‹ L'art de verifier les dates, 2 inscriptions des chroniquesChapitre 54 sur 134 · GRANDS-PRÊTRES DES HÉBREUX · texte numérisé non relu

GRANDS-PRÊTRES DES HÉBREUX

Personne n'ignore que le sacerdoce, parmi les Hébreux, élait attaché à la seule famille d'Aaron, qu'il y était héréditaire, et que, pour en exercer les fonctions, il suffisait d'être né dans cette famille et d'avoir atteint l'âge marqué par ta loi de Moïse. De là, l'extrême application des Âaronites , à conserver leurs registres généalogiques , et a rejeter de leur corps ceux qui auraient voulu s'y introduire à la faveur d'une origine inconnue et éloignée. De là aussi , le soin qu'ils ont toujours eu de ne se point mésallier, <fe ne prendre jamais de femmes dans lés autres tribus , et de ne pas même épouser de femmes qui auraient été sous lé> joug de la captivité. Ces précautions étaient encore plus grandes à l'égard du grand-prêtre , le chef de l'ordre sacerdotal et de la religion. Elles furent telles qu'au rapport de Josephe et de son tems, depuis deux milie ans , ou trouvait parmi les Juifs une succession suivie et non interrompue de souverains pontifes qui étaient dénommés de père en fils. H eût été à souhaiter qu'elle nous eût été transmise en son entier par cet historien * avec la durée du pontificat de chacun des grands-prêtres. Il aurait épargné par là bien des

(*) On a marqué d'une étoile les époques certaines dé la mort ' des grands-prêtres ; les autres ne le sont que par conjecture.

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recherches pénibles et souvent infructueuses aux sa van I s. Nous allons donner cette suite d'après dom Calmet et le nouvel éditeur de son commentaire fondu avec celui du P. Carrière et de l'abbé de Vence. Mais auparavant , il est à

Î>ropos de faire connaître , en suivant les mêmes auteurs , es prérogatives attachées à la dignité de souverain pontife. ' Le grand-prêtre était chef de tout le clergé des Hébreux , et possédait, comme on Fa dit, la première dignité de la religion. Il avait le privilège exclusif d'entrer dans le sanctuaire, et il ne pouvait en user qu'un seul jour de Tannée, celui de l'expiation solennelle. H était le président de la justice t et L'arbitre de toutes les grandes affaires concernant la religion. Sa naissance devait être pure et son corps exempt de certains défauts exprimés dans la loi. Le deuil pour les morts lui était interdit. Dieu avait attaché à sa personne , par une prérogative spéciale , l'oracle de la vérité , et il annonçait l'avenir, lorsqu'il était revêtu de ses ornements" pontificaux. Dans le temple , ses habits étaient d'une magnificence digue de l'élévation de son rang et de la majesté de son ministère , et ses revenus étaient proportionnés à sa haute qualité. Les Lévites qui levaient la dîme sur tous les revenus d'Israël , payaient aux prêtres la dîme de cette dîme, dont la principale partie était pour le souverain sacrificateur. Tous ces avantages et toutes ces prérogatives lui donnaient dans l'état un pouvoir qui n'était pas beaucoup au-dessous de, celui même du souverain. On a vu plus d'une fois la puissance sacrée et la puissance civile réunies dans la même personne. Phinées et Heli furent en même-tems chefs de la nation et souverains prêtres du seigneur. Pendant le règne* dé Joas , le grand-prêtre Joïada jouissait d'un grand pouvoir dans l'état. Eliacim l'un de ses successeurs , était a la tête des affaires sous le rot Manassé. Depuis le retour de la captivité jusqu'à la persécution d'Àntiochus Epiphanes, les. grands-prêtres curent beaucoup d'autorité dans la nation et après la mort de ce prince, le pontificat étant entré dans là famille des Asmonéens, fut presque toujours uni au gouvernement et à la souveraine autorité. Ce fut Hérode le Grand qui, par un trait de sa politique, ôta la saerificature à cette famille , et rendit cette dignité élective et arbitraire au choix des princes.

Moïse exerça la souveraine saerificature dans le désert , en consacrant Aaron et ses (ils, Mais son sacerdoce finit là , et ses descendants ne furent que les ministres des prêtres ,

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ainsi que toute la postérité de Lévi , qui n'était pas de la race a Aaron.

I. Aaron /frère de Moïse, issu de Caath, le second des trois fils de Lévi , dont l'aîné se nommait Gerson et le troisième Mérari , fut choisi de Dieu et consacré par les mains de Moïse, le premier mois de Tan 1644 avant Jésus Christ r pour exercer les fonctions du sacerdoce , au milieu du peuple d'Israël , lui et sa famille avec lui , et sa postérité après lui. Il remplit ce ministère pendant tout le tems que Dieu fit voyager son peuple dans le désert. L'an 40, depuis la sortie d'Egypte, i6o5 avant, Jésus-Christ, élant monté par l'ordre du Seigneur, sur la montagne de Hor, il y mourut le premier jour du cinquième mois , âgé de cent vingt-trois ans. 11 eut quatre fils Nadab, Abiu, Eléazar et llhamar, qui partagèrent avec lui les fonctions du sacerdoce. Mais les deux premiers ayant offert devant le Seigneur un feu étranger, furent frappés de mort l'an 1644 avant Jésus-Christ, sans laisser de postérité. Les deux autres dans la suite formèrent deux branches sacerdotales.

II. ElÉazar, l'aîné des deux fils d' Aaron , qui lui survécurent , surcéda, comme Dieu l'avait ordonné, à son père qui lui remit en mourant ses habits sacerdotaux dont Moïse le revêtit sur-le-champ. La dignité de erand-prêtre resta dans la famille d'Eléazar, jusquau toms d'Héli qui descendait d'Ithamar. La mort d'Eléazar arriva vers le même tems que celle de Josué.

III. Phinées, fils d'Eléazar, lui succéda dans la grande sacrificature. Dieu la lui avait promise , à lui et à sa postérité, pour récompense du zèle qu'il avait montré, lorsqu'ayarit suivi l'un des Israélites qui était entré dans la tente d une Madianite , il les perça tous deux d'un même coup de sa lance. On trouve Phinées exerçant les fonctions du sacerdoce , au tems de la guerre des onze tribus contre celle de Benjamin, c'est-à-dire, dans l'intervalle du gouvernement de Josué et de celui des juges. On ne peut marquer exactement la durée de son pontificat. Le même inconvénient se rencontre dans la liste de la plupart des grands-* prêtres et surtout des premiers .

IV. Abisué, selon Josephe, fut le successeur du grandprêtre Phinées , son père.

V. Bocci , fils d'Abisué , le remplaça, suivant le même auteur, dans le souverain sacerdoce.

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