Tous
îes princes voisins respectèrent Ariaramne à cause de son amour pour la justice e^ de plusieurs autres excellentes qualités.
Ariarathe IV régna seul après la mort de son père Ariaramne. Ce fut un prince très - belliqueux , qui après avoir remporté bV grands avantages sur le roi des Partnes,, recula considérablement les frontières de la Cappadoce. 11 laissa en mourant ses états à son fils de même nom que lai. Son règne avait duré vingt-huit ou vingt-neuf ans.
Î>ES ROIS DE CAPPAD'dCE.
âfto. Ariarathe V étant monté sur le trône de son père, ne se maria que l'an vingt-huitième de son règne (192). 11 épousa Antiocnis, fille d'Antiochus le Grand, roi de Syrie, princesse artificieuse, qui, se voyant stérile, eut recours à la supposition. Elle fit accroire à son mari qu'elle avait eu deux garçons nommés, l'un Ariarathe , l'autre Holopherne ou Oropherne.
Le roi de Capnadoce fournit des troupes à son beaupère, dans la malheureuse guerre que celui-ci entreprit contre les Homains; mais le roi de Syrie ayant été défait, Ariarathe envoya des ambassadeurs à Home pour demander pardon de ce qu'il avait été obligé de se déclarer contre la république. Le sénat' reçut ses excuses , mais à condition qu'il paierait deux cents talents, qui furent ensuite modérés a la moitié, par la sollicitation d'Eumène, roi de Pergame, lequel venait d'épouser la sœur du roi de Cappadoce.
186. Les deux beaux-frères se liguent contre Pharnace,' roi de Pont , qui , après avoir refusé la médiation des Homains, fut obligé , aeux ans après , de traiter avec les deux rois à des conditions assez dures (184). ( V. la Chronologie histor. des rois de Pont, )
Ariarathe avait un fils nommé comme lui, dont il était tendrement aimé , et pour lequel lui-même n'avait pas moins de tendresse. Il voulut, dès son vivant, lui céder la royauté, mais il ne put jamais décider le jeune prince à l'accepter. Ariarathe mourut donc roi, et l'avait été pendant cinquante- quatre ans.
166. Ariarathe VI, surnommé Philopator, à cause de son affection pour son père, fut un très-bon prince. A peine était-il monté sur le trône , à l'âge de quinze a seize ans, qu'il s'empresse de renouveler l'alliance que son père avait faite avec les Homains. La philosophie avait de grands attraits pour lui ; il s'y appliqua beaucoup , et la Cappadoce, qui , jusques là, avait été inconnue aux Grecs, devint le séjour de plusieurs savants.
161. -<.Ce prince, rempli d'honneur et de probité, refuse à Artaxias , roi de la Grande Arménie , de se prêter à l'assassinat de Mithrobuzane, fils du roi delà Petite Arménie y qui s'était retiré chez lui , et déclare même qu'il ne fournira)
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aucune assistance à quiconque le croirait capable d'une aussi lâche action : Ariarathe pousse encore la générosité plus loin , et rétablit Milhrobuzane sur le trône de son père.
Démélrius 1, roi de Syrie, qui avait intérêt à se fortifier par de bonnes alliances , propose sa sœur Laodice , veuve de Persée, au roi de Cappadoce pour épouse (i5p,). Ariarathe , qui craint que les Romains n approuvent point ce mariage i le refuse. Le roi de Syrie s'offense de ce refus , et fournit cles troupes à Holopherne , qui se prétendait fils et légi^ time héritier d'Ariarathe V. Ariarathe "VI est chassé du trône , et Holopherne règne tyranniquement dans la Cappadoce. Rome ordonne que ce royaume sera partagé entre les deux frères. Ariarathe, mécontent de cette décision , appelle à son secours Atlale , roi de Pergame , qui le rétablit sur le trône de ses pères, et chasse l'usurpateur. Celui-ci avait dépose chez les habitants de Priènc, ville d'ionie , quatre cents talents qu'il avait pris dans le temple de Jupiter ; Ariarathe ne peut vaincre la fidélité dont ils se croyaient redevables envers celui qui leur avait confié ce dépôt, quoiqu'il mit tout à feu et à sang, qu"il les tint assiégés et les eût réduits aux dernières extrémités. Les Priéniens, enfin, ont recours aux Romains, qui ordonnent au roi de Cappadoce, et à son allié le roi de Pergame, de lever ce siège , et les deux rois obéissent.
