GARCIE
le tombeau des rois, ses ancêtres, et l'on y enterra avec lui les grilles de sa prison ,
nommé Rcllido d'Olfbs, les engage a différer en-
lestament , dans la vue, sans donte, d'effacer les vestiges de l'état humiliant où il avait passé les pins belles années de sa vie. Le P. Pagi d'aprè* Pelage d'Oviédo, avance d'un an la mort de Garcie.
corc peu de jours , en leur promettant de faire lever le siège. Il sort, va trouver 1»? roi dans son camp, et, se donnant ponr transfuge, il lui indique une petite porte mal gardée, par où il pourra s'introduire aisément dans la place. Le roi étant allé seul avec ce traître reconnaître cette issue mystérieuse, celui ci , lorsqu'il» furent éloignés de tous témoins , le frappe par derrière, et le blesse si grièvemeni , qu'il mourut deux heures après. L'assassin, dès qu'il eut fait son coup , regagna la ville , ou il fut reçu en triomphe. Sanche nelai»sa point d'enfants delà reine Blanche, son épouse-, et la Castille fut réuuic, après sa mort, au royaume de Lé. ut.
Nous comptons, avec les historié"*', Sanche le Fort pour le deuxième roi de Casii le de son nom, à cause d'un autre Sanche qui fui comte de Castille.
saint sié^c, arrive en l\sp.ignc avec une bnlle de Grégoire VII, par laquelle ce pape déclare aux Kspagnols qu'anciennement leur royaume eiait tributaire du saint siège , que l'invasion des Sarrasins avait privé de la jouissance de ses droits; mais que des titres eonservés dans 1rs archives de Rome ne permettaient pa» de révoquer en doute ec qu'il avançait. En conséquence, il les exhorte h ne nas exposer leur amc à une perle assurée , en retenant les droits de saint Pif ire. Quoique les titres allégués ne parussent point ,le roi de Léon voul u bien se soumettre h une rente annuelle envers le saint siège M is ses successeurs s'éuut aperçus que les papes se faisaient un droit de ce qui n'était qu'une dévotion, cessèrent de payer la redevance. Alfuuse, l'an io85» trrmi ne ses expéditions, commencées dès 10K1 , dans le royaume de Tolède, par la prise de la capitale, dont il prend posse sion le >5 mai; il la repeuple de chrétiens, et y étab'it sa cour. L'archevêque qu'il choisit pour celte ville fut Bernard , abbé de Sahagun cl français de nation, à qui le pape Urbain II envoya, l'an io^JJ , le pal Hum avec un piiviiéjv qui établissait la primaliede Tolède sur toutes les ég'ises d'Espagne. Uibain ne prétendait pas ériger de nouveau cette primatic , mais seulement la rétablir, se' fondant sut une fausse décrétalc d'Anadet. Mais les évéques d'Espagne souffrirent impatiemment celle nouveauté. Bernard esl«c même archevêque qui, |M)os*é par la reine Constance, m- saisit, h main armée, de (a grande mosquée des Maures, contre la parole, que le roi avait donnée i|c maintenir ces infidèle» dans la posse»-
DES aOIS d'eSPAGISE (caSTILLE ET LÉON.)
ALFONSE VI , LC VAILLANT , aoi de Léon.
