FERDINAND VI
1746. Ferdinand VI, fils de Philippe V et de Louise-Marie de Savoie, né le 2 5 septembre 171 5, est proclamé roi d'Espagne, le 10 août, à Madrid. Ce prince débuta sur le trône par des actes de bienfaisance : il fit ouvrir les prisons , accorda une amnistie aux déserteurs et aux contrebandiers,' et assigna deux jours par semaine pour entendre les plaintes de ses sujets. La suite répondit à de si beaux commencements. Secondé par le marquis de la Enscnada , son ministre, Ferdinand mil toute sou application à rendre ses sujets heureux : il réforma divers abus qui s'étaient glissés dans l'administration de la justice et dans le maniement des finances; il ranimâ le commerce, de nou-
velles manufactures, facilita les convois en creusant des canaux, rétablit la marine.
Les articles préliminaires de la paix entre la France , l'Angleterre et la Hollande , ayant été sigués , le 3o avril 1748 , à Aixla-Chapelle, le roi d'Espagne y accéda le 28 juin suivant - et , la
lS octobre de la même anne'c , il fut compris dans le traite de paix définitif, où celui de l'Assienlo , pour la traite des nègres , fut confirme en faveur de la compagnie anglaise , à laquelle on accorda de plus ^)our quatre ans, le vaisseau de permission aux Indes espagnoles. *
L'autorité royale se trouvait gênée par celle que la cour de Rome exerçait dans la collation des bénéfices en Espagne. L'an 1753 , le pape Benoît XIV et le roi d'Espagne firent sur ce sujet tin concordat qui fut signé à Rome, le 1 1 janvier , par le cardinal Valcnti pour le pape , et pour le roi pâr D. Manuel Bonaventurc Figucroa , auditeur de Rote de la couronne de Castillc , ratifié par sa majesté le 3i du même mois , et par sa sainteté le 20 février suivant, confirmé ensuite par une bulle du 9 juin de la même année. Par ce traité le pape, à l'exception decinquantedeux bénéfices dont il se réserve la nomination , et qu'il spécifie en détail , cède au roi d'Espagne le droit qu'il avait de nommer pendant huit mois de l'année aux be'néfices de cette monarchie , situés en Europe, avec le droit de percevoir les dépouilles des évèqucs décédés et les revenus de leurs évêchés pendant la vacaucc , avantages dont le pape avait joui jusqu'alors , à condition que ces fruits seront appliqués aux usages marqués par les canons. Sa sainteté de plus, s'oblige à n'accorder dorénavant à aucun évêque la permission de disposer par testament des biens provenants de l'évêcbé, même pour des œuvres pies , l'application de ces biens devant être faite , une partie pour l'évêque successeur , une autre pour les besoins des églises de l'évêché , et une troisième pour les pauvres du même diocèse. Pour dédommager la cour de Rome des avantages qu'elle perdait par ce coucordat, le roi lui a donné les sommes suivantes; savoir, pour ce qui pouvait appartenir à la chancellerie et daterie , trois cent soixante-dix mille écus romains, dont le revenu, à trois pour cent, monte à neuf mille trois cents écus, somme à laquelle ou avait évalué ce qu'elle tirait annuellement de l'Espagne; pour ce qui regarde les pensions sur les bénéfices et les expéditions de banquiers (choses qui n'auront plus lieu dans la suite) , six cent mille écus ; et pour l'abandon des dépouilles et des fruits de vacances des évêchés , deux cent vingt-trois mille trois cent trente-trois écus : et attendu qu'une partie de ces dépouilles appartenait au nonce d'Espagne pour s'«n entretien , le roi s'oblige à lui donner tous les ans cinq mille livres à Madrid. Tel est le précis de ce concordat; et pour le mieux entendre, il faut savoir que les rois d'Espagne , avant qu'il fut fait , nommaient à tous les archevêchés et évêchés de leur dominatiôu , qu'au
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royaume de Grenade et dans les Indes ils nommaient à toutes sortes de bénéfices ; et qu'à l'égard des autres bénéfices du reste de l'Espagne , excepté ceux dont les fondateurs s'étaient réservé le patronat , les papes y nommaient pendant huit mois de Tannée, les évêques et leurs chapitres pendant les quatre autres .mois. i
Les tremblements de terre causèrent de grands désastres dans la monarchie espagnole , sous le règne de Ferdinand VI. Lima , capitale du Pérou , fut presque entièrement détruite par celui du 26 octobre 1 746- Quito , dans le même pays , éprouva un semblable malheur le 28 avril 1755. L'Espagne , le 1 novembre suivant , eut aussi part à celui qui rcuversa Lisbonuect abiraa deux villes de Barbarie.
