‹ L'art de verifier les dates, 2 inscriptions des chroniquesChapitre 35 sur 134 · ARISTOBULE II · texte numérisé non relu

ARISTOBULE II

65. ÀRISTObule ne jouit pas tranquillement des droits qu'Hyrcan lui avait cédés. L'iduméen Antipater ou Antipas, ami de ce dernier, entreprend pour sa propre sûreté de le rélalilir. La première difficulté à vaincre était l'indolence d'Hyrcan et son indifférence pour les dignités qu'il avait quittées ; il en vient à bout en lui persuadant que sa vie est en péril , s'il demeure soumis à son frère Devenu ambitieux par crainte , Hyrcan est conduit par Antipater vers Are tas, . roi de l'Arabie-Pétrée , avec lequel il fait un traité d'alliance sous la promesse de lui rendre les conquêtes faites .sur lui par les Juifs. Aristobule apprenant qu'Are tas est en marche avec son armée pour rétablir Hyrcan , va au-devant de lui pour l'arrêter. Bataille sur les contins de la Judée, où la victoire se déclare pour le roi des Arabes. Aristobule , mis en fuite , se retire à Jérusalem. Le vainqueur l'y suit , entre dans cette capitale sans opposition, et assiège son ennemi dans le temple où il s'était retranché. Le tems de Pâques arrive : plusieurs Juifs voyant qu'ils ne pouvaient célébrer cette fête en Judée avec les solennités ordinaires, se retirent en Egypte pour s'acquitter de ce devoir. D'un autre côté les assiégés demandent des victimes aux assiégeans , et leur offrent par chaque bête mille drachmes qu'ils paient d'avance ; mais par une insigne mauvaise foi , on se moqua d'eux après avoir reçu leur argent , et les victimes leur furent refusées. Aristobule se voyant abandonné de presque tous ses parti— sans a recours a Pompée qui faisait triompher les armes romaines sur Tigrane , roi d'Arménie.

. Scaurus, lieutenant de Pompée, arrive sur les confins de la Judée, d'où il écrit au roi des Arabes pour le sommer de lever le siège de Jérusalem. Aretas obéit dans la crainte d'attirer les armes romaines dans ses états. Aristobule le poursuit dans sa retraite, et l'ayant atteint dans un endroit nommé Papyrion , il lui tue sept mille hommes, parmi lesquels se trouve Céphalion, frère d'Antipaler.

Pompée s'étant rendu en Célésyrie, les deux frères briguent à l'envie sa protection, chacun par un ambassadeur : Antipater vient le trouver de la part d'Hyrcan , et Nicodème au nom d'Aristobule. Le général fomain après les avoir écoutés avec bonté , suspend son jugement, et ordonne que les parties viendront plaider en personne devant luu

de l'histoire SArntfi. 1*9

64. Les deux frères, Tannée suivante au printemps, vont trouver Pompée à Damas ; ils exposent tour-à-tour leurs moyens et leurs griefs respectifs. Plus Je mille Juifs, gagnés ' par Antipater , appuient les plaintes d'Hyrcan contre A ris tobule; mais, un plus grand nombre élevant la voix , demandent qu'on les délivre de l esclavage où ces deux frères s'efforçaient de les réduire. Pompée incline pour Hyrcan ; mais craignant qu'Aristobule ne traverse l'expédition qu'il médite contre Aretas , il se contente d'exhorter les deux frères a la paix, promettant de venir en Judée, après avoir soumis le Toi d'Arabie, pour y terminer leurs différends.

Aristobule, offensé de ce délai , sort brusquement de Damas sans avoir pris congé du général romain , et va se cantonner dans le château d'Alexandrion , bâti par son père sur les confins de 4a Judée et du pays de Samarie.