«on de œ teuo|ile; ce qui irrita le monarque an point i/uViant revenu protnpterocnt à Tolède, il menaçait de faire brûler le prélat et la reine; niais les Maure* intercédèrent eux- me* mes pour l'un et pour l'autre, et laissèrent aux Chrétiens leur mosquée. L an >o$6, A Home se rend maître de Cor ia; mais il est ensuile défait par Bcn-Abad, roi de Séville, àZélaka, près de Badaj'ot. Le» historiens latins mettent celte bataille en to8G; les Arabes la rapportent au 10e jour du mois raruadhan de l'an 480 de l'Hégire ; ce qui revient au 9 décembre 1087 de J.-C. L'an 1090, Alfonsc, a la persuasion de Bernard, abbé de Saint- Victor de Marseille, et légat du saint Siège, voulant substituer, en Espagne, le rit gallican au rit toléiaiu ou mosarahique, dans la célébration de l'office divin, e cite par- là un grand tumulte parmi le clergé et le peuple. Le* choses en vinrent au point qu'il fut convenu, pour terminer la querelle, qu'elle serait décidée par le duel. Le champion du rit de Tolède avant remporté la victoire, le roi ne ve rendit
{>as. Il ordouna une nouvelle épreuve, et les deux offices; le lolétain et e gallican, avant été jetés ensemble dans un grand bra>ier, le premier en sortit intact. Ce nouveau prodige ne fît point changer d'avis au roi, qui voulut obsiiuémtnt que l'oOice gallican, le même alors que le romain, fût suivi dans tou» se» étals. ( l'agi, atl an 1090, n° 11.) Allonso penlit , l'an 109*4, la reine Constance , dont il n'avait qu'une fille, nommée Lrraquc, mariée , l'an too/), avec Raimond , comte «le Calice, lils de Guillaume le Grand, comte de Bourgogne. 11 épousa ensuite Berthb, sœur de ce mèrue Kaimond, suivant Pellicer; ce qui parait avancé sans preuves, aucun historien de Bourgogne n 'avant fait, mention de Berthe parmi les enfants de Guillaume le Grand. Hodcric de Tolède h dît née en Toscane, cl Luc de Tuv la donne pour fille d'un marquis d'Est qu'il ne nomme pas. Quoi qu il en soit, on met la mort de cette princesse au iij janvier totp. Alfonsc donna sa main, l'année suivante , à Zaï !e, fille île Mahomct-Bcn-Abad , roi de Séville : elle se lit baptiser avant la célébration du mariage, et prit le nom de Maruî- Isabkllk. Le P. Fagi et d'autres prétendent qu'elle ne fut qne la concubine d'Alfousc; mais les chartes, qu'elle signa avec lui , prouvent le contraire. La liaison d'Alfome avec Ben- Abad lui fil faire une démarche imprudente et contraire à toutes les règles de la politique. Le roi de Séville avait h dompter hs gouverneurs de Grenade, d'Ahnctia et de Murcie. Alfon-e , de son côté , brûlait du désir de subjuguer les Maures de Saragossc et de Dénia. Délibérant ensemble sur leurs desseins, ces deux princes jugèrent que le meilleur moyen de réussir était d'appeler à leur secours Jouscf-Abeu-Tcxufio , roi des Mahométans-AJmoravides qui occupaient toute la partie occidentale d'Afrique, où sont ;.tij nml'hui les royaumes de fez , de Trcmcccn et de Maroc. Jou»ef était uu conquérant. Il vole en Espagne an prinicmsdel'an 1097; mais au lieu d'aider le roi de Séville, il se joint aux ennemis île ce prince, le défait, et se rend maître de sa personne et de ses états. U tourne ensuite ses armes contre ceux dont il s'était déclaré d'abord l'.'llié, s'empare d'Almcrie, de Murcie, et fait la conquête de toute l'Anda!ou<>ic. Alfonsc, au désespoir de s'être laissé tromper, envoie contre lui une armée qui est taillée en pièces près de Hueda, dans la Manche. Il marche lui-même , avec de nouvelles forces, l'année suivante, contre les Aliuur-vides. Mais Jonsef évite le combat, et enferme toutes ses troupes dans les places. L'an 1 100, les Ahuoravidcs , sur la nouvelle de la mort du Cid , se mettent in marche pour faire le siège de Valence.
ALPONSE VI, LE VAILLANT, aoi ob Léo*.