Ferdinand perdit, Tan 17^8, la reine Madeleine-Thkrèsf , fille de Jean V, roi de Portugal , qu'il avait épousée le 19 janvier 1729 Elle mourut au château d'Aranjua* lo 27 aoAf , et nui le a septembre comme le marque uu habile homme. Cette perte, dont le monarque ne put se consoler, le jela dans un état de langueur qui le conduisit lui-même au tombeau, le 10 août 1709 , à l'Age de quarante-six ans, sans laisser de postérité. Après la mort de Ferdinand, la reine douairière de Philippe V prit en main les rênes du gouvernement jusqu'à l'arrivée du nouveau roi , son fils.
DON CARLOS ou CHARLES III.
17&). D. Carlos ou Charles III , fiU de Philippe V et d'Elisabeth Farnèse, né le 20 janvier 1716, duc de Parme et de Plaisance en ifîi , roi des deux Siciles en 17^5 , est proclamé roi d'Espagne, le 1 1 septembre , à Madrid. Il part de Naples le 6 octobre, après avoir fait proclamer la veille Ferdiriaud , son troisième fils, roi des deux Siciles, débarque le 17 à Barcclonue, et arrive avec la famille royale à Madrid le 9 décembre , et uou au mois d'octobre comme quelques-uns Ic'marquent. La mort Jui ravit , le 27 septembre de l'année suivante , la reine IYÎaaie- Amelie , fille de Frédéric-Auguste II , électeur de Saxe et roi de Pologne , qu'il avait épousée le 9 mai (cl non le 19 juin ) 1 758.
Les quatre souverains de la maisou de Bourbon , qui régnaient alors en Europe , n'avaient d'autres liens qui les unissent que ceux du sang et de l'amitié. Un ministre de France , pour resserrer plus étroitement ces nœuds, imagina le pacte de famille entre eux. Charles , ainsi que les troisautres souverains, ne fit aucune difficulté de l'adopter, et le signa par son ambassadeur, le
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1 5 août 1761 , à Versailles. Ce traité donne l'alarme à l'Angleterre, qui , voyant d'ailleurs le roi d'Espagne occupe' depuis son, avènement au irônc, à perfectionner sa marine, et à la mettre dans un état respectable , charge le comte de Bristol , son ambassadeur à Madrid, de demander au ministre espagnol quel est le but du grand armement qu'on prépare en Espague. Le comte n'ayant point reçu de réponse satisfaisante , quitte Madrid le 17 décembre. La retraite de ce ministre fut suivie d'une déclaration; de guerre que le roi d'Augleterre publia , le 4 janvier 1 762 , contre l'Espagne j Charles y répond , le 16 du même mois , par une contre- déclaration. Au commencement de mai suivant, après avoir tenté inutilement de faire entrer le roi de Portugal dans une alliance offensive et défensive avec la France et l'Espagne, contre l'Angleterre , sa majesté catholique fait avancer des troupes sur les frontières de Portugal, sous les ordres du marquis de Sarria. Ce général met le siège devant Miranda ; le feu ayant fait saucer eu t air le magasin des poudre* de in place, cet accident oblige les habitants à se rendre le 9 du même mois. Six jours après (le i5) , les Espagnols s'emparent de Bragance. Le 23 , le roi de Portugal publie sa déclaration de guerre contre l'Espagne , signée le 18. Le 20 juin , le roi de France déclare la guerre au roi de Portugal ; et le a5 le roi d'Espagne en fait de même. Au mois d'août, siège d'Almeyda qui capitule le 25 de ce mois, après dix jours de tranchée ouverte. Ce fut là où se terminèrent les progrès des Espagnols en Portugal , quoique renforcés par un corps de troupes françaises. La brave résistance des Portugais et des Anglais , commandés par le comte de la Lippe , les empêcha de passer le Tage, et de pénétrer jusqu'à Lisbonne , comme ils en avaient dessein.