i54* Par droit de représailles, Ariarathe entre dans le complot formé par les rois d'Egypte et de Pergame , pour mettre Alexandre Bala sur le trône de Syrie à la place de Démétrius. Le roi de Cappadoce donne, dans cette occasion , de grandes preuves de valeur et d'habileté ; et Démétrius y ' perd la vie avec toute son armée (Voy. la Chronologie historique des rois de Syrie. )
x3i, La dernière action connue d'Ariarathe, est le secours qu'il donna en personne aux Romains contre Aristonic , qui s'était emparé du trône de Pergame. Le roi de Cappadoce périt dans cette guerre (i3o) , après trente-six ans de règne , il laissa six enfants mâles qu'il avait eus de Laodice ( peut-être la même sœur de Démétrius , veuve de Persée , dont il avait refusé d'abord la main ). Les Romains , par reconnaissance pour le père , ajoutent aux états <,de ses fils la Lycaonie et la Cilicie. Laodice,. craignant de
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perdre soir autorité quand ils seraient en âge de régner, en lait périr cinq par le poison , l'année même de la mort de son mari. Les parents dérobent le sixième à la fureur ambitieuse de cette mère dénaturée, et le peuple le met sur le trône , après avoir égorgé la meurtrière cruelle de ses enfants.
12g. AbiàRATHeVII épousa Une Laodirc, sœur de Mîthridate Ëupator, roi de Pont, dans l'espérance de trouver en cette alliance un puissant soutien contre Nicomède , roi de Rtthynie, qui formait des prétentions sur une partie do la Cappadoce ; mais il y trouva la mort (92). Son beau frère le fait tuer par Gordius, l'un de ses sujets. Ariarathe avait régné trente-huit ans, et était père de deux enfants mâles. Sa veuve se remaria à Nicomède , qui s'empare aussitôt de la Cappadoce. Mithrîdate y envoie une armée , et en chasse les garnisons du roi de Bithynie, sous prétexte de défendre lés droits des enfants d' Ariarathe, qui n'étaient point en âge de gouverner. Mais quand les Cappadociens virent que Mithri- * date entendait garder la Cappadoce pour lui-même , ils prirent les armes et chassèrent toutes les garnisons du roi de tont, qui fit semblant de n'avoir chassé celles de Nicomède que pour rétablir l'héritier légitime sur le trône de ses pèi
9t. Abîarathe "V1ÏI, parvenu à la couronne, lève une armée pour s'opposer à la violence que son oncle voulait exercer sur lui. Mithridate attire son neveu à une conférence, et à son arrivée, il l'assassine à là vue des deux armées, met à sa place son propre fils, âgé seulement de huit ans, à qui il nonne le nom d'Ariarathe, et confie sa conduite, avec le gouvernement des affaires au barbare Gordius. Les Cappadociens , ne pouvant souffrir les vexations des lieutenants de Mithridate, se soulèvent, font venir d'Asie, Ariarathe , frère cadet du roi défunt et le placent sur le trône. {Voy. la Chron. hist des rois de Pont.)
