CHHON. HIST. DES ROIS DE COLCHIDE
cette terre même, partie de Taures, peuples barbares du voisinage. Tel est le fait simple de cette fameuse conquête 9 dégagé des circonstances fabuleuses dont on a coutume d'en orner le récit. t
JiEiès eut encore pour filles ou pour sœurs Pasiphaë, et la fameuse Circé.
Après la mort de ce prince , la Colchide fut partagée en plusieurs petits royaumes , sans nue nous puissions dire à quelle occasion ; car il n'est plus tait mention de ce pays ni des princes qui y régnaient jusqu'au tems de Xénopnon. Il est pourtant certain que la Colchide a eu long-tems des rois de la race dMEeta. Ce nom est même encore aujourd'hui assez commun aux gens du pays. C'est celui que portaient ses rois au tems de la domination des Perses.
/Etés II régnait dans la Colchide, et laissa un fils qui était assis sur ce trône (4oi), dans le tems que Xénophon faisait la guerre en Asie.
Salaucès et Eusubopès furent l'un après l'autre ro»s de Colchide, suivant Pline, qui affirme que ces princes découvrirent de riches mines d or dans la contrée de Savani ; mais nous ignorons le tems et les autres événemens de leur règne.
94. Mithridate le Grand , roi de Pont, subjugua la Colchide ; mais les Colches (88) secouèrent sou joug pendant que ses forces étaient employées contre les Romains, Le roi de Pont n'eût pas plutôt fait la paix avec Sylla , qu'il marcha contre les Colches (84), qui lui offrirent de se sou* mettre, pourvu qu'il leur donnât son. (ils avec le titre de roi de Colchide (8^). Cette proposition irrita Mithridate au point qu'il condamnai mort le fils qu'on lui demandait après lui avoir fait porter quelque tems des chaînes d'or. Les Colches, offensés à leur tour d'un procédé si insultant, ne voulurent plus entendre à aucun accommodement ; ce qui obligea Mithridate à marcher contre eux. Les Achéens lui ayant disputé tous les passages, il fut contraint de regagner le royaume de Pont , après avoir perdu une grande partie de ses troupes, tant par l'épée de l'enuemi que par le îroid excessif du pays.
65. Olthace fut placé sur le trône de Colchide après la mort (lu fils de Mithridate et la défaite du père. Les Colches
45 a CHROW. BIST. DES ROIS CE COLCHIDE.
ne furent pas long te m$ apparemment sans se rèconerfie^ av#»c le roi de Font ; ca«" ils se déclarèrent pour lui contre Pompée : celui ci ayant vaincu leur roi Ollnace, le fit prisonnier et le mena en triomphe à Rome.
À ri ST arque remplaça Olthace et reçut ta couronne des mains de Pompée , vers l'an 47, qui la lui donna comme récompense dt*s services qu'il avait rendus aux Romains dans la guei re mithridatique. Pharnace II , roi de Pont t s'empara de la Clolrliîde pendant que < ésar s'oubliait avec Cléopâlre en. Egvple ; mais il fut obligé d'abandonner sa conquête et de se 1 étirer dans le pays des Bosporani ou4)osforani t où il fut tué par Asander. Depuis ce teins y Phis'oire ne parle plus des Colchiens ou Colcbes, jusqu'au règne de Trajan , à qui ils se soumirent de leur propre mouvement. Sous les empereurs y la Colchide était gouvernée par les préleurs de BUhynie et de Pont,
* Il ■
DES
ROIS D'IBÊRIE.
Ij'iréRiE , présentement la Géorgie, était bornée à l'occident par la Colcbide et par une partie du Pont ; au septentrion , par le mont Caucase ; à Corient , par l'Albanie , et au midi , par l'Arménie. Elle fut. premièrement peuplée , suivant Josephe, parTubal, frère ue Gomcr et de Magog; son opinion est confirmée par les Septante , qui rendent les noms hébreux Mesheh et Tubal par ceux de Moschiens et d' Ibériens. Les Ibériens étaient un peuple vaillant qui se maintint dans un état d'indépendance contre tous les efforts des Mèdes, des Perses et des Macédoniens. L'histoire ne fait mention d'aucun de leurs rois jusqu'au règne de Mithridate le Grand , roi de Pont.