Les troupes d'Alfonse veulent leur dispnter le passage, et «ont batthcs< Valence, néanmoins, fut si bien défendue , qu'elle ne put être prise; mais, deux ans après, abandonnée U cause de son éloignement, elle tomba sons la domination des infidèles. La reine Zaïde-Isabclle meurt Tan i io3t laissant un (ils nommé Sa riche. Alfonsc, l'an i io4, »*en>pare de Medina-Celi. L'an tio5, il épouse Béatrix, fille, selon quelques historiens, du marquis d'Est, de Vérone et de Toscane. Mais la Toscane était alors possédée par la comtesse Malhilde, qui n'avait point d'enfants. Peut-être cette Béatrix était-elle sa proche parente. Rodcric de Tolède la dit française, tle Galticanis pattibus. L'an tio8, Alfonsc envoie, contre les infidèles, une armée qui est défaite le ?g mai: l'infaut don Sanchc, son fils, périt à cette funeste journée. Alfonsc, l'an 1 109 , meurt le -39 ou 3o juin, après un règne de quarante- quatre ans. Des six femmes qu'il avait eues, il ne laissa qu'une fille légitime nommée Urraque, que Constance lui donna, et qoi prenait le titre de dame de toute la Galice, totius Gatlœciœ domina , comme on le voit par la charte d'une donation qu'elle fil celte année l'abbaye de Cluni. Son père l'ayant mariée, comme on Ta dit, an fils de Guillannie te Grand, comte de Bourgogne, la déclara son héritière en mourant. Alfonse cul deux filles naturelles de Scmene, fille de Munion , gentil-** homme castillan. La première, nommée Gelvire ou Elvire, épousa, en premières noces, Ray mond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, après la mort duquel, arrivée en no5, étant retournée en Espagne, elle s'y remaria avec un seigneur nommé Fernand-Fcrnandez. La preuve de cette seconde alliance , inconnue aux historiens, se tire du testament de ce seigneur , daté du 8 des ides de juillet de l'an 1 1 55 de l'ère d'Espagne. (1 1 17 de J.-C. ) Par cet acte , il donne î* l'abbaye de Cluni , da consentement de Gelvire, sa femme, qu'il dit fille du roi Alfonsc, le quart qui lui appartenait par le partage fait avec ses cohéritiers dan» 1 abbaye de Ferrère*. ( yirch de Ciuni. ) Thérèse , la seconde fille naturelle d' Alfonse , fut mariée avec Henri de Bourgogne, qui fut fait comte de Portugal , en considération de ce mariage.
Sous le régne de ce prince , il fut réglé , l'an 1091 , que, pour Pnniforruiié et la facilite du commerce avec les étrangers , on ne se servirai» plus des caractères gothiques, et qu'on emploierait ceux qui étaient ci» usage en France et dans les principales provinces de l'Europe, c'est-adirc les caractères latins , qui étaient alors un peu altérés. Les Itlosarabcs obstinés furent les seuls qui conservèrent l'écriture ancienne avec )a langue gothique. ( Voy. le concile <le Léon de 1091 . )
Ce fut sous le règne de ce prince que mourut Rodrigue on Roderic Diaz de Vivar, moins connu par son propre nom qnc par le surnom de llid. Né, vers l'an îo^p, h Rurgos, il n'avait que vingt ans lorsqu'il fut armé chevalier par Ferdinand I*r, roi de Castille et de Léon, dans la grande nnwquée de Coïmbrc, qu'il avait convertie en église. Denx années après, Ferdinand lui fit épouser Chimènc , fille du comte de Gormaz , que Rodrigue lui-même avait, dit-on , tué en duel. Les biecs que lui apporta ce mariage, joints a ceux qu'il avait de son chef, le rendirent l'un des plus puissants seigneurs de toute l'Espagne. Il avait dès -lors signalé sa valeur contre les Maures en différentes expéditions. L'an io63, il combattit sous les enseignes du roi Sanrhc le Fort, à la fameuse bataille de Graos, où périt Ramire 1", roi d'Aiagon. Après l'assassinat de ce ménic Sanche, arrivé Pan ro85, il concourut a la délibération des seigneurs castillans, qai jugèrent \\ prono»
DES ROIS D'ESPAGNE (CASTILLE Et LEON.)
