MOIS DE COMAGÈNE
qu'un des Séleucides s'empara de cette province , pendant les brouilleries de cette famille , et s'en fit un royaume à part. L'histoire , en effet , ne parle des rois de Comagène qu'au tems de Pompée , lorsque la Syrie était déjà subjugée et réduite en province romaine, et les noms des rois qui régnèrent ensuite, sont entièrement Syriens. Samosate était la capitale de la Comagène.
£6. Antiociius I est le premier roi de Comagène, dont il soit parlé dans les historiens. Il se joignit à Darius, roi de Médie, et ils s'opposèrent ensemble à Pompée, lorsqu'il voulut entrer en Syrie , après la défaite de Tigrane. Mais ayant perdu une bataille , Antiochus se soumit au vain-
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ifo ABEÉGÉ CHRONOLOGIQUE
et les mêmes preuves de fidélité. Charmt» de sa franchise + Auguste accèple ses offres, Lui rend le diadème , et le fait confirmer par le sénat dans la possession de son royaume.y Il fait plus , il lui rendit le territoire de Jéricho , qu'Antoine lui avait ôté , avec les jardins où croissait le baume, pour les donner à Cléopàlre , et y ajouta les villes de Gaclara , d'Hippon , de Samarie , dans Tin lé rieur du pays , avec celles de Gaza , d'Anthédon , de Jopp.é et la tour de Stratnn sur la côte.
Hérode se liai lait qu'à son retour Mariamne partagerait avec lui la joie de ces heureux snecès ; elle eut mis par là le comble à son bonheur ; mais il se trompa. La princesse lui fit l'accueil d'une épouse qui avait le cœur ulcéré. Loin de Je féliciter , elle ne lui fit entendre que des plaintes et des soupirs. Méritait -il un autre accueil r Le barbare, à son départ , avait renouvelé à Sohème Tordre cruel qu'il avait laissé à Joseph, en allant trouver Antoine, et Mariamne en était instruite. Cette dernière injure avait rouvert toutes ses anciennes plaies. En va in épuise-t-il toutes les caresses pour la regagner, elles les reçoit avec dédain et aversion ; elle va même dans un nouvel entretien jusqu'à lui reprocher la destruction de sa famille, en termes sj durs, que dans un accès de fureur, il s'en fallut peu qu'il ne la tuât de sa main. Salomé apprenant l'horrible agitation où il se trouve , profite de cet instant pour satisfaire sa haine contre sa bellesœur. Elle fait dire au roi par son échanson qu'elle avait
mois de fq&4f#f .
queur qui luj rendit son royaume (64)* e,t y. ajouta mêrnp une partie dé la Mésopotamie (49)- Ëans la guerre civile entre César et Pompée , le roi de Comagè.ne envoya au dernier , un secours de deux cents chevaux dans les plaines de Pharsale Par la suite il crut devoir prendre le parti de Pacore, roi des Parties, et fut assiège à cette occasion par «Ventidius dans là ville de Samosate (.S9) ; il acheta la paix d'Antoine, moyennant trois cents talents. On croit qu'Antiochus fut père des deux rois suivants.
Mithridate ï , succéda à Antiochus , et fournit des troupes à Marc Antoine, lors de la bataille d'Actium (Si). Son irère Antiochus ambitionnant lacouronne de Comagène^
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Suborné , que Mariamne avait sollicite cet officier de l'empoisonner. Hérode ordonne aussitôt Je mettre à la torture l'eunuque aflide de la reine, pour tirer de lui la vérité. .Mais tout ce que les tortures purent lui arracher , fut que la mauvaise humeur île Mariamne, venait d'un»' confidence que Sohême lui avait faite. Hérode en conclut que la trahison de Sohêtoe, jusqu'alors si fidèle , est le prix des faveurs criminelles de sou épouse. Il condamne ce ministre à mort , et fait instruire juridiquement le procès Je .Mariamne par des juges dévoués à ses volontés. S'étaut porte lui-même pour accusateur, il fait rendre contre elle une sentence de mort. 11 était incertain s'il la ferait exécuter. Mais Salomé - «a sœur et Cypre sa mère , irritées des marques de mépris que Mariamne leur avait tant de fois données , ne laissent point de repos à Hérode qu'il n'ait ordonné sa mort. Le mot fatal est enfin lâché. La reine marche d'un pas ferme au supplice. Sa mère (chose étonnante)! l'outrage sur la route, et lui reproche, avec emportement, son ingratitude prétendue envers son époux. ( Alcxandra jouait ce personnage honteux par la crainte d'être enveloppée dans le malheur de sa fille.) Mariamne, sans lui jepondre, continue sa marche, témoignant seulement par son air la douleur que lui cause l'étrange conduite de sa mère. Arrivée au lieu de l'exécution , elle voit, sans changer de couleur, les approches et les préparatifs de la mort ; elle
BOTS DE COMACÈNE.
lui dressa des embûches , l'enleva , fît assassiner dans Rome inême, un ambassadeur que Mithridate y avait envoyé pour *c plaindre de lui , et s'empara du trône.
Antioobus II, ne fut pas plutôt en possession du feuit de son crime, qu'on le cita à Rome, par l'ordre d'Auguste (29). L'empereur l'ayant trouvé coupable du meurtre de l'ambassadeur, le condamne à perdre la vie ; mais Mithridate ne fut point rétabli , parce qu'il s'était déclaré pour Antoine , deux ans auparavant.
Mithridate II, successeur d'Antiochus, n'était ni son frère ni son parent. 11 était fils d'un autre Mithridate qui avait rendu de grands service aux Romains, durant leurguerre
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meurt enfin avec la même grandeur d'âme et la même fer-» mêlé qu'elle avait vécu.
Le sang de Mariamne eut à peine éteint la rage dé son époux, que son amour reprenant le dessus , il devint la proie des plus cruels remords. Il essaie inutilement tous les moyens imaginables pour les dissiper. L'image de Mariamne le poursuit par-tout. Sa raison se trouble ; il appelle cette épousé comme si elle était vivante. 11 tombe dans une mélancolie si profonde , qu'il abandonne les rênes du gouvernement. Une peste qui vient dans le même tems désoler la Judée f achève de l'accabler. Il se retire à Samarie , et y tombe dangereusement malade. Alexandra, qui le croit sans espérance,, forme le projet de se rendre maîtresse du gouvernement. Deux forteresses étaient comme les deux. clés du royaume \ Tune commandait le temple , et Vautre la ville. Alexandra tente la fidélité des gouverneurs de ces deux places ; et celasous le spécieux prétexte de conserver le royaume aux enfants qu'Hérodc a eus de Mariamne. Mais elle trouve ces* officiers incorruptibles. On avertit le roi des intrigues dé cette princesse. Revenu en santé , il ordonne qu'on la fassé mourir.
26. Hé* rode immole à sa fureur une nouvelle victime dans la personne de Costobare , son beau-frère, gouverneur de l'idumee. Salomé,sa femme, avec laquelle il s était brouillé, lui avait donné des lettres de divorce, chose inouie jusqu'alors , de la part d'une femme en Judée. Non contente