‹ L'Art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 113 sur 146 · FERDINAND , LE JUSTE · texte numérisé non relu

FERDINAND , LE JUSTE

L'an 14*2* Ie 24 juin, Ferdinand, deuxième (Ils de Jean I, roi de Castille , et de Léonore, fille de don Pedre IV, roi d'Aragon , est reconnu légitime héritier de la couronne par les juges assemblés à Casrc, pour décider cette grande affaire. Sur neuf qu'ils étaient , Ferdinand en eut pour lui six , à la tête desquels était Saint-Vincent Ferrier , qui publia solennellement la sentence le 28. Le comte d'Urgel refusant de s'y soumettre , Ferdinand, l'an i4i3, marche contre' lui, l'assiège dans Bala^uer, l'oblige à se remettre à sa discrétion , confisque tous ses biens , et le constitue prisonnier à perpétuité dans le château d'Uiuena. Délivré de ce rival , Ferdinand est couronné, le i5 janvier 1 4'4* à Saragosse. L'antipape Beuoit XIII était un de ceux qui avaient le plus contribué à son élévation. Ferdinand par reconnaissance l'appuya d'abord de sa protection. Mais voyant qu'après la démission de l'autre antipape, Grégoire XII , donnée au concile de Constance et la déposition du vrai pape Jean XXIII , prononcée par la même assemblée , il ne tenait plus qu'à Benoit de rendre la paix à l'église en renonçant au pontificat, il l'abandonna, non sans avoir auparavant épuisé, mais inutilement, les voies de la douceur et de la persuasion pour l'engager à celte démarche. La mort ravit ce bon prince à son peuple, le 2 avril 1416. De Léonore d'Albuquerquf, son épouse, il laissa quatre fils «Alfonsc, qui suit y Jean , qui fut roi de Navarre par son mariage avec Blanche, fille de Charles III , puis d'Aragon ; don Henri et don Pcdrc ; avec deux princesses , Marie , qui épousa Jean II, roi de Castille , l'an 1420, et Léonore , mariée l'an 1428 , avec Edouard , infant de Portugal. ( Voyez Jayme II , comte d'Urgel , et Ferdinand , roi de Sicile ).

ALFONSE V, dit LE SAGE et LE MAGNANIME.

i/|i6. Alfonse V, fils de Ferdinand et de Léonore d'Albuquerque, monte sur le trône le 2 avril : il avait épousé, l'année précédente, Marie, sa cousine germaine , fille de Henri III,

des rois d'êspacse (àràgon.) 607

roi de Castillc. Alfonsc signala, comme Salomon, le commencement de son rè^ne par un jugement remarquable. Une jeune esclave avait cite devant lui son maitre pour reconnaître qu'il était père d'un enfant qu'elle avait mis au monde , et en conséquence la mettre, suivant une ancienne loi d'Espagne , en liberté. L'accuse niant le fait , Alfonse ordonne que l'enfant soit vendu à l'enchère. Les entrailles paternelles s'émurent alors en faveur de cet infortune. Le maitre reconnut son lils , et accorda la liberté* à la mère. L'an i42° » Alfonsc fait un traité avec Jeanne , reine de Naplcs , qui l'adopte pour son fils et son successeur. Ce prince , après lui avoir envoyé du secours contre Louis d'Anjou, s'embarque lui-même pour l'Italie : il tente inutilement d'enlever Vile de Corse aux Génois , et se rend dans le royaume de Naplcs, où il fait de grands progrès en 1421 et 1422. Ces succès font ombrage à la reine. La mésintelligence se met entre elle et son fils adoptif , qui court risque lie la vie : l'adoption est révoquée ; enfin Alfonsc laissant don L'cdre , son frère , pour commander en sa place, s'embarque pour retourner en Espagne. {Voyez Jeanne II , reine de Naples ). Il attaque sur sa route , le 4 novembre , Marseille, d'où il enlève le corps de saint Louis , év que de Toulouse , seul fruit de cette singulière expédition : elle appartient à l'année 142D. Alfonse cependant n'avait pas renoue • au bénéfice de son adoption. L'an 14^2 , il arme pour recouvrer le royaume de Naplcs. Ayant tente' inutilement de secourir Tro-

Ï>ca, que les Français assiégeaient dans la Calabrc , il attaque 'île des Gerbes, qui dépendait du roi de Tunis , sur lequel il remporte une grande victoire , et se rend maitre de l'île ; après quoi il revient en Italie , où il fait un traité secret avec la reine ue Naplcs. Ayant appris, l'an i4^5, la mort de Jeanne, qui avait institué son héritier René d'Anjou , et jugeant cette cuconstance favorable pour s'emparer du royaume , il assiège G u te. Le duc de Milan et les Génois envoient du secoure à la plan , et leurs amiraux , dans un combat donné le 5 août , détruisent ot enlèvent la Hotte d'Aragon , dont it n'échappe qu'un seul vai,scau. Alfonse et ses deux frères , Jean, roi de Navarre, et l'infant; don Henri, avec quantité de grands seigneurs, sont faits prisonniers. LesGaëtans , à la nouvelle de cette victoire , fondent sur les assiégeants , et font un si grand nombre de prisonniers , qu'Accréto , leur gouverneur, embarrassé de cette multitude, donne la liberté à quatre mille d'entre eux. Peu de tems après , Plulippc-IMarie Yisconti , duc de Milan f par une générosité inconnue aux Edouard, et qui n'a pas servi de modèle aux Chades- Quint, renvoie libres, sans aucune rançon, le roi d'Aragon avec Henri , son frère , et les seigneurs de sa compagnie. Le dus

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