ALFONSB V, LE VAILLANT , aoi m Léo».
rie substituer au roi défunt, Alfonse, sou frire, roi d'Aragon. Mai* comme ce prince était soupçon ué d'avoir eu part a la mort fie Saache, •u exigea préalablement de lut, dans la dépuiution qu'on lui envoya à Tolède, où il était alors, qu'il se purgerait de ce crime par serment. A Ifonse accepta la condition, et parût pour Burgos , où la noblesse de Castif'e se rendit en foule pour son inauguration. Rodrigue n'y manqua pas, et comme il vit qu'on mettait en question qui oserait faire prêter »ti roi le serment Uumiiiaut dont o« était convenu , ce sera moi , dit-il, . «i , en effet, le roi prêta le serment entre ses mains dans lYglise de Saint-Gadée. Mais portant le scrupule un peu trop loin, il exigea qu'Ai» itrnse le répétât jusqu'à trois fois. Cette fermeté indisposa le roi contre kn, et les courtisans jaloux en prolifèrent pour le faire tomber dans la disgrâce. Rodrigue Ja prévint, en se retirant de la cour. Mai», en »'éloignanl de son souverain, il ne cessa pas de !e servir. Il fît , avec l'aide de *es seuls vassaux, une guerre très-vi .e aux infidèle». Ses incursions chez *ut étaient tiès-freqneutcs, et toujours suivie* d'éclatants succès. Un plus grand triomphe l'attendait encore. Cinq roi* maures sVtaieut ligués pour ravager. ensemble Ja province de Rio)». Rodrigue tnarcke à leur rencontre, les, attaque, remporte sur eux une victoire complète, lea /ait prisonniers, «t ne leur rend la liberté qu'en leur imposant un tribut tu vers le roi de CasiiMo. Touché de tant de services importants cl si désintéressés , Alfoftse rappelle auprès de loi Rodrigne , et le charge de recevoir, aux veux rie là cour, le tribut qu'il venait d'imposer aux cinq rois vaincus. Leurs députés, en saluant Rodrigue, le qualifièrent de Cid, «jui veut dire, eu langue moresque, Srigiicur , et Alfonse voulut qu'il ne portât point désormais d'autre nom. Les rivaux du Cid trouvèrent encore moyen de loi faire perdre une seconde foi* les bonnes grâces de son souverain. Incapable de s'abaisser pour les recouvrer, il w réfugia vers les confins de l' Aragon, on il continua de faire ta guerre aux Sarrasins. LcV montagnes d'Albarasio et de Teruel ont fuit longtems sa retraite. C'est de là que, suivi de ses troupes, il fondait comme •n torrent dans les fertiles campagnes des Maure*, cl renversait tout ce
3 ni s'offrait sur son passage. Oo voit près de ta ville de Tcroel les ruines 'un fort qui -porte encore de nos jours le nom de CVrr*. C'est eueore de là qn'iLécrivit , l'an 1091 , au roi Alfonse pour lui faire part du projet qu'il avait formé d'assiéger Valence. Il demandait pour cela des troupes à Ce prince qui le* lui envoya. Presque toute lu noblesse d'Espagne voulut avoir part à cette expédition. Valence fut emportée, et le vainqueur j ayant dès ce moment fixé sa résidence, la repeupla d'cspagools lui fit prendre une toi me ton Le nouvelle, y fonda uu evécJié avec la permission du roi et du primat , et lui donna jusqu'à son nom. Elle s'appelle encore maintenant Valence du Cid. Les Lvlaures, tant qu'il vécut, n'osèrent le troubler dans cette conquête, Ce fut a "Valence même qii'il mourut*4'an 1099. Chimènc, qui lui nurvécut, ne tarda pas, après l'avoir perdu, à voir les Maures d'Andalousie devant cette ville. Ils ne comptaient plus y tiouver un héros. Ils y trouvèrent une héroïne. Soutenue jvjt D. Henri , gendre du roi de Castille , elle défendit si bien la place qu'elle les obligea de lever le siège. Maisles conjonctures Ini faisant prévoir amc Valence retomberait nécessairement an pouvoirdes Musulmans, elle jugea à prppos d'en sortir. Ce qu'elle avait prévu arriva. Les Maures' reprireut Valence en l'an 110a. Telle est, eu précis, d'après un ancien manuscrit conservé dans l'église de Valence, et le témoignage de différents écrivains espagnols , l'histoire véritable du Cid , rful laitue sujet d une de nos plus belle» w»6édiç>.