Abîarathe IX n'est pas plutôt arrivé en Cappadoce , que son oncle l'attaque , N le chasse du royaume et rétablit son fils. Le chagrin fait tomber le jeune prince détrôné , dans une maladie, dont il meurt peu de tems après; (91.) et £n lui s'éteint la famille de Pharnace , qui avait donné H. h
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dix-neuf rois, et avait régné en Cappadoce pendant cinq cent soixante et dix-neuf ans (1). i
Nicomède, roi de Bilhynte aporte un enfant de Irait ans, qu'il rev«?t du nom d' Ariarathe, et fait demander, peur lui, aux Romains, le royaume de son père. La reine Laodice appuie cette supposition , et atteste que cet enfant est le troisième de ceux qu'elle a eus d' Ariarathe VIL Mithridate, de son côté, fait assurer b république par son Gordius, cjue son G)s, qu'il avait installé sur le trône de Cappadoce, est véritablement ce troisième fils d' Ariarathe VU. Le sénat ordonne que Milhridate renoncera à la Cappadoce, et que cette province jouira désormais de l'indépendance. Les -Gap ~ padociens veulent absolument avoir un roi, et acceptent Ariobarzane des mains de la république.
89. AftiOBARZAHE était un homme de qualité , cappadecien et aimé de sa nation. 11 ne jouit (pas tranquillement de sa nouvelle dignité. Mithraas et £a&oas, généraux «de Tigrane, * roi d'Arménie , le chassent, de Ta Cappadoce, et y établi»* sent de nouveau Ariarathe , fils de Milhridate. Les Romains procurent, par la forcede leurs armes, le rétablissement «P^riobarzane, mais ce prince est encore détrôné^ par une armée que Milhridate, envoie en Cappadoce, pour y -faire régner
(1) 11 ne parait pas convenable de -donner .plus, d'étendue au canon des rois de la famille de Pliarnare. Ceux qui veulent ajouter aux deux Anaphas de Diodore, les deux Onophas deCtésias et les deux Otanès d'Hérodote, ne font point attention aux circonstances, .aux tems et aux événetnens, qui tons démontrent que ces six -personnages n'en font réellement que deux ; comme d'avoir été chef de la conspiration contre les mage*-/ d*etre Achéménide wt fils de Pharnaspc», père de Cassandane , qui épousa Çyrus le Grand , et d'Amestris . femme de Xercès 1 , et mère d'Artaxercvès I.
Cette identité de personnes sous différents noms, employés par trois anciens écrivains , dont deux presque contemporains , «et bien instruits de l'his'toire de Cappadoce , ne doit point surprendre ceux qui auront remarqué dans l'histoire que dafns les cours x>rieûtales , et même dans la Perse , et jusque dans la Judée , les princes changeaient communément de nom . à leur avènement au trône. Dans la Cappadoce , Ariarathe V[ avait d'abord porté le nom de Mithridate ; en Perse , Ochus prit le nom de Darius II . à son couronnement; Arsace, fils de réDarius, celui d'Artaxercès II, etc. On trouve mêlne des exemples que le nfême roi e*ta*ît connu sous différents noms , daflsJes«di verses -provinces 4e son royaume.
DES ROIS DE CAPPADOCE. 4fy
son fils. (8$.) Sylla ayant remporté de grands avantages sur Mithridate , le contraignît enfin de restituer la Cappadoce à Ariobarzane. Quelque teins après, Tigrane, à l'instigation du roi de Pont, envahit la Cappadoce et en tire trente mille hommes, auxquels il donne des terres dans l'Arménie. Ariobarzane , qui s'était sauvé à Rome avant cette invasion, ne fut rétabli que lorsque Pompée eut terminé la guerre de Mithridate. (66.) Pompée, même, pour récompenser le roi de Cappadoce des services qu'il avait rendus £ux Romains, pendant cette guerre , lui fait présent des provinces de Sophène, de Gordien ne et d'une grande partie de la Cilicie. Mais comme ce prince désirait passer en repos le reste de sa vie déjà avancée , il résigne ta couronne k son fils , en présence de Pompée.