Pompée de son côté, non moins choqué de la retraite d'Aristobulc, rassemble ses légions et les conduit en Jul c. Arrivé à Choré, dans le voisinage d'Alexandrion, il mande Aristobule qui vient à l'ordre , comparait deux fois , et deux fois est favorablement accueilli ; mais lorsqu'il est de retour, Pompée l'envoie sommer de lui remettre ses forteresses ; il obéit, mais avec un regret qui lui fait prendre ensuite un parti désespéré. Il va se renfermer dans Jérusalem, résolu de s'y défendre contre l'armée romaine. Pompée le suit de près- Aristobule le voyant approcher reconnaît sa faute, vient se jeter à ses pieds, et le désarme moins par ses soumissions que par une somme considérable qu'il lui promet. Pompée envoie sur-le-champ Gabinius pour entrer dans la ville et recevoir l'argent promis ; mais les portes lui sont fermées et l'argent est refusé. Le général romain se venge de ce double affront sur Aristobule qu'il fait mettre aux fers; H s'avance - ensuite avec son armée contre Jérusalem , dont le parti d'Hyrcan , aussitôt qu'il se présente, lui fait ouvrir les portes; Mais celui d' Aristobule se retire dans le temple, résolu de se défendre jusqu'à la dernière extrémité. Pompée en fait le siège qui dure trois mois ; il aurait probablement été beau- coup plus long satis l'ancienne et fatale superstition des Juifs, qui ne leur permettait pas aux jours de sabbat d'empêcher les t ravaux des ennemis , ni d'en faire pour eux-mêmes , leur laissant seulement la liberté de se défendre en cas d'attaque. Les Romains profitant de ce préjugé , s'abstiennent le sablât de lancer des traits pour ne s'occuper e^i'à élever leurs plates-formes , et avancer leurs machines , tandis que les il. 17

l3o ABRÉGÉ CHRONOLOGIQUE

Juifs demeurent oisif» dans la crainte de transgresser la \ou 63. La place est donc emportée de vive force, le 9 du mois tamus, le môme jour, mais non le môme mois, qije Jérusalem, 543 ans auparavant, l'avait été par Nabwcnodonosor. Plus de douze mille juifs sont passés au Cl de Pépée; on n'épargne pas même les prêtres, sans égard pour la sainteté des fonctions de leur ministère , qu'ils continuaient, d'exercer ( chose admirable ) comme s'ils eussent été en pleine paix. Tous occupés de cet objet, ils se laissent égorger , sans reculer un seul pas en arrière , et sans faire la moindre résistance. Ce grand événement fut un de ceux qui signalèrent le consulat de Cicéron , sous lequel il arriva.

Pompée remet Hyrcan en possession de la souveraine sarrificature ; mais il lui défend de prendre le titre de rot. 11 fait renverser une partie des murs de Jérusalem, réduit la Judée à ses anciennes bornes, et en détache les conquêtes que les prédécesseurs d'Hyrcan avaient faites en Célesyrie et en Phénicie , pour le réunir au gouvernement de Syrie. Ainsi les villes d'Hippon, de Scythopolis, de Pella , de Dion, deSamarie, de Marissa, d'Azot,de Jamnia, d'Aré-* thuse, de Gaza, de-Joppé, de Dora et beaucoup d'autres furent perdues pour la Judée. Tels furent les fruits de l'ambition d'Àristobulé et de l'imprudence qu'il eut d appeler les Romains à son secours.

Pompée, avant de quitter Jérusalem, a la curiosité de voir l'intérieur du temple; il y entre avec plusieurs personnes de sa suite, et ose pénétrer jusqu'au saint des saints, où le seul grand-prêlre avait le pouvoir d'entrer, et cela seulement une fois l'année (1). Dieu ne laissa pas impuni cet attentat sacrilège. Pompée qui s'était couvert de gloire jusqu'alors, n'eut plus aucun succès dans ses entrepiises, et se précipita par des malheurs qui allèrent toujours en croissant , vers sa ruine entière, arrivée dans les plaines de Pharsale.

£n partant pour Rome, Pompée laisse le gouvernement

(1) Josephe remarque cependant que Pompée ne tour na point au trésor du temple , où il trouva deux millr talents en argent «nonnoyé outre la vaisselle d'or et d'argent et d'autres choses précieuses. Il laissa tout cela pour les usages saints auxquels ils étaient destinas, et ordonna, le lendemain , qu'on néto\ât et punli&t le temple pour y continuer le service comme a l'ordinaire.

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de la Syrie à Scan rus , avec un bon corps de troupes (deut* logions , suivant Josephe ) , pour y faire respecter son autorité. Il emmène avec lui Aristobule, ses deux 61s, Alexandre et Antigone, avec deux de ses filles ( d'autres disent qu'il 1rs avait envoyés devant lui ) , pour servir d'ornement à son triomphe. Mais Alexandre s'étant échappé sur la roule, revient en Judée , où H s'applique à exciter de nouveaux troubles.

