DES ROIS T>E LA, GRANDE ARMÉNIE
romaine de Syrie ; mais Corbulon avait si bien arrangé ses troupes sur les bords de l'Euphrate, que le roi de Parlhia ne peut exécuter son. dessein. Les Parthes, intimides par les ftomains , demandent .la paix et évacuent l'Arménie. Vologèse envoie des ambassadeurs à Rome pour demander que son frère soit remis eu possession du royaume d'Arménie. Ses sollicitations sont inutiles. Alors, il fait sa paix avec les Hyrcaniens, et tourne toutes ses forces contre les Romains. Cœsennius Pétus est assiégé dans ses quartiers d'hiver par les Parthes, et n'ayant point le courage d'attendre Corbulon»y qui venait le joindre , il proposa une conférence. On y convient , après de longs dé bal s, que les Romains. videraient toute l'Arménie t et remettraient toutes leurs forteresses entre les mains des Partîtes* Les Arméniens entrent dans 1 le camp des Romains, m^rne avant le«tr départ* se saisissent de tout ce qu'ils y trouvent , et les dépouillent même de leurs armes sans* qu'ils osent murmurer. Après cela Petus se retire avec eux en Gappadoce. Vologèse , d'accord avec Corbulon, détruit toutes les fortifications qu'il' avait fait construire sur l'autre bord de l'Euphrate, et vide* entièrement l'Arménie. Corbulon , son côté , retiretoutes les garnisons piWées sur les bords du Heuve, qu'on reconnaît, comme autrefois, pour limite de l'Arménie et de la Partbie. Tigrane étant venu & mourir peu de tems? « auparavant cet accord, les Arméniens, délivrés des Parthes» et des Romains, restent maîtres d'eux-mêmes.
TIR1DATE rétabli.
64. Tiridate et Vologèse son frère n'avaient pas renoncé bien sincèrement à la couronne d'Arménie ; mais comprenant bien qu'ils ne pouvaient faire tête aux Romains, ils essayent encore de la voie de sollicitation. Leurs ambassadeurs sont renvoyés de Rome avec un refus , et cependant avec de riebes présens , même avec espérance que si Tiridate venait en personne, il pourrait obtenir le sujet de sa demande. Néanmoins, Corbulon était retourné en Arménie,^ et faisait toutes les dispositions nécessaires pour empêcher ce royaume de tomber au pouvoir de Tiridate , sans le consentement de la république. Tiridate revient aussi en Arménie. Une conférence s'engage entre lui et Corbulon. On y convient que le prétendant déposer* son diadème au* pieds de la statue de Ferftpereor , et ne le reprendra à Rome que de ses mains. La première convention s'exécute avec 11. 55
pompe et magnificence, à la vue des deux armées. La seconde a son accomplissement à Rome, avec autant et plus encore de solennité et de splendeur. Tiridate revient ensuite dans son royaume , chargé des présens que lui avait faits Néron , avçc nombre d'ouvriers et d'artisans que lui avait donnés l'empereur pour rebâtir la ville d'Artaxate et lui rendre son ancienne magnificence. Tiridate la nomma Né— ronie , du nom de son bienfaiteur. Dans la suite , ce prince demeura fidèle aux Romains , qui l'aidèrent à recouvrer la partie de son royaume que les Albaniens lui avaient enlevée après avoir chassé son frère Pacore de la Médie. Tiridate régna neuf ans depuis son retour de Rome. Il eut pour successeurs plusieurs rois, simples vassaux de l'empire romain. Sous le règne de Justinien II , les Sarrasins s'emparèrent de l'Arménie, qui leur fut ensuite enlevée par les Jures. Ceux ci lui donnèrent le nom de Turcomanie. Mais pendant qu'ils envahissaient la Perse et d'autres pays sujets aux empereurs d'Orient, les Arméniens secouèrent le joug» et se donnèrent des rois' qui les gouvernèrent jusqu'à ce que leur pays fut subjugué de nouveau par Occadan, ou Heccata, fils de Gengis, et le premier kan des Tartares. Sous ce gouvernement , les Arméniens ne laissèrent pas d'avoir leurs rois particuliers. L'an 1472* Uzum Cassan , (K. la a e . partie, t. V, p. 284.) étant parvenu à la couronne de Perse , fit de l'Arménie une province de son empire. En 1S22 , Sélim II U rendit province de l'empire Ottoman, et elle est demeurée sous la domination des Turcs jusqu'à ce jour, hormis la partie orientale , dont les Perses sont les maîtres.