71. ARTOcis , dit aussi ArtocHs, Arthàcès ou Ar— SACÈs, régnait dans Hbérie, et se déclara pour Mithridate contre Lucullus , et ensuite contre Pompée. Le général romain poursuivant le roi de Pont , fit un grand carnage des Ibériens (65). Artocès envoie alors des ambassadeurs au vainqueur pour demander la paix à des conditions honorables 9 et se dispose néanmoins , en cas de refus, à tomber sur les Romains avec une armée de soixante-dix mille hommes. Pompée instruit de ces dispositions, pénètre en Ibérie, prend la ville d'Héropolis, avance jusque dans le cœur du royaume, et oblige Arlocès a chercher une retraite dans l'endroit le plus reculé de ses états. Le roi d'ibérie députe de là de nouveaux ambassadeurs à Pompée, qui lui accorde la paix à des conditions honorables. Nonobstant cet accord , Artocès se prépare à attaquer les H ornai ns quand ils passeraient le fleuve Pélorus. Pompée le prévient, et l'attaque
JE
454 cnnorr. nis-r. dfs rots d'ibérip,
avant qu'il ait gagné ce fleuve. Les Ibéricns, après avoir fait des prodigesde valeur , sont défaits par les Romains, qui leur tue ni neuf mille hommes, cl en font dix mille prîsou'niers ; plusieurs des fuyards se noient en voulant passer le Pélorus a la nage ; d'autres gagnent une forêt voisine, et grimpant au haut des plus grands arbres, se défendent à coups de [lèches. Les Romains ayant mis le feu à la forflt , les Ibériens sont contraints de descendre et de se rendre à discrétion. Le 101 , après cette défaite, compose tout de bon avec Pompée, qui lui accorde la paix à des conditions assez; avantageuses aux Ibériens , mais açres qu'Artocès Lui a remis ses propres enfans pour otages!
Pharnabase, fils dWrtocès, lui succéda. Il fut aussi en guerre avec les Romains; mais; ayant été vaincu par Carnet i us, lieutenant de M Antoine, il se joignit à ses vainqueurs, contre Zoberès , roi d'Albanie vers l'an 36.
MlTHRlDATR I, PHARASMANÉ î, MlTRÏUDATE II ,
Rhadamistk et Pharasmane 1! , furent successivement rois d'iberie, et en même teins de la grande Arménie. Nous avons parlé de plusieurs d'entre eux dans la chronologie liistorique des rois de la grande Arménie.
Pharasmane H, régnait en Ibérie du. tems de l'empereur Adrien, et alla à Rome, avec sa femme, pour se justifier .les accusations intentées contre lui par Vologèse II, roi des Parlhes. Son apologie fut reçue; on lui permit, outre cela, d'offrir des sacrifices dans leCapitole, et sa statue équestre fut placée dans le temple de Belloue.
Depuis ce tems, jusqu à la division de l'empire, l'histoire garde le plus profond silence sur les a fia ires d'Ibérie. Les habitants de ce pays restèrent probablement sous ta domination de leurs propres rois, qui étaient tributaires de Home* L'ibérie appartient à présent aux Perses, qui la nomment le Gurgistan, c'est-à-dire, le pays «les Georgi* us , nom qu'ils avaient peut être emprunté de saint Georges, fameux martyr de Cappadoce , ou de Georges , évéq»»e cappadocien , par qui ils avaient été convertis au christianisme: ou du mot grec georgos , laboureur ; les Ibériens ayant été habiles dans l'agriculture. Les monts Gordiens, qui' sont dans -l'A r—^ ménie, et considérablement éloignés de l'ibérie, ne peuvent, avec quelque vraisemblance, avoir donné leur nom aux luéfieus! telle dépravation U'idiômc.que l'on suppose.
DES
ROIS D'ADIAB^NE.
I/Adiabehe était la province la plus riche et la plus fertile de loule l'Assyrie. Un -homme hardi et entreprenant , encourage par l'exemple et le succès d'autres hommes tels que lui, profitant des (roubles qui régnaient parmi les Séleucides , fit de ceKe proviuce un royaume assez puissant, qu'il laissa à sa postérité ; laquelle le posséda , malgré lous les efforts des rois de Syrie, jusqu'au tems où elle en fut toulà-fait chassée par les Romains.
Le premier de ces princes, dont il soit parlé dans l'histoire , régnait (08) du tems de la guerre mithridalique ? et se déclara pour Tigranc contre Lucullus (69); mais nous ne savons pas son nom.
Depuis
Monobase ou Bazee, régnait sur les Adiabéniens, plusieurs années après le prince dont nous venons de parler, et ' du tems de l'empereur Claude (41 depuis J.-C. ) Il avait épousé sa propre sœur, nommé Hélène, dont il eut deur fils, Monobase et Izate : ses autres femmes lui donnèrent aussi plusieurs enfants. Comme il avait une affection particulière pour Izate, celte préférence indigna la plupart de ses fils, et principalement l'aîné de tous. Peur prévenir les suites de ce mécontentement , le roi envoya Izate chez un certain Abéméric, seigneur ou roi d'un pays voisin. Abéméric \>ùt grand soin du jeune prince, et lui donna en mariage la princesse Samacho,, sa fille , avec une province d'un $;rand revenu.
Monobase, étant fort âgé, désira, avant de mourir, de voir encore une fois Izate. Ce fils chéri revint, et reçut
de son père , avec les témoignages de la plus tendre affection , une province, nommée Céron, très-fertile en piaules odoriférantes. Izale y demeura jusqu'à la mort de son père. Alors Hélène assembla les principaux du royaume , pour savoir d'eux à qui ils voulaient obéir. Tous protestèrent qu'ils obéiraient à Izate , offrant même de faire mourir ses autres frères , pour lui assurer la couronne. La reine rejeta ces offres, et consentit seulement à ce qu'on retint prisonniers les autres fils dp roi , jusqu'à l'arrivée d'Izate, et confia f en attendant le gotiftrnement , l'anueau du roi et l'habit royal, à Monobase.
