‹ L'Art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 59 sur 146 · LOUIS- JOSEPH · texte numérisé non relu

LOUIS- JOSEPH

1740. Louis- Joseph de Bourbon, prince de Condé , duc de Bourbon , pair de France, grand- mai Ire de la maison du roi, colonel-général de l'infanterie française , chevalier des ordres du roi et de la Toison-d'Or, naquit le 9 août 17D6. Nommé gouverneur et lieutenant-général des provinces de Bourgogne et de Bresse , par provisions du 1 9 mai 1 754, il prêta le serment , pour cette charge , le 5 juin suivant. Il fit sa première campagne en Allemagne en 1 757 ; se trouva à la bataille d'Hastembeck , à la conquête de l'électoral d'Hanovre. Maréchal - de- camp , par brevet du 3 février 1758, il combattit à Crcwelt ; il obtint le rade de lieutenant-général des armées du roi le 1 1 août , et nit la campagne sous le maréchal de Contades. En 17^9, il commanda la cavalerie de l'armée d'Allemagne , et chargea plusieurs fois avec la plus grande valeur à la bataille de Minden. À la même armée , il se signala le 10 juillet au combat de Corbach.

4ï4 PRINCES DE CONDÉ.

Commandant un corps de troupes considérable, i! feît attaquer, le afi, le village d'Eppenghauscn , important pour pénétrer dans la plaine de Wolfhagen où campait l'ennemi ; les troupes françaises ayant été' repoossées deux fois, leprince de Conde'y marche en personne , emporte le village pour la troisième fois , et le .conserva. Leprince Ferdinand fut oblige* d'abandonner le camp de Wolfhagen, où Tannée campa le 27. Le3o , le prince de Condé, commandant l'avant- garde de l'armée, se porta jusqu'à Oberweimar, d'où il chassa les ennemis. Après l'affaire de YVarbourg, les Autrichiens ayaut fait passer un corps de troupes en deçà de la Dymeî , le prince de Conde' y marche, le 2 août, avec les grenadiers et une partie des carabiniers, et les oblige de repasser cette rivière. À l'armée du Bas-Rhin , en 1761 , ce prince commandait vingt-trois bataillons et dix-huit escadrons avec lesquels ÎI devait soutenir le corps du maréchal de Broglic au combat de Filinghansen le 1 6 juillet. Le 28 juillet, l'ennemi ayant attaque' les troupes légères sur les hauteurs de Nehcim, le prince de Condé, à la tète des grenadiers et des chassseurs , fit une attaque avec tant de succès , que l'ennemi fut obligé d'abandouuer ses chevaux, ses outils , et beaucoup d'armes. 11 couvrit et protégea ensuite, avec sa reserve, les différentes marches de V année. Au mois de septembre, chargé d'attaquer la ville de Mcppen, il fit ouvrir la tranchée le 5o , et obligea la garnison à se rendre , le 3 octobre, prisounière de guerre. £11 1752, les Français s'étant approchés des salines de Friedberg, en Hesse , les alliés , sous la conduite du prince de Brunswick , voulurent les déloger de ce

Ï>oste important; déjà ils s'étaient avancés jusqu'à Johannesberg, orsque le prince de Condé vint à leur rencontre. Les Français commencèrent l'action le 3o août, et furent d'abord repoussés; mais, s'étant ralliés, ils firent une seconde attaque si brusque et si bien soutenue que les alliés abandonnèrent le champ de bataille. On fit quinze cents prisonniers , et l'on s'empara de quinze pièces de canon ; un régiment entier d'anglais mit bas les armes. Louis XV, en récompense de cette action, fit don au prince de Condé d'une partie des canons pris sur l'ennemi. En 1707, il pré*sida le quatrième bureau de l'assemblée des notables ; il présida le même bureau à celle que Louis XVI convoqua l'année suivante, s'y montra inébranlable dans les principes de l'ancienne monarchie, et signa le fameux Mémoire des Princes , adressé au roi, vers la clôture de cette seconde session des notables. Le 17 juillet 1789, le prince de Condé quitta la France avec sa famille, et se setira à Bruxelles , d'où il se rendit , par la Suisse, à Turin. Il fut suivi , dans sa retraite, d'un grand nombre de gentilshommes dévoués à la cause royale et prêts à mourir pour la défendre.