62. Aretas , roi d'Arabie , fôché de la paix désavantageuse qu'il avait faite avec Pompée, n'a pas plutôt vu ce général hors de la Palestine, quil recommence à inquiéter la Syrie. Scaurus s'étant trop avancé dans les déserts de l'Arabie, se trouve dans un extrême embarras , faute de provisions de bouche et des autres choses nécessaires a la> guerre. Hyrcan et Antipater le tirent d'affaire. Le premier lui envoie tout ce qui lui manque; le second étant allé trouver Arétas , lui persuade d'acheter La paix de Scaurus* pour trois cents talents dargenl.

-Hyrcan, replongé dans son indolence, laisse entre les mains d' Antipater les rênes du gouvernement. La Judée , cependant , n'était pas tranquille. Alexandre ayant rassemblé les débris épars du parti Je son père , s'était emparé de plusieurs forteresses , dont les principales étaient Alexan^ drion , Hyrcanlon et Machéron , situées au pied des montagnes d'Arabie , et de là il faisait de fréquentes incursions: en Judée. Ses progrès tirent son oncle de son assoupissement ; mais ne se sentant pas assez fort pour le réprimer, quoiqu' Alexandre n'eût que quinze cents chevaux et dix? mille hommes de pied , Hyrcan , par le conseil d' Antipater r implore le secours de Ga ni ni us, successeur de Scaurus dans le gouvernement de Syrie.

61. Pompée, à l'âge de quarante-cinq ans, le jour de sa naissance , sotennise son triomphe pendant deux jours de suite, avec une pompe et une gloire extraordinaires. Il faix marcher devant lui trois cent vingt-quatre captifs des plus, distingués , entre lesquels étaient Aristobule t roi de Judée, avec son Gis Antigone ; Ollhace > roi de Colchos ; Tigrane * fils de Tiçrane , roi d'Arménie , et cinq fils , avec deux filles; de Mithndate. Il y eut ceci de singulier à- son triomphe % qu'à son entrée dans la capitale , il ne fit mourir aucun dè ses captifs , comme le faisaient ordinairement les autres, vain-

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queurs; qu'après le triomphe , il les relâcha tous , à l'excep* tion d'Aristobulc et de Tigrane , et les renvoya même dans leur pays aux dépens du public. ( P rideaux. )

, 5y t Bataille aux environs de Jérusalem , entre Alexandre et Antipater , assisté de Marc-Antoine , lieutenant de Gabinius. Le premier défait, avec perte de trois mille hommes tués sur la place et d'autant de prisonniers , gagne Alexandrion , où Gabinius vient presque aussitôt l'assiéger. Mais comme la place était en état de faire une longue résistance , Gabinius convertit te siège en blocus , et emmène une partie de, ses troupes pour rebâtir les villes annexées par Pompée au gouvernement de Syrie.

" La mère d'Alexandre, femme de tête, négocie la paix avec le général romain, et l'obtient en lui remettant les places dont son fds s'était emparé. Alexandre, à celte condition , qu'il exécute fidèlement , rentre en grâce avec les Romains. Gabinius , maître de le ville d'Alexandrion , le fit raser; après quoi s'étant rendu à Jérusalem, il confirme I lyrcan dans la souveraine sacrificature ; mais il fait de grands changemens'aàns le gouvernement civil; car d'aristocratique qu'il était , il le rendit monarchique.

' Depuis le retour de la captivité de Babylone, la Judée était gouvernée par deux sortes de conseils, le grand et le rtelit Sanhédrin. Le premier, composé de soixante-douze personnes, tenait ses séances à Jérusalem dans le temple, présidait à toutes les affaires de la nation en général , interprétait les lois, faisait dans le besoin des réglemens pour les faire mieux exécuter, et recevait les appels des petits Sanhédrins ou cours inférieures , répandues en chaque ville. Gabinius, à ces tribunaux qu'il casse, substitue cinq différentes cours, dont chacune était indépendante des autres, et souveraine dans son ressort. La première fut placée à Jérusalem, la deuxième à Jéricho , la troisième à Gadara, la quatrième a A math us, la cinquième à Séphoris. Tout le pavsfut partagé en cinq provinces ou dëpartemens , et chaque personne obligée d'avoir recours pour ses affaires à celle des cinq cours qui lui avait été assignée.

