IV. — Moyens de prévenir et de combattre les accidents
La répercussion de l’emplâtre vésicant sur la muqueuse vésicale est le plus souvent empêchée par un médicament bien connu et trop vanté dans ces temps modernes; je veux parler du camphre et de ses différentes solutions.
L’agacement nerveux produit sur le corps papillaire est la plupart du temps empêché, si l’on a la précaution de mettre entre la peau et le vésicatoire, sur lequel il se
ENCYCLOPÉDIE DE LA SANTÉ
trouve appliqué, un papier huilé de la grandeur et de la configuration même du vésicatoire.
Entrons dans de plus amples détails, car ces renseignements sont fort importants.
Vous avez à soigner un ami, un parent, un frère, un enfant, que sais-je? Le patient est atteint d’une fluxion de poitrine, d’un rhumatisme articulaire ou de toute autre maladie. Vous vous êtes établi son garde-malade, et vous avez assisté à la visite du médecin qui vient d’avoir lieu. Le docteur a conseillé l’application d’un vésicatoire, et il vous a remis l’ordonnance qui doit vous le faire délivrer par le pharmacien. En ce cas, croyez-moi, allez vousmême à l’officine et recommandez bien, en demandant votre vésicatoire, qu’il soit généreusement camphré. Quel ques pharmaciens, à cette recommandation, prendront le bocal qui contient du camphre et voudront, sous vos yeux mêmes, en pulvériser une certaine proportion. Arrêtez-les; ce n’est pas du camphre en poudre qu’il faut sur le vésicatoire que vous avez demandé. Quelque bien pulvérisé que soit le camphre cristallisé, il ne le sera jamais assez pour en saupoudrer un vésicatoire. Faites arroser l’emplâtre vésicant avec de l’éther saturé de camphre ; une fois au contact de l’air, l’éther, corps éminemment volatil, se vaporise presque instantanément; l’éther s’envole, mais le camphre reste, et vous voyez sur le vésicatoire un glacis blanchâtre, qui n’est autre chose qu’une mince couche éminemment camphrée.
Une fois de retour près de votre malade, s’il est impressionnable et nerveux, prenez la précaution, avant d’appliquer le vésicatoire, de recouvrir l’emplâtre vésicant d’un papier huilé.
Expliquons-nous bien :
Le pharmacien vous a délivré un vésicatoire d’un aspect vert noirâtre, qui est rond ou ovale, suivant l’indication
du docteur, et que l’on a étendu sur un linge ou sur un morceau de peau. Mais, si le pharmacien connaît son métier (et s’il ne le connaît pas, vous pouvez le lui indiquer vousmême), tout autour de l’emplâtre vésicant il met un petit cercle d’un emplâtre jaunâtre que l’on appelle diachylum, emplâtre collant, agglutinatif, qui est destiné à faire tenir en place le vésicatoire délivré. Eh bien, si vous vous décidez à mettre un papier huilé sur l’emplâtre vésicant, il faut le tailler de telle sorte, qu’il recouvre entièrement le vésicatoire, mais qu’il ne recouvre pas le diachylum qui l'en toure.