En Amérique y les Anglais ayant fait une descente, au mois de juin , dans file de Cuba , s'emparent de la Havane le 1 2 août, et soumettent bientôt après le reste de l'île. De là ils courent dau* les Indes orientales , ou ils se rendent maitres , le 5 octobre , de Manille , métropole des Philippines. Mais il n'est pas vrai , comme le marque un écrivain fameux, qu'ils firent ensuite la conquête» de ces îles. 11 parait même qu'ils abandonnèrent Manille après l'avoir pillée. Enfin, les préliminaires de la paix, signés , le S novembre de cette année 1762, 4 Fontainebleau, entre les ministres de France, d'Espagne et d'Angleterre , ont mis fui aux hostilités, et rétabli la concorde entre les puissances belligérantes. Ces préliminaires ont été suivis d'un traité dcpaixdéfinilif, signé, le 10 février 1765, à Paris : traité par lequel toutes les conquêtes /ailes sur le Portugal lui sout restituées, et l'Espagne recouvre
l'île de Cuba , en cédant à l'Angleterre la Floride , la baie de Peusacola, etc.
A. Madrid , c'était l'usage parmi les gens du peuple de porter de grands chapeaux avec les ailes rabattues, et des manteaux longs de couleur noirâtre. Cet habillement déguisait ceux qui le portaient, de manière qu'il était impossible de les reconnaître et de les distinguer les uns des autres ; d'où il résultait , surtout pendant la nuit, beaucoup de désordres dont il était impossible de découvrir les auteurs. Afin de remédier à cet abus , le roi , l'an 1 766 , rendit une ordonnance qoi défendait une manière de s'affubler si contraire à la sûreté publique. Par une autre ordonnance de la même année , dictée par le même motif, Cbarlrs fit éclairer la capitale par cinq mille lanternes. Les persouucs chargées de l'exécution de la première s'élant acquittées de leur commission avec une rigueur déplacée , la populace s'ameuta contre elles. Le 23 mars une tr«»u|»« «l« mutins y+mmît dtm» la. ville avec des ebapeaux détroussés et des manteaux longs , force la gsrde qui voulait l'arrêter , casse toutes les lanternes , et fait d'autres actes de séditiou qu'elle recommence le lendemain. Le a5 du même mois , le roi prend le parti de se retirer , avec la famille royale, au château d'Aranjucz. Cette retraite occasionne une nouvelle mutinerie qui s'apaise le 26 , sur la promesse ijue sa majesté avait donnée uc revenir dans sa capitale lorsque l'ordre et la tranquillitéy seraient rétablis. Le 17 avril, autre émeute de la populace à Sara gosse. Après quelques insultes faites à la maison de l'intendant et à celles de trois ou quatre particuliers. , elle est terminée par la punition de ceux qui en étaient les chefs. A Barcclonne , dans le même mois , on est menacé, par des placards , d'une révolte, qui devait éclater le 90 , si l'on ne baissait le prix de certaines denrées. La vigilance du marquis de la Mina, capitaine général de la province • secondée par le zèle de tous les ordres de la ville , prévient l'effet de cette menace. Le 1 1 juillet , la reiné-raère , doua Elisabeth Farnèsc , meurt au palais d'Aranjuez, à l'âge de soixaute-treize ans, huit mois et six jonrs : elle est inhumée dans la collégiale de Saint- 11 defonse, à côté du roi , son époux.
