës, je ferais entrevoir les convulsions, les manies, le délire et tous les désordres du centre cérébral. Parmi les maladies chroniques, je trouverais les interminables migraines, les désolantes névralgies, la paresse physique et morale, voire môme une complète incapacité; mais je veux tout simplement expliquer pourquoi les pieds doivent être tenus aussi chauds que possible, et comme quoi la chaleur des extrémités inférieures dégage la tête et ramène l’équilibre dans toute notre économie.

Le froid, en effet, resserrant tous les tissus d’un organe, émousse sa sensibilité, entrave la circulation sanguine, empêche l’activité vitale dont chacun de nos organes a besoin. Cela est si vrai, que, poussé jusqu’à l’exagération, le froid engourdit, endort et tue : les pieds gelés tombent en gangrène. La chaleur, au contraire, dilate, surexcite, appelle et produit un afflux sanguin qui détermine un travail bienfaisant et réparateur. Avec la chaleur des pieds on éprouve aux pieds une sorte de moiteur qui sert constamment de dérivatif à toutes les causes intérieures ou extérieures de maladie qui frappent sur le reste du corps ; la transpiration des pieds, naturelle chez certains individus, peut très-bien s’établir artificiellement chez le plus grand nombre, et servir ainsi de trop-plein aux forces vitales, qui, trouvant un débouché, ne s’accumuleront nulle part et ne pourront, par conséquent, déterminer par leur accumulation le désolant phénomène de 1 inflammation. Donc, bonnes mères de famille qui, à la moindre indisposition de vos enfants, ordonnez un bain de pieds; et \ous, braves gardes-malades, qui proposez toujours d envelopper les pieds des gens qui soufirent avec des cataplasmes ou du coton cardé ; vous faites de la belle et bonne médecine! Vous remplissez — souvent sans le savoir une indication impérieuse ! vous agissez parfaitement sans vous

eu rendre toujours bien compte, et vous ne serez pas fâchées, j en suis sûr, vous qui connaissez si bien Ja pratique, de connaître quelques mots de la théorie.

DéJà> en parlant du refroidissement habituel des pieds, j’ai recommandé de le prévenir par l’usage de bonnes chaussmes, par des bas de laine, dont il faut souvent mettre deux paires, et par un exercice qui détermine une chaleur naturelle beaucoup plus efficace que toutes les chaleurs artificielles. Déjà, en parlant des bains de pieds j’ai expliqué leur action dérivative; j’ai dit que ces bains de pieds pouvaient être simples, plus ou moins assaisonnés c est-à-dire rendus plus stimulants par l’addition de la cendre ou du sel. Bien des lecteurs connaissent parfaitement tout cela ; ma-s ce qui est moins connu, j’en suis sûr c est le sujet dont nous allons nous occuper! Pour cela quittons le grand langage et les scientifiques discussions et assistons a une petite scène populaire digne de la plumé et du crayon de certains artistes littérateurs.

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