56. Durant ces entrefaites , Aristobule s'était sauvé de la prison où il était retenu , après avoir servi d'ornement au triomphe de Pompée. De retour en Judée avec son fils Antigone sur la fin de cette année , il vit accourir autour

DE l'histoibe sainte. i33

de lui de toutes pris les Juifs en foule, et de ce nombre était Pithaiis, gouverneur de Jérusalem , zélé partisan jusqu'alors d'Hyrcan et des Romains. Mais comme la plupart étaient sans armes, il fut obligé de les renvoyer, et ne garda auprès de lui que huit mille hommes des plus vaillans. Pour avoir une place d'armes, il les employa d'abord à rebâtir le château cTAlexandrion. Gabinius ne lui donna pas le tems de l'achever. 11 envoya contre lui trois de ses lieutenants» Siscnna , son fils, Marc-Antoine et Servilius , qui l'ayant attaqué, lui tuèrent cinq, mille hommes et mirent le reste de son armée en fuite. Aristobule , avec mille hommes qu'il rallie , gagne les ruines de Machéron. Les vainqueurs le poursuivirent dans celte retraite , où il se défendit pendant deux jours, après quoi la place fut emportée d'assaut. Aristobule, couvert de blessures, y fut pris avec son fils Antigone, et tous deux furent envoyés à Home dans leur première prison. Antigone fut relâché quelque tems après , avec permission de retourner en Judée; mais Aristobule resta dans les fers. ,

55. Gabinius invité à passer en Egypte pour aider Pto— lémée Auletès à recouvrer son royaume, est puissamment secouru par Hyrcan et Antipater, qui non-seulement lui fournissent des armes et de l'argent , mais écrivent aux Juifs d'Onion , près de Péluse , l'une des clés de l'Egypte , pour les engager à favoriser en tout ce qui dépendra d eux l'entreprise des Romains. Antipater fut même en personne de celle expédition , qui eut le succès qu'on s'était promis.

Cependant Alexandre profitant de l'absence de Gabinius et de l'inexpérience de Sisenna , qu'il avait laissé en Judée avec fort peu de troupes, avait repris les armes, attaquant les Romains partout où il pouvait les joindre, et le faisant toujours avec avantage, jusque-là que les avant mis hors d'état de tenir la campagne , il les contraignit de se retirer sûr le mont Gàrizim , où il vint les assiéger. Ces fâcheuses nouvelles rappelèrent bientôt Gabinius en Judée. Antipater, ce rusé politique , va trouver les révoltés , dont il ramène une grande partie. Alexandre irrité de cette défection, se détermine à livrer une bataille avec trente mille hommes oui lui restent. Elle se donne au pied du mont Thabor, et linit par nne défaite totale des Juifs, dont dix mille restent morts sur la place. De retour à Jérusalem après cette victoire, Gabinius achève d'y régler , avec Antipater, les affaires des Juifs, et donne au grand-prêtre Hyrcan le titre d'elh-

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norque. H marche de là contre les Nabathéetis , qu'il soumet en peu de tems ; mais en revenant , il apprend que Crassus lui est donné pour successeur dans ie gouvernement de Syrie.

54. Déterminé à faire la guerre aux Parthes , et poussé d'ailleurs par son avarice , Crassus chérche à amasser de Targènt de foules parts. H savait de Pompée qu'il avait vu dans le temple de Jérusalem des trésois considérables, auxquels il n'avait osé toucher. Moins scrupuleux , il s'/ rendit avec des troupes pour enlever ces richesses. Eléazaf était alors trésorier du temple. Ehtr'autres choses qu'il avait en garde , il y avait un lingot d'or qui pesait trois cent mines du pays ; pour le mieux cacher, dit Josephë Ijihtiq. , l. XIV, c. i3), il avait fait faire un trou dans une poutre placée au-dessus de l'entrée du saint dis Skiais, et 1 y avait mis. Voyant que Crassus avait dessein dé piller le temple, il lâcha de composer avec lui, et offrit de lui donner ce lingot, à condition qu'il ne toucherait point au reste; Crassus y souscrivit et jura, si on le -lui donnait , de ne point prendre autre chose. Eléazar fit aussitôt tirer le lingot de sa cache, et le lui mit entré les mains. Mais le perlide Crassus ne l'eut pas plutôt ^ qu'il oublia ses sermens , et enleva non-seulement les deux mille taleris , mais tout ce qu'il y avait de riche dans le temple , qui $e monta à huit mille autres talens. Dieu ne laissa pas cè sacrilège impuni (53). Crassus périt dans son expédition contre les Parthes. Cassius prend sa place, et ramène le* jléhris de l armée romaine en Syrie, où les vainqueurs avaient pénétré. Après les avoir chassés , il marcha contre Pilholaus, qui , à la faveur de la déroute des Romains , avait relevé lé parti d'Àristobule. Il J'assiège dans Tarichée ( 5a ) , ville située sur la côte méridionale de Gennesareth , emporte la place, d'où il emmène trente mille prisonniers, et fait mourir Pilholaiis, par le conseil d'Antipater. Alexandre lu» demande la paix et l'obtient.