Les Jésuites , depuis leur établissement en Espagne , où ils s'étaient fort multipliés , y jouissaient d'un grand crédit. Ils y avaient presque toujours été les dépositaires de la conscience des rois : ils leur avaient souvent fourni des précepteurs pour leurs enfants , et avaient donné quelquefois des ministres à l'état. Nul des grands ne s'était encore déclaré hautement leur ennemi tous le règne de Charles III. En un mol, rien ue leur faisait
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appreltcuder l'orage qni avait renversé leur institut en Portugal et en France. Ce fut donc un coup de foudre pour eux , lorsqu'en 1767 parut la pragmatique sanction du roi, donnée au Pardo le a avril , portant ordre à tous les religieux de la compagnie de Jésus de sortir de ses royaumes , saisie de leur temporel , et défense de jamais rétablir ladite compagnie. Cet édit ne réunit pas tous les suffrages du clergé. Le i5 du même mois , l'évêque de Cuença écrit au confesseur de sa majesté une lettre dans laquelle il se plaiut que l'église d'Espagne est perdue par la persécution ( prétendue ) qu'elle éprouve . ses biens , dit-il , étant pillés, ses ministres outragés, et ses immunités foulées aux pieds. Le roi fait au prélat, le 9 mai , une réponse pleine de force et de modération. L'évêque ayant osé soutenir dans une réplique, datée du x3 du même mois, ce qu'il avait avancé , le roi fait examiner l'affaire dans son conseil , lequel , après une longue discussion des griefs allégués par le prélat , déclare sa conduite téméraire, injuste et séditieuse, et en conséquence écrit une lettre circulaire , datée du 6 octobre , à tous les archevêques etévêques du royaume , pour leur notifier ce jugement. Le a5 du même mois, autre lettre circulaire du conseil aux évêques et aux supérieurs réguliers des ordres religieux , pour les engager à prémunir ceux qui leur sont soumis, contre quelque* prétendues prophéties et révélations fanatiques sur le retour des Jésuites eu Espagne.
La pragmatique sanction de l'infant don Ferdinand , duc de Parme, donnée au mois de janvier 1768, touchant les immunités ecclésiastiques, ayant offensé le pape Clément XIII, avait occasionné, le 3o du même mois , un bref de sa sainteté qui la déclarait nulle , et défendait de s'y conformer. Le conseil de Castille supprima le bref par un arrêt du 14 mars suivant.
La petite vérole ayant enlevé, le 10 avril 1771 ,1 l'infant don Xavier, à l'âge de quatorze ans, un mois et vingt-un jours, dans le château d'Aranjuez , la naissance d'un autre infant , nornm4 Charles-Clémeut, que la princesse des Asluries mit au monde le* 19 septembre , douna occasion, la même année, au roi don Carlos de créer un nouvel ordre de chevalerie, dédié a l'Immaculée Conception. On l'appelle plus communément l'ordre de Charles 111. Les chevaliers grands -croix de cet ordre portent un cordon moire-bleu de ciel liséré de blanc, au bout duquel pend une croix faite sur le modèle de celle du Saint-Esprit, avec cette différence que d'un coté l'on voit l'image de la conception , et de l'autre les chiffres du roi.
L'Espagne vivait en paix depuis long-tems avec le roi ou l'en** VL 79
pcreur de Maroc , lorsque Mahomet Ben Abdalla , souverain de ce royaume , lui déclara subitement la guerre par un manifeste en forme de lettre , daté du i5 du mois redgeb de Tau 1 188 de l'Hégire ( 19 septembre 1774 )• Les motifs de cette déclaration étaient que les Mahomètans de ses étals et ceux <£ Alger sVtaient unis de concert , disant quils ne voulaient pas permettre qu'aucuns ch rétiens possédassent rien sur les cotes des états mahométans depuis Ccuta jusqu'à Oran , et demandant qu'on retirât de dessous leur puissance tout ce qui pouvait y être dans ces contrées» Le roi de Maroc protestait néanmoins qu'en déférant à cet égard aux désirs de ses sujets et alliés , il n'entendait pas rompre la paix qui était entre l'Espagne et lui , n'ayant d'autre envie , disait-il , que de se mettre en possession du terrain occupé par les Espagnols sur les côtes d'Afrique , sans vouloir attaquer celles de l'Espagne. Sa majesté catholique lit à celte lettre , le a5 octobre suivant, une réponse pleine de sagesse et de fermeté, et <luuua en même teins des ordres pour mettre en état d'une vigoureuse défense les places menacées par le monarque africain. Les Maures, dès le commencement du mois de décembre suivant , vinrent se présenter en corps d'armée devant Mélille , qu'ils assiégèrent avec une nombreuse artillerie. Ce siège , où le roi de Maroc se trouvait en personne , et dont les papiers publics ont donné les détails , fut poussé avec toute l'ardeur imaginable, et soutenu avec une valeur égale, l.ulin , après trois mois et demi d'attaques uon interrompues , et divers assauis donués sans succès au fort de Pcnnou et d'autres «(il i dénudaient le corps de la place , Mahomet Bcu Abdalla fit arborer le pavillon blanc le 16 mars 1774» et envoya des députés pour demander la paix. Mais don Juan Sherloc , commandant de la place, ne lui accorda d'abord qu'une suspension d'armes jusqu'à ce qu'il eût reçu de nouveaux ordres de sa cour. Le monarque africain se vit réduit alors à solliciter auprès du roi d'Espagne, dans les termes les plus humbles, le rétablissement de cette paix si injustement violée.
