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DÉMÉTR1US MCATOR et TRYPHON.
Tryphon /natif d'Apamée en Cilicie , après avoir exercé long-tems le métier de pirate avec succès, devint un homme important à la cour de Syrie. Ayant placé , comme on l'a vu , sur le trône Antiochus VI , et détruit ensuite son propre ouvrage, il vint à bout de se faire proclamer roi luimême par la faction opposée à Démétrius; alors son premier soin fut de se concilier l'alliance des Romains. Pour l'obtenir, il leur envoya par ses ambassadeurs une Victoire d'or du poids de dix mille mines. Le sénat accepta le présent ; mais au lieu du nom deTryphon, il tu mettre au pieot de la statue celui d'Antiochus.
A la vue de ce nouvel antagoniste , Démétrius crut ne devoir pas lui laisser le tems de s'affermir daus son usurpation ; 11 chargea Sarpedon , général de ses troupes* en Phénicie , de marcher promptement contre lui. Tryphon, avec le secours des habitans de Ptolémaïde fut vainqueur dans la bataille que Sarpedon lui livra , et le poursuivit au loin. Mais au re-. tour ses soldats s'élant approenés de la mer furent accueillis par une espèce de marée si abondante que leur camp en fut inondé. Un grand nombre d'entre eux furent noyés dans les flots. La mer en se retirant laissa sur le rivage les cadavres avec une quantité pfodigieusé 4e poissons, dont les
DES aOIS SÉLEUCIDES DE SYRIE. S29
soldais de Sarpedon «firent un sacrifice à Neptune. ( Àthenœus 1. 111. )
1 4 1 . Les progrès rapides que M il brida te , roi des Parthes , faisait les armes à la main dans l'Orient, retirèrent enfin Démétrius de la honteuse mollesse dans laquelle il croupissait. Excité par les cris des Bactriens ? des Mèdes , des Hyrcaniens , des Elyméens et d'une partie des habitansde la Mésopotamie qui avaient subi les lois de ce conquérant , et gémissaient sous le joug, quoique modéré, de son empire, il forma la résolution de pcendre en main leur défense. Les Grecs répandus parmi eux en grand nombre depuis le règne d'Alexandre le Grand , furent les plus empressés à venir se ranger sous les drapeaux de Démétrius, et contribuèrent beaucoup à divers avantages qu'il remporta sur les Parthes. Au défaut delà force, Mithridate suppléa par la perfidie, et -ayant attiré Démétrius à une conférence, il l'arrêta prisonnier ; après quoi , étant tombé sur son armée , il lui fut aisé -de la tailler en pièces. {Joseph Antiq. 1. XIII , c. 9. Justin, 1. XXXVI , c. 1.) Tout alors plia sous ses acmes. Voulant néanmoins faire .preuve de modération envers le roi captif, il lui conserva les honneurs dûs à .sa dignité, et lui fit même épouser Rodogune sa «fille. Cléopâtre , femme de Démétrius, irritée de se voir par là répudiée, cherche à se venger de l'infidélité qu'il avait commise à son égard. Dans ce dessein , elle appelle Antiochus surnommé Sidetes , frère de Démétrius, et lui donne sa main ; elle était alors à Séleucie sur TOronte avec ses deux fils , Séleucus et Antiochus. Sidetes , à sa persuasion , déclare la guerre à Triphon , et l'ayant poursuivi jusque dans A pâmée, il le serra de si près que , perdant toute espérance de s'évader, il se précipita sur un bûcher qu'il avait fait allumer (139.) ( George (e syncelle.)
Sidetes voyait avec un extrême regret entre les mains des .Parthes les provinces d'Orient qui avaient appartenu à la Sy- ,rie. Après s être assuré la possession tranquille de ce qu'ils lui ,lui avaient laissé, il entreprit le recouvrement de ce qu'ils avaient enlevé à ses prédécesseurs. Le prétexte qu'il prit pour déclarer la guerre àPhraate , alors roi des Parthes , fut la cap» tivité de Démétrius, son frère (101). Ayant levé une armée d'environ cent mille hommes , sans y comprendre les vivandiers qui faisaient presque le double , il marcha contre l'ennemi , sur lequel il remporta trois victoires consécutives, qui lui valurent la conquête de la Babylonie, de la Médie , et de toutes les provinces qui avaient appartenu à l'empire de Syrie, IL 4*
excepté la Parlhie où Phraate se trouva réduit. Mais les vain-*queurs, abusant de leurs succès, traitèrent les vaincus, dans les quartiers d'hiver qu'ils prirent chez eux (i3o), avec une barbarie qui les portèrent au désespoir. Phraate, instruit de leurs dispositions, leur fart dire, par des envoyés secrets, de faire subitement main basse , dans un même jour qu'il leur assigne , sur tous les Syriens répandus parmi eux. L'ordre ayant été exécuté dans plusieurs cantons, le roi Antiochus eut le bonheur de s'y soustraire avec un grand nombre de ses gens. S'étant armé avec eux, pour leur défense commune , il marche contre Phraate, auquel il livre un combat où il périt par la lâcheté des siens qui l'abandonnèrent. ( JuL Obseq. de Prodig.) Ce prince avait de grandes qualités, dont il ternit l'éclat par son intempérance. 11 haïssait la flatterie, et aimait à s'entendre dire des vérités dures. S'étant égaré un jour à la chasse, il tomba dans une cabane de bûcherons auxquels, sans se faire connaître, il demanda le couvert pour la nuit. Ën soupant, leur ayant demandé ce qu'ils pensaient du roi, c'est un bon prince, dirent-ils; mais il a de mauvais ministres auxquels il s'en rapporte trop aveuglément, pour se livrer tout entier à sa passion pour la chasse» Le lendemain, au lever du jour, ses gens qui le cherchaient, l'ayant découvert, vinrent lui présenter la pourpre et le diadème. Les pauvres bûcherons , à ces marques , ayant reconnu que c'était le roi, se crurent perdus par leur indiscrétion. Ne craignez pas, leur dit le monarque , vous êtes les premiers qui m'ayez dit la vérité, ( Plutarch. in Jpophtegm. )
Démétrius Nicator, à la nouvelle de la mort d' Antiochus son frère , s'étant échappé des mains des Parthes (c'était la troisième fois qu'il avait tenté son évasion), regagna si promptement la Syrie , qu'il mit en défaut ceux que Phraate avait envoyés à sa poursuite. Rétabli sur le trône , il y porta les mêmes vices qui l'en avaient fait renverser. Toujours cruel et débauché , il fit bientôt revivre, par sa conduite, l'aversion publique qui avait causé sa destitution. Cleo pâtre, sa belle-mère, irritée contre Ptolémée Physcon, roi d'Egypte, son époux, Tétant venu trouver, lui inspira le désir de se rendre maître de ce royaume, et s'engagea à le seconder ■dans cette entreprise. S'étant rendu aussitôt vers Péluse, il en forma le siège. Mais à peine était-il commencé , que Démétrius l'abandonna, forcé de retourner en Syrie, par une révolte de ses sujets, que sa tyrannie avait excitée.
Physcon, après son départ, étant rentré dans Alexandrie