5i. Ariobarzane II, fils d'Ariobarzane I, ne fut pas moins ami des Romains, que ne l'avait été son père. Il rendit d'importants services à Cicéron durant le tems que celui-ci fut proconsul en Cilicie. ( 4^) Dans la guerre civile entre César et Pompée, il se déclara pour le dernier; mais après la mort de Pompée , il rentra en grâce auprès de César, qui aggrandit même ses états d'une partie de l'Arménie. (4&) Pendant que César faisait la guerre aux Egyptiens, Pharaace, roi de Pont, enleva à celui de Cappadoce, son royaume et ses nouvelles acquisitions; (46«) mais cet usurpateur ayant été vaincu par César, Ariobarzane fut rétabli dans son royaume et honoré, outre cela par les Romains, de plusieurs nouveaux titres. Après la mort du dictateur romain, le roi de Cappadoce , refusant de se joindre à Cassius et à Brutus, est déclaré par eux ennemi de la république; ils envahissent ses étals , et l'ayant fait prisonnier , Ordonnent qu'il soit mis^à mort (42.)
Ahiobarzanb III était fils du rot précédent. Cieéron ayant reçu ordre de la république de le protéger , exécuta fidèlement les volontés du sénat ; car il sauva à Ariobarzane la couronne et la vie , qui étaient menacées par une conspiration tramée en faveur de son frère. Le principal danger venait de la part do grand-prêtre de Comane , dans la Cappadoce , où Bellone avait un temple et un culte t oui- à- fait semblable à celui qu'on lui rendait à Comane, dans le Pont. Le grand- prêtre de ce temple, qui était ordinairement delà famille royale , avait un grand crédit et une telle coxisir
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déralion , qu'il ne reconnaissait que le roi au-dessos de lui, et avait au-dessous plus de six mille personnes consacrées au service de la déesse. Cicéron, par sa prudence, engagea ce arand-piéire a se retirer du royaume de Cappadoce, et à en hisser Ariobarzane tranquille possesseur.
Ariaratre X, frère d'Ariobarzane , lui succéda sur le trône de Cappadoce ; mais la possession lui en fut disputée par Sisinna i fils aîné de Gianhyra , femme d' Archélaus , grand -prêtre de Bellone, à Comane, qui était petit -fils tl'Archélaiïs, cappadocien de nation, et général d'armée en Grèce , pour Mithridate contre Sylia. Son fils Archélaus avait épousé Bérénice , reine*d'Egypte, et obtenu de Pompée le pontificat de Coroane. De ce mariage était sorti Archélaus , qui lui succéda dans la dignité de grand- prêtre de Bellone. t.elui ci épousa Gianhyra , recommandable par une beauté extraordinaire , et il. en eut deux fils v Sisinna et Archélaus. C'est le premier qui disputa le royaume de Cappadoce à Ariaralhc. Marc Antoine, juge de ce différent, le décida en faveur de Sisinna, à cause de la beauté de sa mère. On ne sait point ce que celui-ci devint; mais Arîarathe étant remonté sur le trône de Cappadoce ; M. Antoine L'en chassa de nouveau 9 et mit en sa place Archélaus.
35. Archélaus, second fils de Glaphyra, devint fort puissant. H témoigna sa reconnaissance à M. Antoine, en lui amenant de bonnes troupes durant la guerre actiaque ; ce qui n'empêcha point qu'Auguste ne le laissât tranquille pos^ sesseur de la Cappadoce (ito). Dans la suite, il aida Tibère à rétablir Tigrane dans l'Arménie, et obtint d'Auguste la petite Arménie, avec une bonne partie de la Cilicie. Tibère lui rendit de grands services auprès d'Auguste , et lui fit gagner sa cause contre ses propres sujets. ^
Archelaiis établit sa résidence dans Pile d'Eleuse, proche de la cote de Cilicie ; il épousa Pythodoris , veuve de Poié*-i mon , roi de Pont, dont elle avait plusieurs enfants en bas 3ge , et augmenta considérablement sa puissance. Son Tègne fut long ei heureux jusqu'aux dernières années, que la vengeance de Tibère rendit bien triste et bien malheureuses^ Aussi , Archelaiis avait-il manqué de prudence ct> de sagesse, tu cultivant avec uneaffec$ion trop marquée les bonnes grâces du jeune César Caïus dans sa bonne fortune, pendant qu'il négligeait Tibère devenu infortuné, Celui-ci devenu plu*