540 tHRO.NOLOGIL HtSTOttIQl'è
URRAQUE et ALFONSE VII.
1109. Urraqur, fille d'Alfonse VI et de Constance de Bourgogne , succède à son père. Le règne de cette princesse ne fut qu'une suite continuelle de troubles. Devenue veuve en 1108, de Raimond de Bourgogne, dont elle avait un (ils en bas âge, nomme' Alfonse-Ilaimond . et une fiHe nommée Sancie ; elle épousa , cri secondes noces , peu après ou peu avant la mort dè son père , Alfonse 1er , roi d'Ara g 011 , son cousin issu de germain , qui se qualifia, en vertu de cette alliauce, roi de Outille cl de Léou , septième du nom , et voulut user de ce titre dans toute son étendue. Urraqne, princesse tiere et impérieuse, ne l'entendait pas ainsi. Elle prétendit goûverner ses états eo» reiue indépendante. Premier grief de son époux cotitre elle. VA second non moins sensible, furent ses privautés avec don Pedre de Lara et don Gorncz de Camp d'Epine, bâtard de Castille. On assure qu'elle eut de ce deruier un fils nommé Hurlado , c'est-à-dire né en secret , dont on fait descendre l'illustre maison <T Hurlado de Mendoza. Alfonse, aiusi méprisé et outragé par sa femme , se détermine à la (aire enfermer dans le château de Castiliar. Elle se sauve eu Castille, et travaille dès-lors à faire casser son mariage pour cause de parenté. Les Almoravidcs , venus du royaume de Maroc sous la conduite de Miramolin- Ali- Joseph , fils et successeur de Joseph Texufiu , profilent de celle dissension , et font des entreprises sur Tolède et sur Madrid j mais ils échouent également devant l'une et l'autre places. L'an ni!, Urraque, par le conseil de gens bien inleutionués, Ta rejoindre sou mari. Cette réconciliation fut de courte durée. .Alfonse répudie publiquement sa femme, et la renvoie en Castille, sans vouloir néanmoins lui remettre ses états. Guerre cutre les deux époux. Les troupes de la reine sont défaites à la bataille de Campo de Espina. Urraque se retire en Galice, dont elle fait proclamer roi, l'an 1 1 12 , l'infant don Alfouse-Raimoud , êon fils, qu'on appela le petit roi, dit Ordcric Vital. Cette princesse s'étant emparée de fîurgos ,y convoque, l'au 1 1 13 , une grande assemblée , où l'on convient de faire décider l'a flaire de ion mariage dans un concile. Pendant ces troubles, les Almoravides étant revenus devant Tolède , font d'affreux dégâts aux environs de cette ville, sans pouvoir néanmoins s'en rendre maîtres. L'année suivante, l'abbé de Classe, légat du pape, prouoiice la nullité du mariage d'Alfonse et d' Urraque , daus un concile, à ce* qu'on prétend, tenu à Paleucia. ( La collection des conciles d'Espagne ne fait aucuue mention de celte assemblée. ) Dèslors les royaumes de Léon cl de Castille furent disiiucts de
ceux de Navarre et d'Aragon. Urraque ne vécut pas mieux avec son fils qu'avec son époux. S'étant bronilleV, l'an 1116, avec crlni-là, elle lui fak la guerre en Galice. Diego Gclmircz, évêqne de Saint-Jacques, qu'elle avait fait depn-.iT, Ifvs réconcilie l'année suivante , et en considération de ce service, la reine vient à Saint-Jacques pour le rétablir. La populace se soulève à. cette occasion, et met le feu à l'église cathédrale , où la reine • le prêtai et plusieurs seigneurs s'étaient retires avec leur suite. Urraque s'échappe à tr.ivrrs les flammes , ainsi que l'évèque et lei principaux de ceux qui l'avaient