Izate, second fils de Monobase, ne fut pas plutôt de retour à Adiabène^ que son frère aîné lui remit toute l'autorité entre les mains. Izate , étant chez Abéméric , avait été instruit dans la connaissance du vrai Dieu, par un marchand juif, nommé Ananias, cjui l'accompagna dans ses nouveaux états. Hélène fut convertie, vers ce même tems, par un autre Juif. Ananias et la reine-mère crurent, néanmoins, qu'il était de la prudence que le roi demeurât incirconcis. Un autre Juif, nommé Eléazar, persuada à Izate la nécessité de se soumettre à ce point important de la loi de Moïse, et le roi reçut sur-le-champ la circoncision.
4i (depuis J.-C.) Ce fut par le secours d\\diabene,qu T Artaban III, roi des Parthes, chassé du trône par ses sujets rebelles , y monta. Artaban lui en témoigna sa reconnaissance , en lui faisant présent de la fertile province de Mis» bis, au'il venait d'enlever au roi d'Arménie^odep. J.-C.) La mort d' Artaban ayant allumé une guerre civile en Parthte, entre Gotarze et Méherdate, Izate fit semblant d'être pour le dernier, dont les prétentions étaient soutenues par l'empereur Claude ; mais par les secours réels que le roi d'Adiabène donna à Gotarze , il causa la ruine entière de Méherdate.
Monobase, et les autres princes de la famille royale f remarquant le bonheur qu'Izate avait eu dans toutes ses entreprises depuis son changement de religion , veulent imiter son exemple. Les principaux seigneurs du royaume s'en irritent, et forment une conspiration contre le roi, dans laquelle ils engagent Abia, roi d'Arabie. Izate attaqué, et aussitôt abandonné des siens, se retire dans son camp, avec les fuyards. Là , il reconnaît que les soldats n'avaient pris la fuite, que par la trahison de leurs chefs. Il fait punir de mort ces derniers ; et dès ie lendemain, ayant chargé brus-
DES ROIS l>*ADIÀBfeMt; 45j7
quement l'ennemi , il remporta une victoire complète. Abia Se retire dans la forteresse d'Arsam. Jzate l'attaque avec tant de vigueur qu'elle est obligée de se rendre. Le roi d'Adia- *beuQ J trouve un immense butin et une grande quantité de vivres." Abia et plusieurs seigneurs arabes , s'épargnent, par une mort volontaire , d'être faits prisonniers.
55 (depuis J. C.) Vologèse, roi des Pari lies, consent à so mettre à la tête des conjurés, et marche avec eux contre, Izate. Ce prince, ne se trouvant point en état de résister, implore le 'secours de Dieu. Sa prière à peine achevée, Vologèse se retire en désordre, pour aller défendre sou propre royaume , envahi par les Daces et les Sacéens. izate, délivré de ce danger, passa le reste de ses jours en paix, et mourut à l'âge de cinquante-cinq ans /dont il avait régné vingt-quatre. Si ce que Josephe dit de lui , est vrai , Izate fut un grand prince. Il eut de sa femme, Samacho , cinq (ils, qui avaient été élevés sous les yeux de leur grandmère, dans la religion judaïque. Ils étaient à Jérusalem lorsque Titus fit le siège de cette ville, et furent menés à
Rome , par ce conquérant, pour servir d'otages.
Monobase II , monta sur le trône d'Adiabène, en vertu du testament de son frère , qui , bien qu'il eût des enfants, lui légua la couronne , comme une récompense de sa fidélité et de son obéissance. Monobase envoya le corps de son frère Izate , avec celui de sa mère , dans le magnifique monument qu'Hélène , elle même , avait fait ériger à la distance d'environ trois stades de Jérusalem.
L'histoire ne dit plus rien du royaume d'Adiabène, ni de ses rois, jusqu'au règne de Trajan.
98 (depuis J.-C.) Mébarsaque*, occupait le trône d'Adiabène du lems de Trajan. Ce prince prit le jiarti de Chosroês, *roi de Perse, contre les Romains. Le succès n'ayant pas répondu à son attente, il fut obligé de chercher une retraité dans les états de Manus, -roi d'Arabie, qui entreprit de fe rétablir sur le trône. Manus, n'ayant pu réussir dans son entreprise, fit la paix avec les Romains, et abandonna son allié,
t , Sous le règne de Sapor II , roi de Perse , depuis 2 38 jus- H^'en S71 les Adiabéniens embrassèrent la religion chrétienne, et furent, à cause de cela , cruellement persécutas ? j>ar ce roj, sous la domination duquel ils vivaient alors^
CHRONOLOGIE HISTORIQUË
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