‹ L'art de verifier les dates, 2 inscriptions des chroniquesChapitre 101 sur 134 · DES ROIS SÉLETJCIDES DE SYRIE · texte numérisé non relu

DES ROIS SÉLETJCIDES DE SYRIE

parti. Elle avait conservé, dans son veuvage, une partie de i 7 cmpire, avec de bonnes troupes oui lui étaient restées fidèles. Ptolémée Lathyre, à qui elle avait été enlevée, voulant se venger d'elle , mit sur la scène un nouveau prétendant à la Syrie , dans la personne de Démétrius Eucher , quatrième fils de Grypus, et l'établit roi de Damas. Bientôt la querelle ne roula plus qu'entre lui et Philippe ; Eusèbe , après une grande bataille perdue contre ce dernier, s'étant sauvé chez les Parthes. Philippe écarta ensuite Eucher; mais il vit bientôt paraître un nouveau concurrent. C'était encore un de ses frères , nommé Antiochus Dionysius , cinquième (ils de Grypus, qui, profitant de l'éloignemcnt <le Philippe, occupé ailleurs, se saisit de Damas cl de la Célésyrie (87.) Les Syriens las des guerres que se faisaient dans leur pays, les princes de la maison de Seleucus, prirent le parti de les abandonner , pour se donner à Tigrane , roi <T Arménie. (Justin., 1. XL., c- i.)

83. A l'arrivée deTigrane en Syrie , Eusèbe, qui était rentré dans ses états, lesabandonna, et s'enfuît enCificie où il passa le reste de ses jours dans l'obscurité. A l'égard de Philippe, on ne sait ce qu'il devint ; mais Sélène, femme d'Eusfcbe, garda Pto- Jéraaïdeavec une partie de laPhénicieetde la Célésyrie, ce qui la mit en état de donner à ses deux fils, Antiochus l'Asiatique et Séleucus Cybiosacte qu'elle avait eus d 1 Eusèbe, une éducation convenable à leur naissance. Tigrane s'étant fait néanmoins reconnaître roi de Syrie fit une ligue avec Mi— thridate, roi de Pont, son beau-père , pour envahir la Cap* padoce et la Cilicie. Le consul Lucullus étant venu en Asie, marcha contre eux , et défit sur les bords du Granique Mi— thridate après avoir dégagé son collègue Cotta qu'il tenait renfermé dans Calcédoine fj 4) • Battu une seconde fois l'année suivante , Mithridate se réfugie chez son beau-père. Celui-ci je repentant de s'être engagé dans cette guerre par le con^ 5e il de son beau-père, le fait enfermer sans avoir daigné la voir, dans une prison mal saine où il le retint l'espace de dix-huit mois. Sélène cependant, veuve en dernier lieu du Cyzicenien , régnait à Ptolémaïde et dans une partie de la Phénicie et de la Célésyrie. Elle avait auprès d'elle deux de ses fils, Antiochus l'Asiatique et Séleucus Cybiosacte, qu'elle envoya à Home pour leur procurer, et à elle-même, la protection du sénat. N'ayant pu l'obtenir, elle ne perdit point

courage et tâcha de se sufâre à elle-même. Plusieurs villes qu'elle sut gagner abandonnèrent le parti de Tigrane ; mais ce prince étant entré dans la Syrie à la têie de cinquante mille hommes , assiège dans Ptolémaïdé Sélène , qu'il prit et fit mourir (70) ; après quoi il fit un traité de paix avec les Juifs pour n'avoir plus affaire qu'aux Ilomains. Dès l'année précédente, il était en guerre avec eux sur le refus qu'il avait fait de livrer Mithridate entre les mains d'Appius Clodius. Lucullus, l'année suivante, ayant passé l'Euphrate et le Tigre au cœur de l'hiver, vint mettre le siège devant Tîgranocerta, ville de l'Arménie que Tigrane avait bâtie, et dont il avait fait la capitale de ses états. Tigrane étant accouru au secours de la place , Lucullus vient au devant -de lui , taille en pièces son armée au-delà du mont Taurus, et revient ensuite donner i assaut à la ville qu'il prend avec les trésors immenses qu'elle renfermait. Ce roi si brave en paroles , qui se qualifiait le rois des rois , est obligé de prendre la fuite avec peu de monde.

TIGRANE ET ANTIOCHUS XIII dit L'ASIATIQUE.

Tigrane ayant été obligé de dégarnir de troupes la Syrie pour se défendre dans l'Arménie, Antiochus , fils d'Antiochus-Eusèbe et de Sélène, profita de la conjoncture par s'emparer du royaume de Syrie qui lui appartenait par le droit de sa naissance. On le distingua par le surnom d'Asiatique, parce qu'il avait reçu son éducation en Asie. Son couronnement ne dépouilla pas néanmoins entièrement Tigrane qui posséda toujours une partie de la Syrie jusqu'à ce que les Romains se fussent emparés du tout. Lucullus avançait ce moment par les victoires qu'il continuait de remporter sur Mithridate et sur Tigrane qui, par ces affaiblisse mens , devenait de plus en plus hors d'étal de conserver ce qu'il avait dans ce royaume et de recouvrer ce qu'il y avait perdu. Pompée acheva de ruiner ses espérances à cet égard.' N'ayant plus de ressources, il se trouva même heureux de se livrer avec son fils entre les mains de ce vainqueur généreux qui voulut bien laisser au père son royaume d'Arménie sous la condition de son tribut envers la république, et destiner au fils les provinces de Soplièneet de Gordyène (65). Pompée ayant achevé la guerre dans le nord, vint en Syrie, où

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