accompagnée, et reçoit eu sortant plusieurs outrages , qui l'obligent à se réfugier dans WHj chapelle , d'où elle fait publier nn amnistie pour apaiser le tumulte Lan" 1 120, le pape Catypste, à la prière de la reine, ériçe en métropole l'église de vSaint-Jacques de Compostellc. Celte princesse eut vers le même tems la guerre avec Thérèse , vi sœur , comtesse de Portu gal . qui , à la faveur «les troubles qui régnaient en Galice, s'était emparée de la ville de Tnv. Cette BSnr|>àtton occasionna «me fraude bataille sur les bords du lWinho, entre les troupes des deux sœurs, où les Portugais furent mis on fuite. De là les vainqueurs entrèrent dans le Portugal, qu'ils d evaeterent par le fer et le feu. La reine Urraque ni'Mirt l'an 1 t , le S ou le 10 dé mars, à Léon, où elle est inhumée: Cette princc««c est fort maltraitée par les historiens d'Espagne.
A LFONSE-R ATMOND , VIIK du nom.
îi?6. Alfonsf - Raimowd VIII, appelé par Orderic Vital Piltibb-Raimond , Hls d' Urraque et de Raymond de Bourgogne, comte de Galice , ne fan 1 10b , est proclamé roi de Castille et de Léou | à Léon même, par les prélats et les seigneurs du royaume deux jours après la mort de la reine Urraque, sa mère9 qui l'avait fait reconnaître roi de Galice en 1 1 1 1, et l'avait associe' au gouvernement en 1 122. (Il est le VIIIe. du nom comme roi de Léon , en comptant parmi ces rois Alfonse I, roi d'Aragon et de Navarre , à cause de son mariage avec Urraque , et le second comme roi de Castille.) Son premier soin fut d'obliger le roi d'Aragon à restituer les places qu'il avait usurpées en Castille ; n quoi il réussit par la bonne volonté des castillans qui congédièrent les garnisons aragonaises. L'an 1 1281 il épou se Bt k f n g b n k, fille de Raimond-Bcrcngcr 1J X , comte de Barcelonne. L'an 1 1 34 t après la funeste bataille de Kraga, en Aragon, gagnée par les Maures sur Alfonse le Batailleur qui en mourut de chagnu , il marche au secours des nouveaux rois , Ramire d'Aragon et Gorcie-Ramirez de Navarre, et par sa valenr préserve leurs états
54S CI1BOKOLOCIE HISTORIQUE
de l'invasion des infidèles. Mais pour sa récompense il exige du premier la ville de Saragosse , et dn second l'hommage de la Navarre. Flatte' d'avoir des vassaux d'un si baut rang , il assemble Tannée suivaote les états à Léon , et se fait couronner le jour de la Pentecôte par l'archevêque de Tolède , empereur d'Espagne. L'an 11 54 » il donne Constance, sa deuxième fille du premier lit v à Louis Vil , roi de France ; et l'année suivante il reçoit la visite de ce prince qui , sous prétexte d'un pèlerinage à Saint-Jacques , disent les historiens espagnols, était venu pour s'éclaircir sur la légitimité de la naissance de sa femme, qu'on lui avait dit être le fruit d'un concubinage. Alfonse , informé T dit Roderic , de la marche de ce prince et de l'objet de son voyage , vint au-devant de lui avec le roi de Navarre jusqu'à Burges où il le reçut avec nne magnificence qui étonna ce monarque. L'ayant ensuite accompagné à Saint-Jacques , il l'amena de là à Tolède où il tiut une cour plénière de ses sujets tant chrétiens que sarrasins , à laquelle Raiiuond-Berenger IV» cornu» de Barcelonoc, se trouva. Louis à la vue des richesse» qu'Alfouse et les grands de son royaume étalèrent à cette fête , 11c put s'empêcher de dire qu'il n'avait jamais vu semblable