49. Jules César, devenu maître dé Rome , tire de prison Aristofeule, et le renvoie en Judée, avec deux légions, pôw emp&her la Syrie de se déclarer en faveur de Pompée, *on rival. *lais les amis de ce dernier trouvent moven de le faire empoisonner. Alexandre, fils aîné d'Aristobule , na pas un meilleur sort* Métellus vScipion, oui commandait dora en Syrie , l'ayant arrêté par ordre de Pompée f son

DE L'niSTOIHI SAINTE,

beau-père, lai fait coupée la léte dans Àntioche. Alexandre, veuve d'Aristobule , se retire, avec Antigone, son BU et a*is deux filles, à Ascalon. De là elle envoie Antigone à Ptolécnéo, fils de^Mennée, prince de Chalride, qui demandait ce jeune prince. Philippion, fils de Plnléméc, épouse une des fil tes d'Al°xandra; mais bientôt après , son père l'ayant fait mourir, se remarie lui-même avec sa bru.

Antipater amène des troupes à César , pour l'aider à faire la conquête de l'Egypte. Il se distingue surtout au siège de Pélùse et dans une bataille décisive qui suivit la prise de cette place. César, avant de quitter Alexandrie, le nomme procurateur de la Judée, confirme Hyrcan dans ses titres de grand prêtre et de prince «les Juifs, et rend à celle nation tous ses privilèges , avec la permission de rebâtir l?s murs de Jérusalem. (Josephe, Aatxq. Juduïq. , 1. 14, c. i5,)

47. Antigone vient trouver César en Syrie, où ce général s'était/endu après l'expédition d'Kgypte. Il lui expose tous les malheurs que sa famille a soufferts pour ses intérêts , se plaint de la tyrannie d Hyrcan et d'Antipater, et réclame la principauté dont ils avaient dépouillé son père, Antipater présent à ce discours , le réfute , et fait renvoyer Antigone avec honte, comme un factieux et un rebeHç. César ordonne qu'JJyrcau gardera la dignité de grand prêtre et la principauté de la Judée pour lui et sa postérité à perpétuité , et donne à Antipater la charge de procurateur de la Judée , sous lui. Ce décret , par son ordre , fut gravé sur l'airain, en grec et en latin, et déposé k Tyr et au capitole de Syrie. César étant venu en Judée, abolit la forme du gouvernement établi par Gabinius f et remet les choses sur l'ancien pied. Hyrcan lui demande la permission de relever les murs de Jérusalem, et L'obtient.

45. Antipater, nommé procurateur de Judée sous Hyrcan , fait travailler au rétablissement des murs de Jérusalem. I«e gouvernement de cette capitale est donné à Phasaël , son nls aîné, et celui de la Galilée, à Hérode, son second fiU, âgé pour lors de vingt-cinq ans. (Prideaux.)