L'an 1 779 , conformément aux stipulations de famille , la cour de Madrid déclare la guerre à l'Angleterre le 16 juin. Uue flotte française se réunit à celle d'Espagne le 25 juin ; au mémo mttis , on bloque Gibraltar par mer et par terre j mais cette place, que le manque de vivres allait forcer de se rendre, est ravitaillée par l'amiral Roduey, qui bat, le 16 janvier 1780, l e, cadre de don Juau de Langara. Peusacola , capitale de la Monde occidentale, capitule le 8 mai 1781. Par cette conquête, la floiidc îcnire sous la doiuiuaUou espagnole , dont elle était
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séparée depuis 1763. Minorque, assiégée depuis !e mois d'août de la mime année , tombe au pouvoir des troupes combina s de France et d'Espagne, en 1782, par la capitulation de lord Murray , commandant du fort Saint-Philippe. Le i3 septembre est une c'poque mémorable par la tentative infructueuse et funeste faite sur Gibraltar. On peut voir à l'article de Louis XV! , dans la chronologie dos rois de France, les détails que nous avons donnés sur ce siège célèbre, qui fixait l'attention de l'hurope , et que l'on fut contraint de convertir de nouveau e ti blocus. Le «i oclobre, l'amiral Howe jette dos vivres et df*s munitions dans la place , en présence des flottes combinées , au une forte tempête avait assaillies la veille, cl mises hors d'état de combattre le lendemain. L'on avait cependant entamé des négociations avec la Grande-Bretagne, qui souffraient d:s difficultés par les concessions que demandait la France dans l'Indostan. La paix néanmoins est signée, le 3 septembre 178^, k Versailles. Par ce traité. l'Espagne conserve Minorque et 'a Floride, et cède à l'Angleterre Ta Providence et Bahama. Le 14 décembre 1788, Charles IV meurt à l'âge de soixante-doure ans, après un règne de vingt-cinq ans dans les Deux-Siciles, et de vingt-ueuf ans en Espagne. Ce prince eut entr'autres enfants :
i° Charles -Antoine- Pascal- François -Xavier- Jean-Népomucènc-Joseph- Janvier-Séraphin-Diègue , qui suit;
2° Ferdinand IV, roi des Deux-Siciles ( Voyez son article dans la chronol. des rois de Sicile. );
3° Gabriel-Antoine- François -Xavier, infant d'Espagne, né le 12 mai 175?., mnrié, le a3 mai 1785, avec Marie - Aune -Joscphc, infante de Portugal, dont est issu :
Pierre-Charles- Antoine-RaphaclJoseph -Janvicr-Fran- Çois , infant d'Espagne, né le 18 juin 1786;
4° Antoine -Pascal -François -Jean- Népomucènc- Aniello- Raimond- Sylvestre , infant d'Espagne, né le 3i décembre 1755 ; veuf, depuis le 27 juin 1798, de sa nièce Marie-Amédéc , infante d'Espagne;
5* Marie- Josephe , infante d'Espagne, née le 16 juillet 1744 )
6° Marie-Louise, infante d'Espagne, née le 24 nover.iî»re 1745, mariée, lei6février 17G5, à Pierre -Léopo!d-
Joseph de Lorraine , archiduc d'Autriche , grand duc de Toscane, frère de l'empereur Joseph II ; auqnel il succéda à l'Empire en 1790, et mourut le premier mars 779a. (F*ojez les empereurs d Occident et <T Allemagne.)