cour. Alors Alfouse , en lui présentant le comte de Barcelonne , « Voilà , dit- il , le frère de Berengère , ma femme , dont j'ai « eu la fille que je vous ai donnée en mariage ; si la calomnie m m'a déshonoré dans votre esprit , vous êtes à portée de vous « désabuser. Voyez et juges. » — Dieu soit béni, répondit le « monarque français , de m'avoir donné la fille d'un si grand « roi et la nièce d'un si noble prince. >» Aifonse après cela lui offrit de riches présents. Mais if ne voulut accepter qu'un escarboucle qu'à son retour il déposa dans le trésor de Saint-Denii pour en orner le reliquaire delà sainte-Epine. Tout ce récit - est tiré de Roderic de Tolède , et parait un peu suspect aui écrivains français. Alfonse se distingua pendant son règne par plusieurs expéditions contre les infidèles , par la prise de Calatra\a , d'Almérie , et d'autres places importantes , et par plusieurs victoires, surtout par celle qu'il remporta , l'an 1 107 > sur les Mnhomélans Atmohades. (C'était nue secte de fanatiques qui s'étaient f;ut mic loi d'exterminer également les chrétiens et les idolâtres } Alfonse mourut peu de jours après cette expédition^ lo 2t août, laissant de dona Berengère, sa première épouse, morte le î février 1 148, deux fils, Sanche et Ferdinand, qui parti» gèrent ses étals , et deux princesses , doha Sancbe et dons Constance , dite Elisabeth par Koderic de Tolède. La première éj ousa , l'an 1 1 55 , Sanche VI , roi de Navarre ; la deuxième fut ninricc , comme on l'a dit , à Louis VIÏ , roi de France. Alfonse avait épousé en secondes noces, l'an 1 153, la princesse Ricwlde»
DES *018 nV.fiPAOE (CASTILLE ET LÉON.) 649
fille d'Uladislas H , duc de Pologne , dont il oui doua Sancîe , femme d'Alfonsc II , roi d'Aragon. II eul encore uue fille naturelle, nomme'e Urraque , marine à Garcic IV, roi de Navarre. Sous le règne d'Allonsc commença , Tan 1 15(5 , Tordre militaire d'Alcanlara, nomme d'abord de Saint-Julien, qu'il combla de ses bienfaits, et dont il reçut d'importants services. Du teins de ce prince les Espagnols portaient le deuil en noir, et cet usage leur .e'tait particulier, puisqu'il surprit Pierre le Ve'nc'rablc , abbé de Clum, lorsqu'il vint, Tan ii4a> en Espagne. (Pétri 1 em-v. Etpist. L. i , p. i65i.) Nous remarquerons encore que ce fut sous ce règne ou environ que s'introduisit l'usage qui se maintint jusqu'à la lin du treizième siècle , d'écrire les actes en langue arabe. L'e'glise primatiale de Tolède garde dans ses arebives plu> de deux mille de ces actes , et l'abbaye impe'riale de S. Clément de Madrid en a environ cinq cents. Ou ne doit pas croire que Cd actes ne concernent que les Maures , puisque la plupart ont été faits par des nobles chrétiens , par des religieuses, par des ecclésiastiques , et même par des archevêques de Tolède. Les notaires de cette ville signaient encore dans le quatorzième siècle tous les actes en arabe et en espagnol. Les mœurs de$ Arabes influaient partout. On voit dans les maisons , qu'on sait avoir été bâties par des ebrélieus , des panneaux décorés de gravures et de moulures de plâtre , où il y a des inscriptions arabes avec des ornements à la mosaïque. On eu trouve jusque dans la cathédrale de Tolède dont le roi Ferdinand 111 posa la première pierre ( Palèographia Espanuola de los Padres Stef de Terre ros jr Panda ).