Hérode débute dans son gouvernement par faire prendre Ezéchia^, chef d'une bande de voleurs, et le fait exécuter à mort avec ses. compagnons , sans forme de procès. Celte action , qui lui mérite les éloges de Sextus César, nouveau gouverneur de Syrie, donne de l'ombrage aux Juifs, oui 4'accusent auprès d' Hyrcan d'attenter a son autorité. Hérode,

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cité devant le sanhédrin pour répondre sur cet article et sur d'autres chefs d'accusation, s'y rend avec une escorte capable de le défendre en cas d'attaque, et avec des lettre» de protection du gouverneur de Syrie. Tout en lui, jusqu'à son habillement qui était de pourpre , impose aux joges et leur ferme la bouche. Un seul d'entre eux , nommé Saméas, faisant céder la crainte au devoir , a le courage de parler. Il s'élève d'abord contre l'audace et la violence d'Hérode, qui ose paraître avec un habit, nullement convenable à IVlat d'un prévenu , et à main armée , devant un tribunal souverain, pour le braver et faire taire les lois; tournant ensuite ses reproches contre le pontife et contre le sanhédrin même, il leur prédit que celui qu'ils épargnent . , ne les épargnera pas un jour, et 7 servira d'instrument à la vengeance divine pour les punir. Les juges , emus par ce discours , se disposent , pour la plupart ,. à prononcer contre l'accusé. Mais Hyrcan , par inclination pour lui et par la crainte de Sextus César, remet le jugement au lendemain. Hcrode l'évite par la fuite et se relire à Damas. Après quelque séjour , rl y obtient de Sextus César, par sa souplesse et ses présents, le gouvernement de la Celésyrie ; alors il lève des troupes et entre dans la Judée, résolu de venger l'affront qu'Hyrean et le sanhédrin lui ont fait en le citant devant eux; mais Antipater et Phasaël le détournent de ce dessein.

44* Jules César, devenu dictateur perpétuel par décret dct sénat de l'année précédente, reçoit à Korne une ambassade , envoyée par Hyrcan. Elle obtient, pour le» Juifs, diverses faveurs , que la mort tragique du bienfaiteur , arrivée le i5 mars de cette année , fait évanouir. Peu de teras auparavant Sextus César avait péri de même par la trahison de Bassus , qui s'était emparé du gouvernement de Syrie. Cassius l'un des meurtriers de Jules César, arrive dans cette

J)rovince et assiège Bassus dans A pâmée ; mais ne pouvant e forcer dans cette retraite, il l'attire dans son parti, et se rend maître de la Syrie sans coup férir.

Cassius , ayant besoin d'argent pour faire subsister ses troupes, impose la Judée à sept cents talons. Antipater et ces deux fils, Phasaël et Hérode s'empressent de le servir dans la levée de cette imposition, et méritent par-là ses bonnes grâces. Malichus, ministre d'Hyrcan et rival d'Antipater, ne s'élant pas comporté avec la même diligence dans le département qui le regardait , encourt au contraire

de l'histoire SAIKTE. l3j

V indignation du général romain qui veut le faire mourir. Mais Hyrcan le sauve en payant de ses propres fonds les cent talents qu'il était chargé de lever.

Malichus , voyant croître le crédit d'Antipater et de ses enfants fait empoisonner Le père, dans l'excès de sa jalousie, par Téchanson d'Hyrcan , à la table de ce prince , où il était lui-même assis. Antipater laissa, en mourant, de Cypre, sa femme, quatre fils : Phasaël , Hérode, Joseph et Phéroras, avec une (ille , Salomé, qui devint la furie de sa maison 9 par les troubles qu'elle y excita.

43. Hérode, pour venger la mort de son père , fait assassiner Malichus, près de Tyr, par des ofliciers romains, en présence d'Hyrcan , qui tombe en faiblesse , craignant lui-même pour ses jours.

42. Cassius étant parti pour aller joindre Brutus dans fa haute Asie , les partisans de Malichus , ayant le frère de celui-ci à leur tête, prennent les armes, engagent dans leurs intérêts, Félix, qui commande à -Jérusalem, pour les Romains. Tandis que le frère de Malichus prend Massada, Félix attaque Phasaël ; mais il est chassé par celui-ci de Jérusalem et obligé de se retirer dans une forteresse , dont il ne sortit même que par capitulation. Hérode, qui pendant ce tems, était malade à Damas, revient joindre sou frère à Jérusalem Tous deux accablent Hyrcan de reproches sur sa lâcheté qui Favait rendu spectateur oisif des derniers troubles. Ils se reconcilient ensuite avec lui, par le mariage arrêté de Mariamne , sa petite-fille, avec Hérode. Celte alliance ne se consomma que quelques années après.