Au mois de juillet 1790, il publia un manifeste tendant à rallier sous ses étendards tous les gentilshommes et les sujets fidèles aux principes monarchiques et a leur roi, pour délivrer Louis XVI de l'influence tyrannique de rassemble'e nationale. Celle-ci , le 16 mars 1791 , déclara nulle et comme non avenue la donation du Clermontais faite au grand Condé en 1648 , et priva ainsi sa maison de six cent mille livres de rentes qui lui restaient dues pour la cession qu'il en avait faite ensuite à l'état. Louis XVI e'erivit au prince de Conde pour rengager à rentrer en France. A cette invitation , arrachée au faible monarque par le concours des circonstances, le prince répondit d'unemanière respectueuse, mais ferme, qu'il périrait plutôt que de souffrir le triomphe du crime , l'avilissement du trône et le renversement de la monarchie. Cependant le prince de Conde' organisait une armée j elle fut reunie à l'année autrichienne commandée par le baron de Wurmser. 11 fut rejoint , eu 17JP, par le duc de Bourbon et le duc d'Knghien , après le licenciement des troupes qu'ils avaient commandées en Flandres pendaul l'année 179?-. Ils se signalèrent aux combats d'Iockrim, acPforz, de Barhclroth , de YVisscmbourg, de Berstheim et d'Haguenau. L'affaire de Bcrstheim fut glorieuse et meurtrière : trois fois la légion de Mirabeau, qui formait l'avant-garde, avait pris et laisse' reprendre le village à la baïonnette. M. de Viomcsuil, à la tète des chasseurs nobles, marche pour soutenir cette brave légion; ses troupes s'avancent sur le village eu criant à la baïonnette ! à la baïonnette ! Le prince de Conde, qui ne voulait point exposer de nouveau cette noblesse intre'pide au feu de cette redoutable batterie, et à la supériorité du nombre, s'efforça d'abord d'arrêter cet enthousiasme; mais les acclamations redoublant, le prince cède enfin à ce mouvement impétueux, » Messieurs, vous êtes tous des Baé yards, leur dit-il en sautant à bas de cheval, marchons au village; » mais je passe mon e'pe'c au travers du corps à celui qui y en- » trera avant moi ». Le village est emporte', et le prince de Conde y entre le premier. Le duc de Bourbon fut blesse* à la main droite , et le duc d'Enghien faillit être tue' par un obus qui éclata entre les jambes de son cheval. Le prince de Conde ne se signala pas moins par son humanité envers les prisonniers républicains, et leurs blessés, qu'il ordonna de soigner comme ses soldats. L'armée de Coudé fut occupée pendant les campagnes de 1794 et 1795. Jusqu'alors le prince de Coudé avait mis eu gage jusques à ses diamants , pour subvenir à l'entretien de ses troupes; l'Angleterre s'en chargea en 1795. En 1796 , ce corps d'armée eut de nouvelles occasions de se signaler; on cite enti autres actions, la retraite de l'armée autrichienne sur Brisgaw, l'affaire de Kamlach et celle de Biberach, Saiut-IUergen , Saint

4i6 PKINCLS DE CONDÉ.

Pierre, le val d'Enfer, et la bataille de Steinstadt. L' Autriche ayant fait la paix avec la France , en 1797 , le prince de Coudé passa au service de la Russie. En 1799, ^ Parue de l'armée du maréchal Suwarow en Suisse j Masséna ayant remporté de grands avantages sur la coalition, et l'empereur de Russie ayant , changé de système politique à l'égard de l'Allemagne, l'armée de Condé passa encore une fois à la solde de l'Angleterre, et fit avec les Autrichiens la campagne de 1800 , après quoi elle fut licenciée. Le prince de Condé alla résider en Angleterre où il habita avec sa famille , à l'abbaye d'Amcsbury. Il revint en France , en 181 4 , avec sa majesté Louis X\ III , qui le réintégra dans ses grades de colonel -général de l'infanterie française, et de graudmaître de France. Ce prince a terminé une carrière longue et glorieuse, illustrée par son courage, ses talents militaires et de longs malheurs, le i5 mai 1818, et a etc iuhumé à Saint- Denis. Ce prince aimait les lettres , et les cultivait lui-même avec succès. On a publié de lui, en 1806, un Essai sur la vie du grand Condé. Il avait épousé , i°. le a3 mai 1755, Charlotte-Godefride -Elisabeth de Rohan-Soubise, morte le 4 mars 1760, fille de Charles de Rohan , prince de Soubise et d'Epinoi, duc de Roban-Rohan, pair et maréchal de France; 20. le ?4 octobre 1 798 , Catherine de Brignole , princesse douairière de Monaco, morte en 181 3. Du premier mariage sout issus :

i° Louis -Henri -Joseph qui suit, a» Marie, née en 1755, morte le aa juin 1 75g ; 3° Louise- Adélaïde , dite mademoiselle de Condé , née le 5 octobre 1767, abbesse de Rcmiremont en 1786, et puis du Temple, à Paris, en 1816, où elle a établi une communauté sous le nom Adoration perpétuelle*

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