Antigone était toujours chez Ptolémée, fils de Me n née, prince de Chalcis, son beau-frère. Les ennemis d'Hérodc l'invitent à revenir en Judée, pour faire revivre les prétentions de son père à la couronne. Antigone trouve moyen d'engager , dans ses intérêts , Marion , grince de Tyr , et de gagner, par argent, Fabius, gouverneur de Damas. Avec les secours qu'il obtient de ses alliés il levé une armée considérable qu'il emmène en Judée; mais Hérode éiant venu à sa rencontre, le met en déroute, et retourne triomphant à Jérusalem. Hyrcan et le peuple viennent au devant du vainqueur, avec des couronpes qu'ils lui offrent.

41 «Antoine, après la défaite de Brutus et de Cassius, s'étant

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rendu en Bithynie , y reçoit les ambassadeurs de diverses nations. De ce nombre sont quelques principaux d'entre les Juifs, qui leur font des plaintes contre Phasaël et Hérode , les accusant de ne laisser qu'une ombre de pouvoir à Hyrcan. Antoine gagné par les présents d'Hérode, qui se trouvait là , renvoyé ces accusateurs sans vouloir les écouter. Ce mauvais accueil ne déconcerte pas les ennemis des deux frères. Ils reviennent trouver Antoine à Daphné , faubourg d'Antioche, pour renouveler leurs accusations contre les deux frères. Antoine , cette fois , leur donne audience en présence d'Hyrcan , mais ils n'en perdirent pas moins leur cause. Le triumvir nomme Tetrarques (i) les deux frères, et fait mettre en prison les plus échauffés de leurs accusateurs. 11 veut même en faire mourir quelques-uns ; mais Hérode les sauve en intercédant pour eux. tJette générosité ne fait que des ingrats. Ils reviennent, au nombre de mille, attendre Antoine à Tyr. Le triumvir ordonne aux magistrats de Tyr de les châtier. Hérode les exhorte à se retirer; ils le refusent , et les Tyriens s'étant jetés sur eux , en mettent plusieurs jen pièces.

Pacorus-, fils du roi des Parthcs, s'étant rendu maître de la Syrie, après le défaite des Romains, Antigoue traite avec ce prince, par le moyen de Barsaphernes, son général , qui venait de subjuguer Sidon et Ptolémaïde. A l'appât de mille taiens et de cinq cents femmes juives , qu'Antigone promet à Pacorus, celui-ci s'engagea le placer sur le trône de Judée. Tandis qu'il s'avance vers ce pays avec une nombreuse armée, Antigone, à la tête d'un corps de troupes qu'il avait levées, vient assiéger Phasaël et Hérode, dans le palais de Jérusalem. Après divers -combats où les deux frères eurent presque toujours l'avantage , on parle d'accommodement. Le grand échanson de Pacorus est pris pour arbitre. Il persuade à Hyrcan et à Phasaël, d'aller trouver Barsaphernes, en Syrie,

(1) Le nom et la qualité de Te'trarque venaient des Galates. qui, avant conquis trois provinces dans l'Asie mineure . les divisèrent en quatre principautés, dont ils conférèrent le gouvernement à douze de leurs chefs j>ous le titre de Te'trarques, parce qu'ils commandaient chacun dans une-quatrième partie de la Galatie. Ce titre passa chez différents peuples de l'Asie ; mais il changea de signifn ation , puisqu'il fut donne , selon Pline , à tous seigneurs indépendants , ne fussent-ils maîtres que d'une seule ville. ( Me m. de l'Acad. des Belles-Lettres x tome V, page

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et les y conduit lui-même , laissant auprès d'Hérode deux cents cavaliers et dix volontaires, pour lui servir d'otages.

Barsaphernes, ayant ces deux cnefs en son pouvoir, les traite d'abord avec honnêteté. Mais ayant renvoyé l'échanson en Judée, pour s'assurer d'Hérode, il les fait mettre aux fers , lorsqu'il croit le moment arrivé où celui-ci doit être arrêté. Herode , toutefois* ne donna point dans le piège. Soupçonnant la perfidie ordinaire aux Parthes, il s'échappa secrètement de Jérusalem avec sa famille, ses gens et ses meilleurs effets, et se retira d'abord en Idumée ; de là il passa chez le roi des Arabes , et y ayant été mal reçu , il alla chercher un asile en Egypte, où la reine Cléopâlre lui fit accueil. (Les modernes donnent le nom de Match à ce roi des Arabes , sans faire attention ou ignorant que M aie h signifie roi dans cette langue.)

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